- Il bâtit une coalition d’alliés. Il a commencé par se rapprocher de Mariano Rajoy, son opposé politique.
- Il cherche à ne faire perdre la face à personne. S’il réussit, Mme Merkel pourra affirmer que c’est grâce à sa politique à elle.
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vendredi 10 mai 2013
Enrico Letta : enfin un leader pour l’Europe ?
Enrico
Letta tente un changement. Il cherche à faire basculer la politique
européenne de la rigueur à la relance. Et, de loin, il semble utiliser les
règles de l’art.
mercredi 10 octobre 2012
Paralysie politique et sauveteur capitaliste
Cette semaine The Economist dissèque les problèmes de la
planète.
Romney a défait Obama en débat. Mais quoi qu’il arrive, la
situation des USA est critique, voire désespérée. Son pouvoir politique est
paralysé. Or, s’il ne se reprend pas, des mesures automatiques vont se mettre
en route, qui vont avoir un impact destructeur sur l’économie. A quoi s’ajoute
l’arrivée d’une énorme vague de retraités.
Quant à la France, ses maux sont l’incapacité de ses
gouvernements à équilibrer les comptes de la nation, et le manque de
compétitivité de l’économie due à des charges salariales excessives. Sa rigueur
serait trop molle (elle fait une hypothèse de croissance irréaliste). Et il
serait mieux d’utiliser la TVA que l’impôt.
La Bundesbank est en guerre contre la BCE. Mais parce qu’elle
pense que c’est aux politiques de prendre leurs responsabilités et de
construire une Europe saine, politique et fiscale, qui n’ait plus besoin des
expédients à court terme de la BCE.
M. Rajoy paraît toujours aussi dangereusement maladroit, les
Espagnols partent en Amérique latine, et l’Angleterre s’engage dans une politique aventureuse vis-à-vis de Bruxelles : elle ne veut obéir qu’aux
lois qui sont dans son intérêt.
En Géorgie le pouvoir en place a été battu par un
milliardaire excentrique à la tête d’une coalition hétéroclite. C’était
inattendu. Mais, en Géorgie aussi, quelques-uns se sont beaucoup enrichis et les
autres beaucoup appauvris. Ce qui, partout, est explosif.
Le modèle asiatique doit se transformer. L’avantage des bas
salaires ne fonctionne plus, et les pays développés, en crise, n’achètent plus de
produits manufacturés, Chine et Inde faiblissent. L’avenir serait à une économie
de « services modernes à haute valeur » tirée par la demande interne.
Vu d’où partent ces pays (une masse de pauvres, un système éducatif réduit à
peu de choses, des infrastructures faméliques), le changement s’annonce
complexe…
Le problème de la Chine semble ses entreprises d’Etat. Elles
seraient inefficaces et obéiraient plus aux intérêts des oligarques corrompus
qui les contrôlent qu’à ceux du pays. Vont-elles plomber son avenir ? En
outre, la Chine commence à inquiéter ses partenaires. Elle construit des routes
mais ne les aide pas à bâtir un système bancaire ou à gouverner. Surtout, elle
ne comprendrait rien aux cultures et sensibilités étrangères. Plouc power ?
(Slob’s power ?)
Globalement, la situation est mauvaise pour les affaires.
Trop d’incertitudes. En Europe et aux USA, c'est la faute des politiques, incapables d'agir.
Quant à l’économie, elle n’obéit plus aux textes de cours. « ça pourrait expliquer pourquoi les
gouvernements se concentrent sur d’autres priorités que faire plaisir aux
marchés, par exemple stabiliser le secteur financier et réduire le chômage. »
La mode chez les fabricants de voitures est l’alliance avec
ses concurrents. Ce qui ne choque pas l’orthodoxie libérale de The Economist. Ce
qui me choque, par contre, est que Mercedes travaille avec Renault. Mercedes filerait-il un
mauvais coton ?
La liberté d'expression est entre les mains des entreprises du web. Ne faudrait-il pas que le législateur s'en mêle ? à ce sujet, n'est-il pas curieux que personne ne s’offusque de la censure des « contenus
pour adulte » d’Internet ? Et si la liberté de parole n’était pas un droit
absolu ? Et si, comme toutes les autres libertés, elle devait se plier aux
règles sociales ?
Finalement, le grand capitalisme va-t-il sauver le monde ?
Richard Branson constitue des commandos d’hommes politiques vénérables ou de
grands patrons afin de faire basculer du bon côté, celui du
développement durable, les sujets, majeurs, qui sont mûrs pour le changement. (« une comptabilité correcte des impacts
environnementaux, la fin des résultats
trimestriels, et l’élimination progressive des subventions aux énergies
fossiles sont probablement proches du haut de la liste »)
Mots-clés :
Angleterre,
Automobile,
BCE,
Branson,
Chine,
développement durable,
élections législatives,
Espagne,
France,
Géorgie,
Mercedes,
Obama,
Rajoy,
Renault,
Romney,
The Economist,
UE,
USA
lundi 1 octobre 2012
Politique, pharmacie, Warren Buffett, retraités et quelques autres
Affligeants politiques, semble dire The Economist. Ils n’obéissent
qu’à leur seul intérêt, d’une inconcevable médiocrité. Caractéristique certaine :
s’opposer à l’intérêt général. Ici Mme Merkel détricote le mécanisme que la zone avait mis en place pour éviter la dislocation. Là , M.Rajoy fait preuve à la fois d’incompétence
et d’un sens de
l’honneur pitoyable. Et que dire de l’Inde ? Un magma de partis corrompus.
On a retrouvé M.Kohl. Dans une chaise roulante, incapable de parler. Il a été
victime d’un accident de cuisine. Visiblement c’était un tyran domestique, haï
des siens. Curieusement, l’article se fait l’écho d’une de mes théories :
sa gestion de la réunification allemande pourrait être à l’origine de la crise
de l’euro. Il y a aussi des élections en Géorgie. Un suppôt de Bush y affronte
un milliardaire inquiétant. Aux USA, les élections ne sont plus une question d’idées
mais de logistique : chaque camp recrute des électeurs avec des moyens et
une efficacité américains. La
perfide Albion partage ses ambassades avec sa colonie
canadienne. Décidément, elle n’est pas européenne. Le LDP japonais choisit comme
candidat premier ministre un ancien premier ministre qui s’est ridiculisé, ce
que compense sa haine des Chinois. En Argentine, où l’inflation atteint 25%, la
présidente, qui vit d’expédients, est chahutée. Mais la situation économique du pays devrait s'améliore, et la sauver. En politique, le crime ne tue pas. C’est peut-être
Hugo Chavez qui paraît le plus honnête de la bande. Certes , il ne
laisse pas de place à l’expression de son opposition, mais au moins les
élections sont libres.
Il y a pire que la politique : l’industrie
pharmaceutique (chronique du livre Bad
Pharma de Ben Goldacre). Le processus d’approbation et de diffusion des
médicaments serait parfaitement manipulé. Si bien que le médecin a peu de moyens
de connaître le degré de nocivité ou d’efficacité de ce qu’il prescrit : « des gens (…) meurent pour rien ». On
a d’ailleurs expliqué pourquoi la pharmacie mais aussi l’éducation consomment
de plus en plus de nos revenus. Elles ne connaissent pas de gains de productivité.
Mais leurs salaires suivent ceux des industries qui en connaissent. Intelligent,
mais ça ne me semble pas toute la réalité. « Les industries à productivité »
l’ont trouvée dans l’exploitation des pays émergents. Les couches supérieures
de l’entreprise se sont enrichies au détriment des couches inférieures. Les
universitaires, les cadres du pharmaceutique… voyant que des gens de même diplôme
gagnaient beaucoup ont voulu faire de même.
Le secret de Warren Buffett est connu ! Les fonds de
retraite n’ayant pas le droit de s’endetter, pour ne pas prendre de risques, ils sont contraints d’acheter des
actifs risqués pour avoir un fort retour sur investissement. Ce qui laisse à Warren
Buffet les titres sans risque, et sous évalués ! En outre, il possède une
activité d’assurance, qui lui permet d’emprunter à un taux record. D’où gros « effet
de levier ». Malin.
Tout aussi lucratif. Les Baby boomers arrivent à la
retraite, après un hold up. Ils ont beaucoup gagné, parce qu’ils ont eu peu d’enfants,
et ont été jeunes à une époque où il y avait peu de retraités. Maintenant, ils
utilisent leur poids politique pour faire payer les jeunes. Le déséquilibre ne
sera bientôt plus tenable. Nous aurions le choix entre l’inflation et la crise. En revanche, Steve Jobs est bien mort. Pour la première
fois, Apple sort un produit, un logiciel cartographique, qui n’est pas au point
(ce que je confirme). Apple devient une entreprise ordinaire ?
Article sur l’Inde. Elle aurait tout accepté de l’Occident,
sauf la logique économique, qui lui est imperméable. Ce que regrette The
Economist, qui lui prédit l’avenir des USA, si elle se transforme. N’a-t-elle
pas tout pour lui ressembler ? Sauf un rêve : s'enrichir. En Chine, il ne fait pas bon être dans le
hit parade des milliardaires : cela attire sur vous l’attention de l’Etat…
Une histoire de robots, pour finir. On aurait trouvé le
moyen de réduire massivement leur prix (22.000$). Bonne nouvelle pour l’automobile,
qui en consomme beaucoup. Apparemment, le nouveau robot serait capable de détecter les
obstacles et aurait des articulations non rigides, faciles à guider
manuellement. Donc, plus besoin de système de programmation compliqué et de
protection.
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Buffett,
Bush,
Chavez,
euro,
Géorgie,
Goldacre,
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industrie pharmaceutique,
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Rajoy,
The Economist,
UE
mercredi 26 septembre 2012
Le libéralisme triomphe en Europe
C’est curieux. Alors qu’il y a une sorte d’accord sur le
fait que le libéralisme est à l’origine de notre crise, l’Europe subit une
grande cure de libéralisme. Partout, on taille dans les dépenses publiques et
les classes les moins riches trinquent. Le Portugal, par exemple, veut
transférer une partie des prélèvements salariaux payés par les entreprises sur
les salariés.
Magie de l’euro. En dégradant le système d’assurance sociale
de son pays, M.Schröder a donné l’avantage à l’Allemagne. Pour « retrouver leur
compétitivité » les pays de la zone euro doivent faire de même. Jusqu’à ce
qu’ils aient dépassé l’Allemagne. Alors, elle devra utiliser à nouveau le
napalm, et on sera reparti pour un tour. Les pays de la zone euro ressemblent à
des bagnards enchaînés : quand l’un court, tous doivent le suivre.
Quant à la France, elle est a eu une idée caractéristique
de la supériorité des intellects qui nous gouvernent : nous sommes
contraints au libéralisme, mais une fois que la France sera prospère, vous
verrez, nous ferons du socialisme. Ce sera le Grand soir. C’est probablement
aussi ce qu’a dit M.Schröder, autre socialiste.
Où allons-nous finir ? La Catalogne en donne un aperçu.
Parmi la série de réformes libérales du gouvernement Rajoy, il y a celle des
régions. Comme en France, elles sont à la fois incontrôlables par un pouvoir central
couard et fort dépensières, donc endettées. La crise est l’occasion de leur
faire rendre gorge, et de les ramener à l’humilité. Mais la Catalogne a trouvé
une parade imprévue : son déficit est causé par le système de solidarité
nationale. Elle subventionne les régions paresseuses. Il faut détruire l’Etat, et chacun
pour soi. Autrement dit, et en toute logique, le libéralisme engendre le
libéralisme, le règne de l’individu roi (définition littérale du terme), l’homme
contre l’homme.
Hier, j’étais en Allemagne. J’y ai vu une très belle unité industrielle. Ses clients, l’élite de l’industrie allemande, semblent l’adorer. Elle est dirigée par un Espagnol, le héros des projets impossibles est grec, et son directeur industriel est français…
Hier, j’étais en Allemagne. J’y ai vu une très belle unité industrielle. Ses clients, l’élite de l’industrie allemande, semblent l’adorer. Elle est dirigée par un Espagnol, le héros des projets impossibles est grec, et son directeur industriel est français…
mercredi 9 mai 2012
M.Hollande, sauveur de l’humanité ?
Je n’aimerais pas être à la place de M.Hollande. Grosse
responsabilité. La planète semble l’attendre en sauveur.
Avec des parties de la zone euro broyées par la récession et le chômage de masse, beaucoup regardent avec espoir du côté de M.Hollande (Charlemagne: Going for growth, but how? | The Economist)
vendredi 30 mars 2012
The Economist contre la France
Le précédent article parlait de l’attaque de The Economist
contre la France. Voici un certain nombre de raisons pour penser que cette
attaque est marquée au coin de l’idéologie irraisonnée :
- The Economist est un très vieux journal qui a été créé en 1843 pour une croisade : le libre échange. Depuis ses origines, il est très proche des intérêts de la City de Londres. The Economist est une pendule arrêtée, quoi qu’il arrive, il demande plus de libéralisation. Et lorsque cela ne fonctionne pas, comme le note régulièrement ce blog, The Economist accuse l’État et la démocratie d’incompétence.
- The Economist vote Rajoy et Monti, deux libéraux qui cherchent à faciliter les licenciements dans leurs pays. Là ne semble pas être la solution à nos problèmes à court terme. Pourquoi ? Parce que nous sommes dans un cercle vicieux, et que ces mesures ne peuvent donner des résultats qu’à long terme. Surtout, parce que mettre des gens au chômage en période de crise accélère la crise. L’Allemagne s’en est bien gardée, d’ailleurs. Enfin, parce que le chômage espagnol est en parti dû à des réformes libérales anciennes qui ont rendu précaire le sort d’une grosse partie de la population, le reste étant parvenu à se protéger (la France a subi le même type d’expérimentation, cf. nos nuées d'intérimaires, mais ses conséquences sont moins marquées). D'ailleurs, un licenciement facile n'est pas évidemment bon pour la santé d'une économie. En effet, cela tend à créer une classe de prolétaires sans qualification. Or, depuis Adam Smith, le dieu de The Economist, on soupçonne que ce qui fait la richesse d'une nation, c'est la spécialisation des ses membres qui permet le gain de productivité maximal. Ce genre de réforme ne se fait donc pas en claquant des doigts, sous peine de créer des effets pervers.
- The Economist nous menace des foudres du marché. Nous sommes surendettés, n’est-ce pas ? Curieusement, l’Angleterre connaît des crises depuis plus de 150 ans, et à chaque fois la City sort le même argument : l’Angleterre ne peut pas se payer un système social aussi généreux (déjà, il y a 150 ans !). Et à chaque fois ça se termine par une dévaluation. L’Espagne et l’Irlande étaient peu endettées et vont très mal. Les USA sont très endettés et vont bien. Le danger vient, curieusement, des amis de The Economist, les marchés financiers. S’ils comprennent qu’ils n’ont rien à gagner en spéculant contre notre dette, nous vivrons heureux. Pour le moment, c’est la BCE et ses mesures « non conventionnelles », qui sont notre garde fou.
- Notre souci à court terme est donc de relancer notre croissance. Une idée pour cela me semble de faciliter la coopération entre pays européens. Si l’Allemagne, en particulier, se mettait à consommer un peu plus, ça ferait probablement beaucoup de bien à tout le monde, à commencer par l’Allemagne puissance commerçante, qui a besoin de clients en bonne santé… Quant à nos dettes, au poids de notre État… il serait dangereux de prendre des mesures précipitées.
Pour une fois, notre fameuse résistance au changement me
semble bénéfique.
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Allemagne,
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crise,
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Italie,
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Portugal,
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Smith,
The Economist,
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