Affichage des articles dont le libellé est Suède. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Suède. Afficher tous les articles

mardi 3 août 2021

Qu'est-ce qui pourrait bien unir les Français ?

"Les Suédois ont l’intime conviction que leur modèle social est le meilleur et qu’ils sont les meilleurs dans les affaires. Ceci n’est peut-être pas vrai, mais ce sentiment donne de la confiance en soi et aide à regarder l’avenir avec un certain optimisme." (Témoignage

Les peuples du nord semblent soudés par le sentiment d'une supériorité certaine vis-à-vis du reste de l'humanité, en particulier du "club Med", France et autres pays du sud.

Quant à la France, son histoire donne le sentiment d'un étrange aveuglement stupidement fratricide. Les pays du nord auraient-ils raison ? Doit-on, avec M.Macron, déplorer de ne pas être danois ? (Où l'on voit au passage que M.Macron est bien français : tirer contre son camp est inconcevable au nord de l'Europe.)

Bill Belt, grand spécialiste du management, qui connaît bien la France pense, lui, que nous avons une force unique, surprenante : nous savons "penser en parallèle". C'est le bon côté de l'individualisme français : chacun n'en fait qu'à sa tête. Cela nous permet d'être extraordinairement plus efficaces que les autres peuples qui "pensent en série", qui ont besoin de procédures pour organiser l'action collective. 

Et si comme je le dis du club que j'anime, les Français étaient "des libertaires fédérés par des projets communs" ?

samedi 31 juillet 2021

Vikings et Charlots : match retour

Nicholas Roerich, Guests from Overseas (corrected colour).jpg

Oeuvre de Nicholas Roerich, en provenance de wikipedia Link

Dans un précédent article, je comparais Suédois et Français, ce qui était pas à notre avantage. Et pourtant...

J'ai étudié à l'INSEAD. Le principe pédagogique de l'INSEAD, c'est l'équipe. Mais les égos des élèves de l'INSEAD sont tels que l'équipe ne dure pas longtemps. Je me retrouve donc, un jour, seul avec un Suédois pour préparer un "cas" de marketing. 

Juste avant, je m'étais occupé de la stratégie de Dassault Systèmes. En y arrivant, j'avais découvert qu'elle n'avait aucune méthode pour analyser un marché et concevoir une stratégie produit. J'avais donc, moi l'ingénieur, étudié des livres de marketing et créé ce qui est toujours ma méthode d'écriture de business plan, et le cours de marketing que j'ai donné pendant des années, et qu'on m'a même proposé de publier. Avant d'arriver à l'INSEAD, j'avais appliqué cette méthode à toute l'offre produit FAO (dont j'étais responsable) de Dassault Systèmes. (Ce travail a eu pour conséquence de faire prendre conscience à la direction actuelle que nous étions sortis du marché... D'où un changement qui s'est déroulé pendant mon séjour à l'INSEAD.) 

J'avais donc une méthode éprouvée (et, depuis, validée par les ans !). Et j'ai été extrêmement surpris de faire l'objet de critiques destructrices de mon Suédois, par ailleurs employé de McKinsey, en ces temps l'élite du conseil en stratégie. N'arrivant pas à progresser, en dépit de mon habitude des milieux hostiles, je lui ai suggéré de faire le devoir seul. A ma grande surprise, devant tant de franchise, il m'a dit en être incapable ! 

On ne le sait pas assez, mais le Français est bien souvent comme moi, il peut faire beaucoup de choses seul. Ainsi, ai-je rencontré récemment un dirigeant qui s'est implanté en Chine après une exploration du pays façon routard. Pourquoi ne sommes-nous pas respectés, alors ? Y compris et avant tout par les autres Français, et par le premier d'entre eux ? Parce que nous sommes extrêmement intransigeants, et qu'il est difficile de vivre avec nous, peut-être. 

dimanche 25 juillet 2021

Vikings et Charlots

Qui ne rêverait pas de vivre, et surtout de travailler, en Suède ? (Témoignage.) Dans ce pays le dirigeant n'est pas un petit chef, mais un homme de consensus, les syndicats cherchent l'intérêt général, les employés viennent au travail pour travailler, et non pour quelque nécessité de développement personnel, les entreprises se serrent les coudes, quand elles sont à l'étranger... Intelligence collective ?

Mais alors, pourquoi la performance économique de la Suède n'écrase-t-elle pas celle de la France ? Peut-être parce que les gens heureux n'ont pas d'histoire. Le Suédois consacre le juste nécessaire au travail. Le Français lui, gaspille beaucoup, mais dépense tellement d'énergie, qu'il avance tout de même. 

Une hypothèse. 

mardi 16 juin 2020

La Suède et le coronavirus

Discussion avec un Suédois. La Suède est, en quelque-sorte, l'anti-France. Elle est à nous ce que la fourmi est à la cigale. En termes économiques tout les chiffres qui sont mauvais chez nous sont bons chez elle.

Et pourtant, dans l'affaire du coronavirus, nous en sommes arrivés au même point. Elle n'a pas procédé au confinement de ses citoyens, car elle comptait sur leur discipline. Seulement, elle avait deux failles : ses EHPAD et ses immigrés. Et elle dépend beaucoup plus que la France des exportations. Bref, autant de morts, en proportion, et une crise économique de même ampleur.

lundi 3 avril 2017

France Suède

Ce matin, France Info enquêtait en Suède. L'affaire Fillon y serait-elle possible ? Non. Tout le monde sait tout sur un homme politique. Y compris les SMS qu'il envoie ! Il n'a pas de vie privée. Trouvent-ils révoltant, ces Suédois, le comportement de M.Fillon ? Non, pour eux il représente la culture française. 

Il y a deux jours, je déjeunais avec un ami suédois. Il me disait la même chose. Au premier article du Canard enchaîné, un Fillon suédois aurait démissionné. Mais la femme de mon ami, française, l'a convaincu que tous les hommes politiques français étaient des voleurs. Et donc qu'il ne fallait pas s'arrêter à si peu. 

Qui veut émigrer en Suède ? 

mardi 16 août 2016

Carl Larsson


Afficher l'image d'origineJ'ai découvert Carl Larsson par hasard. C'était un peintre suédois. Il a connu les impressionnistes mais a choisi un style proche de la bande dessinée moderne, ou des arts décoratifs. Mais peut-être n'était-ce pas aussi surprenant que cela : il était contemporain des préraphaélites, des symbolistes, de la peinture académique, ou de Klimt. 

Il a peint le bonheur familial qui vit de petits riens. Et la Suède, la maison, son confort, et sa chaude protection l'hiver, et la nature, luxuriante et sauvage, l'été.

dimanche 14 septembre 2014

Spécial indépendance écossaise

Indépendance écossaise. La classe politique anglaise veut refaire le coup du Québec, en 1995 : on promet à l’Ecosse que, si elle reste, elle aura plus d’autonomie que si elle part. Mais les Ecossais semblent amalgamer les Anglais de tous bords à des Conservateurs, qu’ils exècrent. On n’est plus dans le domaine de la rationalité. Curieusement, étant un réservoir de votes pour les Travaillistes, l’indépendance de l’Ecosse signifierait que l’Angleterre deviendrait durablement conservatrice. Par ailleurs, même si l’Ecosse ne fait pas sécession aujourd’hui, elle pourra la faire demain. Cette perspective affaiblira considérablement l’Angleterre. Quant à dire ce que serait une Ecosse indépendante… Beaucoup de dettes, une population vieillissante, un poids économique démesuré de grandes banques qui pourraient être tentées de partir… Et probablement la nécessité d’inventer une nouvelle monnaie. Une union monétaire avec l’Angleterre étant presque plus compliquée que l’équilibre périlleux de la zone euro. En fait, l’Angleterre va vraiment très mal. Après les eurosceptiques de droite, voici les écologistes de gauche. Le pays semble se disloquer...

L’UE est aux mains de Mme Merkel, comme le prouve la composition de Commission. En Suède, le centre droit, libéral, devrait perdre les élections. Croissance, mais inégalités et chômage. Le nouveau gouvernement devrait être fragile. Mais moins belliqueux à l’endroit de la Russie que son prédécesseur. Ukraine : trêve. Visiblement les efforts de M.Abe pour sortir l’économie japonaise de sa torpeur sont en train d’échouer.

M.Obama forme une coalition hétéroclite pour lutter contre l’Etat Islamique. Son opinion publique est à nouveau favorable à une guerre. Problème : la dite coalition ne tiendra pas plus longtemps que le dit Etat Islamique. Si l’on veut éviter des troubles continuels dans la région, il faudrait veiller à ce que des Etats s’y installent qui satisfassent toutes les communautés locales. M.Obama ne semble pas intéressé par ce travail. En Afrique du sud, les services d’espionnage sont à la solde du gouvernement.

On disait que les pays émergents allaient rapidement rattraper les pays riches. Ce n’est plus le cas. Leur croissance accélérée venait de la facilité moderne de construire des chaînes d’approvisionnement qui exploitaient leur main d’œuvre et leurs matières premières. Mais ils n’ont pas su se créer une capacité de production autonome. A l’exception de la Chine. Chine qui aurait acquis un savoir-faire remarquable pour accélérer le cycle de développement des produits. En copiant le plus rapidement possible les innovations des autres nations.

Apple le « world leading gadget maker » change d’identité. D’une entreprise refermée sur elle-même, il devient un écosystème. Publicité et Internet. Tout ce que l’on fait sur Internet est enregistré. Qu’on le veuille ou non. Puis on est mis dans des catégories de comportements pathologiques. Vide juridique total. Solution ? Un Internet payant qui serait non policier. Ou un mouvement populaire qui forcerait le législateur à intervenir. Netflix attaque le marché français. Mais ne compte pas y payer ses impôts. The Economist lui promet le succès de McDo. 

Les entreprises achètent leurs actions pour en augmenter le prix, quitte à s’endetter (en outre, la dette réduit l’impôt). Du coup, elles n’investissent plus. Mais, il semblerait que, sous la pression des fonds de pension, la mode change. Les banques émettent un nouveau type d’obligations. Leur particularité est de perdre toute leur valeur dès que la banque a des ennuis. Ce qui pourrait produire quelques effets pervers.

Qu'est-ce qui fait une éducation nationale efficace ? Ni le salaire, ni la taille des classes. La compétence de l'enseignement, et le dispositif qui le soutient. 

mercredi 19 mars 2014

Pourquoi le Suédois est-il malpoli ?

Il y a quelques temps, j'ai été frappé par la conduite grossière de touristes suédois. Je me demandais quelle pouvait en être l'explication culturelle. J'ai peut-être trouvé. Voici ce que l'on me dit sur l'Allemagne :
Cette rigueur se voit sur le poste de travail et sur les méthodes de management où l’on n’hésite pas à montrer du doigt (dans le sens « humilier ») les dysfonctionnements. Cela a un impact sur la qualité, la propreté du poste de travail...
Tout ceci vient de ce que l'Allemand voit le monde comme un système. Alors que nous le voyons fait d'hommes. Montrer un défaut n'est donc pas insultant. Sauf, si l'on ne le corrige pas.

J'imagine que si ce qui va à l'Allemand va aussi au Suédois, le Suédois trouve normal de dénoncer, en France, ce qui en Suède ne serait pas bien.

vendredi 7 février 2014

Changement en Suède

Comment se passe le changement en Suède, est-il plus facile qu’en France ? Voici la question que j’ai posée à Thomas Krän, spécialiste du management interculturel et Suédo-Américain, marié à une Française…

Ce qui domine la Suède c’est la nécessité du consensus. Les idées viennent de partout, beaucoup d’en bas, et sont appliquées par tous impeccablement du fait de ce consensus. Nos grèves, nos manifestations de rue, nos insultes, le comportement de notre ministre du redressement productif… laissent le Suédois perplexe.
Comme en Allemagne, les syndicats ont une influence importante dans l’entreprise. Ce qui a l’avantage, sur le modèle français, de produire une culture de responsabilité, et un large partage des réalités de l’entreprise et de son environnement concurrentiel.
Ce modèle, cependant, n’est pas d’origine. Il a été adopté dans les années trente, pour mettre un terme à une lutte des classes violente. Après guerre la Suède s’est refondée sur le principe que l’homme est bon, et que l'on peut lui faire confiance. Dans les années 90, elle a constaté que cette hypothèse était erronée, et qu’elle l’avait conduite "droit au mur". Elle a donc dû en changer. La Suède est mieux gérée et moins généreuse pour sa population qu’elle ne l’a été.

Alors, le changement se fait-il sans heurts en Suède ? Il tend, surtout, à ne pas se faire. Lorsqu’il s’agit de se réinventer, les entreprises suédoises ont beaucoup de mal à se transformer. Et c’est souvent le marché et sa destruction créatrice qui est l’agent du changement. Faute de pouvoir évoluer, l’entreprise suédoise disparaît. Et elle est plus souvent la cible d’une acquisition qu’elle n’acquiert.

lundi 19 août 2013

The Economist contre Internet

Qu'arrive-t-il à The Economist ? La semaine dernière il reconnaissait qu’avoir donné le pouvoir aux hommes d’affaires était une erreur. Cette semaine, trois articles s’en prennent à Internet.
On y lit que l’usage de Facebook cause la déprime chez les adolescents : chacun n’y parlant que de ses triomphes cela renvoie le lecteur à sa médiocrité. (« L’émotion la plus fréquemment suscitée par l’usage de Facebook est l’envie. ») La relation directe, au moins, nous met en face des hommes tels qu’ils sont. On y lit aussi qu’Internet produit stress et désorganisation, avec pour premières victimes les créatifs. Tout d’abord parce que le traitement des mails prendrait un quart de la journée, en moyenne. Mais surtout parce que l’homme vit en permanence son travail. Bref, on pensait utiliser Internet au service de l’homme, et c’est le contraire qui s’est produit. « Il y a certainement des raisons d’en faire beaucoup moins – de rationner les emails, de réduire le nombre de réunions, de se débarrasser de quelques dirigeants excessivement zélés. Depuis quelques temps s’impliquer dans son travail a un retour sur investissement négatif. Il est temps d’essayer une stratégie bien plus radicale : prendre du recul. » Mais ce serait surtout en dehors de l'entreprise que la perte de productivité produite par Internet serait la plus violente. Internet a remplacé l’emploi fixe traditionnel, par un emploi précaire, peu productif. « Les auto-entrepreneurs (40% de la création d’emploi en Angleterre) travaillent plus longtemps – 6 % de plus que les employés – mais leurs revenus horaires moyens sont moins de la moitié de ceux des employés. » Internet a aussi « transformé certaines branches de l’économie – la vente de détail, la musique et l’édition, par exemple -, en grande partie en détruisant des modèles économiques existants. » « Internet, par opposition (à l’usine), semble atomiser la force de travail. En donnant un plus grand contrôle au possesseur de capital, il pourrait expliquer pourquoi les profits aux USA sont au plus haut depuis l’après guerre. »

Pour le reste, pas grand-chose de neuf. L’Egypte semble partie pour un scénario algérien. Que ce soit du côté des frères musulmans ou de celui de l’armée, l’affrontement stimule, en quelque sorte, les forces du mal. Des composants extrêmement dangereux, masqués jusque-là, s’affirment et s’affrontent. Inde / Pakistan. L’économie pousse les deux pays à s’entendre. Mais c’est tout. L’avenir ? Peut-être des « décennies de troubles – « une série de crises ponctuées par l’apathie » ». En attendant, l’Inde construit une marine de guerre moderne avec porte-avion, et sous-marins nucléaires. Israël modifierait sa politique d’implantation. De la Cisjordanie, elle irait vers le Néguev. Mais, une fois de plus, c’est au détriment des populations locales (Bédouins). Israël, par ailleurs, relâche une poignée de prisonniers, en signe de bonne volonté. Ce qui n’est pas suffisant pour les Palestiniens, pour qui les prisons israéliennes ont quelque-chose d’un rite de passage (« 750.000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes (depuis 1967) » « 5071 Palestiniens seraient derrière les barreaux, pour des actes de violence ou de subversion à motivation politique. »). Pour sa part, l’Amérique, est le premier incarcérateur mondial, loin devant la Chine. « Un Américain sur 107 était derrière les barreaux, en 2011 – le taux le plus élevé au monde – et un sur 34 était sous « surveillance correctionnelle » (soit sous les verrous, soit sous probation, soit en liberté conditionnelle). Un noir a 3,6 fois plus de chances d’aller en prison en Amérique qu’en Afrique du Sud, en 1993, juste avant la fin de l’Apartheid. » Mais le pays a décidé de se réformer. « Le coût élevé de la prison a attiré l’attention à la fois de la gauche et de la droite. » La vertueuse Suède pourrait passer à gauche. Le parti au gouvernement est pris entre une montée du chômage (8%) et un mouvement anti immigration.

L’industrie des médias commencerait à profiter d’Internet. Les revenus passeraient de « produits physiques » au numérique, téléchargement et streaming, de la vente à la location. (Remarque : aux USA, les livres électroniques représenteraient 30% des ventes totales.) Aussi, l’industrie sortirait de ses activités traditionnelles. « Les journaux entrent dans de nouveaux métiers tels que le marketing et les conférences. » Quant aux fonds activistes ils en ont après les entreprises de haute technologie, comme Apple. Pourquoi ? Parce qu’elles sont remplies d’un argent qu’elles ne savent pas utiliser. Et qu’elles ont du mal à changer assez rapidement (cf. Microsoft). Qui a tué par le glaive… ? L’Europe cherche à développer le fret ferroviaire. Pour cela, il s’agit d’aménager des « corridors » aux travers de l’Europe. Mais cela coûte cher, demande des collaborations entre Etats, et, de toute manière, le rail est moins flexible que la route. En tout cas, il semblerait que ce marché doive-t-être dominé par les chemins de fer allemands. Pour sa part, un entrepreneur américain envisagerait de construire des trains sous vides.

Et les groupes d’oiseaux n’entreraient pas en collision en se posant, parce que, grâce à leur capacité à repérer le champ magnétique, ils adoptent tous le même angle d’atterrissage. 

lundi 27 mai 2013

Suède en flammes

Les Suédois ont quelque chose d’extrêmement désagréable. C’est le mépris qu’ils affichent vis-à-vis de nous. Pour eux, nous sommes des malpropres. La Suède est un modèle. D’ailleurs, la confiance est une attitude qui est naturelle à ses habitants, me disent les Suédois que je connais.

Aujourd’hui, la Suède est en flammes. On découvre qu’elle parque ses immigrés dans des ghettos. Des ghettos très propres, c’est vrai. Mais il n’y a pas que la propreté qui compte, il y a aussi le respect. Le modèle français a beaucoup de défauts, mais, au moins il n’a pas pour ambition de faire de ses immigrés des citoyens de second ordre. Peut-être pourrions-nous apprendre les uns des autres ?

mercredi 15 mai 2013

France, dialogue social et réformes

Un meilleur dialogue social faciliterait-il les réformes françaises ? La Fabrique de l'industrie semble le croire :
Comme le souligne une note de La Fabrique à paraître le 12 juin 2013 sur les transformations du modèle économique suédois, la qualité du dialogue social a joué dans ce pays un rôle capital dans la mise en œuvre réussie de réformes ambitieuses. La concertation entre les élites dirigeantes et l’ensemble des acteurs économiques a permis d’assurer la pertinence et l’acceptation de changements profonds, sur les plans économique, politique, fiscal et social. La Suède est aujourd’hui, avec l’Allemagne, l’un des rares pays au monde à présenter une croissance durable et une base industrielle robuste et compétitive. (Pour s'inscrire : lien.)
Un ami suédois reconnaît qu'en Suède la confiance est de mise. Mais il propose une autre explication au redressement de son pays : une dévaluation de sa monnaie de plus de 25% et une économie mondiale qui était prête à absorber les exportations suédoises. Mais pourquoi ne pas essayer de reconstruire les relations sociales en France, sur le modèle suédois ? Après quelques centaines, voire quelques milliers, d'années de tensions et de guerres civiles ne serait-il pas temps qu'elles cessent ?

mardi 5 février 2013

Peut-on imiter les pays du nord ?


The Economist donne en exemple l’Europe du Nord.
Dans les années 80/90 elle aurait eu sa crise. Son Etat était devenu trop gros. Elle l’a réformé. Comme la Chine ?, elle a libéré un peu son entreprise. Maintenant ses pays sont au sommet de tous les classements.
Peut-on imiter l’Europe du Nord ? Difficile à dire. Ce sont de petits pays (26m en tout). Avec le cas particulier de la Norvège, membre de l’Opep. Beaucoup dépend de sa culture, de la confiance et du consensus. Son modèle d’entreprise est proche de l’allemand : niche, innovation, long terme (fondation et famille), culture et forte automatisation. Peut-être aussi internationalisation. Et capacité à « s’ajuster aux règles dictées par les grands pays ».
En tout cas, le système éducatif finlandais semble mériter un examen. Ce serait le meilleur au monde. Et pourtant, il serait économe. On y encouragerait la créativité et l’apprentissage de groupe. Il se caractériserait par des enseignants compétents et modestement payés, et à qui on laisse la possibilité « d’expérimenter de nombreuses techniques d’enseignement ». Ils sont attirés par les caractéristiques du système finlandais : « confiance et stabilité ». Et surtout, le « respect » que l’on a pour eux.

Leçon ? Peut-être qu’un pays en difficulté doit se demander quelle est, au fond, sa mission (« la capacité d’investir dans le capital humain et de protéger le peuple des perturbations qui font partie du système capitaliste » pour les pays du nord). Et, ensuite, comment la mener à bien avec les moyens du bord. Et ce, avec pragmatisme. Et en évitant avec soin les idéologies. 

mercredi 22 février 2012

Coût du travail, France, Allemagne et TVA sociale

Étude sur le coût du travail en Europe. Je note que :
  • Le Danemark et la Suède on le même coût du travail alors que l’une finance la protection sociale par l’impôt, et l’autre par une cotisation salariale. La TVA sociale ne fera pas mécaniquement baisser le coût du travail ?
  • Les 35h auraient eu la conséquence inattendue de faire considérablement gagner en productivité les entreprises, autant que les mesures du Chancelier Schröder.
Une fois de plus, le succès du changement est dans sa mise en œuvre ? Malheureusement le point faible de nos gouvernements successifs…

dimanche 26 juin 2011

Nordique donneur de leçons ?

Installé dans le restaurant d’un musée avec 3 amis. Deux partent un moment, en laissant leurs affaires.

Des touristes suédois surviennent alors. Ils montrent les sacs d’un doigt accusateur. Nous leur signalons qu’il y a de la place ailleurs. Un peu plus tard, ils reviennent, montrant à nouveau les sacs, preuve qu’ils avaient eu raison de nous soupçonner de latinité.

Curieux d’avoir aussi peu de souci de la politesse, surtout à l'étranger, me suis-je dit. En rapprochant cette petite histoire du comportement des gouvernements allemands et anglo-saxons, je me suis demandé si le pharisaïsme n’était pas un trait culturel nordique. 

jeudi 17 février 2011

Forteresse euro

The Economist s’inquiète. La zone euro se fermerait sur elle-même. Les pays libéraux s’y trouveraient en minorité et seraient forcés à des réformes (notamment sociales) que la morale économique réprouve. Ce qui ne ferait pas non plus les affaires des libéraux extérieurs (Suédois et Polonais) qui pourraient être coupés d’une zone euro protégée. L’Angleterre, elle, est indifférente. 

dimanche 19 septembre 2010

Qu’est-ce qui fait perdre les socialistes ?

Surprise : le modèle social-démocrate suédois va mal (The strange death of social-democratic Sweden).

Le socialisme, parti des intellectuels

Parmi les raisons évoquées, l’une me frappe : partout le socialisme est mal aimé. La crise, qui aurait dû le requinquer, a profité à la droite. Qu’est-il arrivé aux socialistes, me suis-je demandé ? Voici où m’a mené un enchaînement de pensées :
  • Michel Winock (Le socialisme en France et en Europe), distingue deux courants socialistes : populaire et intellectuel. En Europe du nord, ils se sont fondus dans la sociale-démocratie, en Europe du sud, ils se sont divisés entre communisme et socialisme.
  • J’ai l’impression que, progressivement, le courant intellectuel a pris la main sur l’ensemble du mouvement, et que la droite a récupéré une partie au moins du courant populaire. Aux USA, Reagan, Bush ou Palin représentent le peuple, pas Obama. Il en est certainement de même en France. Aussi curieux que c’ait pu me paraître le Mouvement Populaire porte probablement bien son nom.
Opposition entre intellectuels et peuple

Ce qui différencie les pensées intellectuelle et populaire est une question de valeurs.
  • L’intellectuel est individualiste et universaliste. Sa bible, c'est les droits de l’homme. Pour lui il existe une seule « culture » (cf. France Culture ou Ministère de LA Culture). Elle est mondiale. 
  • Le populaire croit qu’être Français ou Américain est une réalité (dont on peut être fier). Sur ce point il se rapproche de l’ethnologue : il pense qu’il y a des cultures, une par groupe humain. (Ce qui signifie que chacun d’entre nous appartient à plusieurs cultures, notamment à celle de l’entreprise qui l’emploie.)
Ce sont probablement les Allemands de l’avant seconde guerre mondiale qui ont le mieux marqué cette distinction. Ils appelaient la « culture » des intellectuels « civilisation ». C’était un monde déshumanisé d’électrons libres régulés par contrat. En face se trouvait la « culture » à proprement parler, le groupe humain uni, solidaire et amical.

On en arrive donc à un socialisme qui considère une partie de son électorat traditionnel comme le « mal ». Michel Winock va même jusqu’à dire que le socialisme est à tendance totalitaire (il nous dénie le droit de ne pas penser comme lui). Pas étonnant dans ces conditions qu’il tende à perdre les élections.  

Tactiques pour une conquête du pouvoir

Techniquement, les socialistes ont probablement deux possibilités de reprendre l’avantage :
  1. Laisser renaître un mouvement puissant à leur gauche. (Et le flouer lors des élections façon « union de la gauche »).
  2. Utiliser la méthode Blair et devenir le parti de l’individualisme et du libéralisme éthique. (Option DSK ?) Ce qui leur permet à la fois de ratisser le bobo à gauche et le libéral à visage humain de droite, plus les marges qui pensent en être. De manière équivalente, ce serait le parti du diplôme - le point commun de ces deux électorats. La droite devenant le parti de ceux qui ne se définissent pas, avant tout, par leurs études : l’ouvrier et le self made man, notamment.
Compléments :
  • Sur culture et civilisation (par exemple) : Mosse, George L., Les racines intellectuelles du Troisième Reich, Points 2008.

vendredi 17 septembre 2010

Répartition des revenus

Intéressant graphique. Revenus des riches, pauvres, médians de pays de l’OCDE.
  • Luxembourg : champion partout, quasiment. Pays riche et relativement égalitaire. Semble aussi le cas des pays du nord de l’Europe.
  • France, pas très aisée, mais des pauvres relativement moins pauvres qu’ailleurs.
  • Allemagne, un peu plus riche que la France, et finalement assez nettement plus inégalitaire. En particulier les pauvres y sont plus pauvres.
  • Japon un peu inattendu : des pauvres qui semblent particulièrement pauvres, compte-tenu de la richesse du pays.
  • Suède : le plus égalitaire du lot ?
  • USA : grand écart. Les plus riches mondiaux. Un revenu médian assez élevé. Mais des pauvres vraiment pauvres, derrière la Grèce, et pas loin des niveaux du tiers monde.
Commentaire sur ces graphiques :
il semble difficile de justifier l’affirmation que la prospérité requiert une répartition de revenus inégalitaire.

samedi 13 février 2010

Allongement des retraites

Arrivée en masse de retraités, la durée de vie augmente, catastrophe imminente. Sondage : 59% des Français ne veulent pas d’un allongement du temps de travail. Pourtant c’est une solution évidente à la question. Paresse et résistance au changement ?

Avant d’allonger leur temps de travail, il faut mettre les gens au travail. Sinon la mesure revient à réduire, massivement, le montant des retraites. Or, nous avons un des plus faibles taux d’emploi des plus de 50 ans des pays « développés ». Ensuite, il faut adapter les conditions de travail à l'âge des travailleurs. Aussi, peuvent entrer en jeu des raisons de justice sociale, la fameuse guerre des générations dont on parle de plus en plus.

Toucher aux retraites n'est jamais facile. Mais les pays qui ont mené à bien une ou plusieurs réformes importantes ont pris le temps de négocier (quatorze ans en Suède pour la réforme de 1998). Ils ont proposé des compensations pour les perdants potentiels, notamment les personnes ayant des carrières atypiques (principalement des femmes et les personnes les moins qualifiées). Et ils ont clairement posé la question de la solidarité entre les générations qui appelle un effort des plus jeunes retraités, relativement aisés.

Message des sondages : le gouvernement doit apprendre à réformer le pays autrement que par décret ?

Compléments :

samedi 26 septembre 2009

La fin de l’inconscience ?

The long-lasting socio-political effects of the economic crisis. Avoir subi une crise (locale) dans sa jeunesse persuade du peu de pouvoir qu’a l’individu sur son destin, de l’importance de la chance dans le succès, et nous fait aimer la solidarité sociale. Il en est de même de notre attitude vis-à-vis de la prise de risque financier, de notre attrait ou non pour la bourse. Ayant connu une crise, notre prochaine élite sera-t-elle prudente ?

Ces observations expliquent assez bien notre histoire. Les générations issues de la crise de 29, du fascisme et des monstruosités de la seconde guerre mondiale attribuaient ces maux terrifiants au capitalisme (ce que l’on a aujourd’hui totalement oublié). Ils ont voulu créer un monde solidaire. Partout, ils ont installé des institutions que l’on ne peut qualifier que de « socialistes ». Et les Anglo-saxons étaient les socialistes en chef. Conséquence : prospérité, paix et ennui. Les générations qui sont nées alors ont cru que l’avenir était prévisible, qu’elles ne devaient leur succès qu’à leur effort personnel, et que le monde serait bien plus amusant si elles donnaient libre cours à leur génie. Le poids de l'état fût insupportable. Vint alors 68, qui est à la gauche ce que le libéralisme est à la droite : la revanche de l’individu sur la société.

Nos prochaines élites auront-elles donc plus de plomb dans la cervelle que les actuelles ?

Galbraith disait que les théories qui ont causé cette crise sont aussi vieilles que le capitalisme. Il les jugeait déjà ridicules et dépassées dans les années 50. Comment ont-elles pu résister à la grande crise et à la guerre ? De la même façon que l’armée allemande, sauvée par le pouvoir politique, a pu parler de « coup de poignard dans le dos » dans les années 20 : parce qu’elle n’avait pas été mise à genoux. À chaque crise, les classes dirigeantes sont protégées par le pouvoir. Or, elles ne se renouvellent pas, elles dirigent de père en fils (cf. la fin de l’ascenseur social français). Donc, elles n’apprennent pas. Pire, en Occident, l'élite passe ses années de formation dans des universités d'élite où elle est entre soi et se repaît de sa supériorité. Et quand il y a sélection, elle est basée sur le succès !

Compléments :

  • Ce qui compte dans la détermination des certitudes dont parle l'article sont nos années de formation aux règles de la société (de 18 à 25 ans).
  • Sur l’organisation socialiste et planifiante d’après guerre, en Amérique : L’ère de la planification.
  • Hayek voyait dans ce socialisme le germe du fascisme (le cas suédois étant particulièrement préoccupant) : HAYEK (von) Friedrich A., The Road to Serfdom, University of Chicago Press, 1994.
  • Sur l’impact de 68 sur les institutions sociales françaises : 68 : victoire de l’individualisme ?
  • Les radios libres ou gauchisme (le Rock) et capitalisme (la pub) main dans la main : Good morning England.
  • La crise profite au riche : Le pauvre s’appauvrit, Vainqueur de la crise: la grande Enterprise. Par ailleurs, depuis 20 ans, l’Amérique réforme le monde et crée crise sur crise, sans en tirer de grands enseignements : Consensus de Washington.