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samedi 4 mai 2019

La Grande Arche : une comédie européenne ?

Surprenante histoire de la Grande Arche (un reportage de France Culture)...
  • On veut achever la Défense, par un bâtiment qui transforme ce qui ressemble à une rue en cul de sac. 
  • MM. Pompidou et Giscard d'Estaing sont peu ambitieux. Mais, dans la tradition monarchique française, F.Mitterrand veut laisser son nom, par une politique de grands travaux. L'Arche en fera partie. 
  • On décide de faire un "centre consacré à la communication" (on ne sait pas de quoi il s'agit précisément, mais, apparemment, ce type de projet était à la mode chez les socialistes en ces temps). 
  • Appel d'offres à des architectes. Un architecte danois dessine un cube. Il n'a fait que 4 églises dans sa carrière (des cubes). Le président Mitterrand choisit ce projet, crayonné, de préférence à ceux de multinationales. 
  • Le Danois arrive, comme tout Européen du Nord, plein de préjugés contre les races latines, auxquelles on ne peut pas faire confiance. Mais il est séduit par le prince. Puisqu'il a son oreille, il a tous les pouvoirs, pense-t-il. 
  • Il faut construire le cube, et les idées du Danois ne sont pas celles des ingénieurs. (En particulier, il veut des parois de verre d'un seul tenant...) Il les insulte. On essaie de l'aider en constituant autour de lui une équipe technique qui adapte son projet à la réalité (sans le vexer ?). Mais le président Mitterrand intervient sans cesse. Par exemple pour faire revêtir le bâtiment d'un marbre, que les ingénieurs estiment poreux. Risible, dit le prince, les bâtiments grecs sont en marbre et ils ont tenu des millénaires. Le marbre était effectivement poreux, il a été remplacé par du granit. A grands frais. 
  • J.Chirac est élu. Il s'attache à nuire à F.Mitterrand, en s'en prenant à ce qui compte le plus pour lui : ses grands travaux. Et en procédant à la française : par coups bas. D'où de multiples péripéties. Mais il y a des gens déterminés derrière le projet. Et ils parviennent à leurs fins. 
  • Quant au bâtiment, on ne lui a toujours pas trouvé d'emploi. 
Métaphore de l'Europe ? Une Europe du Nord pharisienne, mais pas aussi compétente qu'elle le croit ? Une France d'Ancien régime ? Dirigée par une caste de florentins ridicules qui la ruinent pour assurer leur gloire, et régler leurs comptes, elle est maintenue à flots par un peuple de sans grades, gueulards mais dévoués, et finalement efficaces ?

dimanche 5 janvier 2014

Le printemps arabe de la démocratie ?

Politique turque : tous pourris ? Un scandale révèle que les enfants des gouvernants (premier ministre compris) ont trempé dans des malversations. Ce que l’on apprend grâce à des juges, qui appartiennent à un allié devenu ennemi du pouvoir. Les dits juges ont servi à renverser le précédent pouvoir. Quant à l’opposition : c’est le chaos. Partout, même spectacle. Comme le marché, la démocratie semble un régime où la médiocrité attire la médiocrité. En Europe, au milieu de la tempête, les partis de gouvernement font preuve d’un curieux détachement. A l’image du premier ministre du Danemark. En pleine chienlit gouvernementale (elle est encore moins populaire que M.Hollande !), elle s’amuse à prendre son autoportrait en compagnie de MM.Cameron et Obama. Devant autant d’indifférence, les forces poujadistes prospèrent. Gros scores garantis aux prochaines élections. Mais elles sont incapables d’assumer des responsabilités. (Les politiques n’ont aucune raison de changer donc, sinon d'être populistes, à des fins tactiques.) Y a-t-il meilleur signe de cette faillite démocratique que la BCE ? Pour éviter une déflation, la BCE, donc, banque centrale sans Etat, va faire une politique « non conventionnelle ». Comme la FED. Mais plus difficilement. Car elle doit contourner les résistances des Etats… Quant aux Arabes, leur tentative de printemps démocratique les a précipités dans une guerre fratricide, secte contre secte. 

2014, l’étincelle ? La spéculation boursière a probablement atteint son point d'éclatement. « La combinaison du mécontentement de l’électorat et de la nervosité gouvernementale peut conduire à des résultats imprévisibles. » C’est grave, mais moins que ce qui nous attend. Un retour à l’ère victorienne. Car le monde de Dickens est la norme du capitalisme. C’est, du moins, ce que déclare un économiste, deux siècles de statistiques à l’appui. Heureusement, la microassurance fonctionne, si on la vend, non à l’individu, mais au groupe.

Par ailleurs, les écoutes de la NSA auraient fait perdre à M.Obama (qui s’en fiche ?) deux alliés : les jeunes et les Européens. Le Liban résiste toujours à la contamination de la crise syrienne. Le Soudan du Sud semble mal parti : certains pays limitrophes le divisent pour régner.

Entreprise. Le Danemark est le champion de l’agriculture industrielle, hyper scientifique (on y parle même de bio silicone). Héritage viking ? On fait visiter les abattoirs aux enfants. Les banques d’investissement sont parvenues à contourner les lois qui devaient réduire la rémunération des banquiers. Mais pas les forces du marché, qui les contraignent à faire des économies. (Il reste de la marge : la rémunération moyenne chez Goldman Sachs est encore proche de 500.000$.) Les laboratoires pharmaceutiques trouvent de plus en plus de remèdes, notamment dans le domaine du cancer, mais leurs marchés (les vieux américains et les émergents) ne peuvent pas se les offrir. Le problème viendrait en partie de ce qu’aux USA, un tiers du marché mondial, il est culturellement incorrect de parler de coût des médicaments. Là aussi, à long terme, les forces du marché, la nécessité de trouver des débouchés, pourraient faire changer les choses. C’est peut-être aussi ce qui arrive à Gazprom. Outil politique du gouvernement russe, il veut imposer sa loi à l’Europe. Celle-ci essaie de le contrer en jouant de la concurrence. Il doit s’adapter pour conserver son influence. Autre exemple de dirigisme. L'Angleterre est le champion mondial de l'énergie éolienne en mer. Ce qui lui coûte extrêmement cher en subventions. Politique d'autant moins compréhensible que le savoir-faire technologique part vers ses fournisseurs étrangers... Une note d'espoir, tout de même ? L'entreprise italienne est increvable. En dépit de ses handicaps domestiques, elle parvient à exporter, et à lever des fonds sur les marchés internationaux. Apprenons à aimer le marché ? 

68 aurait-il été l'idiot utile du collectivisme ? Prochaine acquisition pour le NSA ? En exploitant un phénomène physique de diffusion du son, il est possible de transformer la fibre optique en réseau d’écoute. NSA des parents : les enfants ne fuiraient pas autant Facebook qu’on l’aurait dit.

mardi 5 février 2013

Peut-on imiter les pays du nord ?


The Economist donne en exemple l’Europe du Nord.
Dans les années 80/90 elle aurait eu sa crise. Son Etat était devenu trop gros. Elle l’a réformé. Comme la Chine ?, elle a libéré un peu son entreprise. Maintenant ses pays sont au sommet de tous les classements.
Peut-on imiter l’Europe du Nord ? Difficile à dire. Ce sont de petits pays (26m en tout). Avec le cas particulier de la Norvège, membre de l’Opep. Beaucoup dépend de sa culture, de la confiance et du consensus. Son modèle d’entreprise est proche de l’allemand : niche, innovation, long terme (fondation et famille), culture et forte automatisation. Peut-être aussi internationalisation. Et capacité à « s’ajuster aux règles dictées par les grands pays ».
En tout cas, le système éducatif finlandais semble mériter un examen. Ce serait le meilleur au monde. Et pourtant, il serait économe. On y encouragerait la créativité et l’apprentissage de groupe. Il se caractériserait par des enseignants compétents et modestement payés, et à qui on laisse la possibilité « d’expérimenter de nombreuses techniques d’enseignement ». Ils sont attirés par les caractéristiques du système finlandais : « confiance et stabilité ». Et surtout, le « respect » que l’on a pour eux.

Leçon ? Peut-être qu’un pays en difficulté doit se demander quelle est, au fond, sa mission (« la capacité d’investir dans le capital humain et de protéger le peuple des perturbations qui font partie du système capitaliste » pour les pays du nord). Et, ensuite, comment la mener à bien avec les moyens du bord. Et ce, avec pragmatisme. Et en évitant avec soin les idéologies. 

mercredi 22 février 2012

Coût du travail, France, Allemagne et TVA sociale

Étude sur le coût du travail en Europe. Je note que :
  • Le Danemark et la Suède on le même coût du travail alors que l’une finance la protection sociale par l’impôt, et l’autre par une cotisation salariale. La TVA sociale ne fera pas mécaniquement baisser le coût du travail ?
  • Les 35h auraient eu la conséquence inattendue de faire considérablement gagner en productivité les entreprises, autant que les mesures du Chancelier Schröder.
Une fois de plus, le succès du changement est dans sa mise en œuvre ? Malheureusement le point faible de nos gouvernements successifs…

jeudi 19 janvier 2012

Le Danemark dans l’euro ?

Le Danemark est présenté par To opt in or not to opt in à la fois comme un appendice de l’économie allemande et comme le meilleur ami du libéralisme économique anglais. Jusqu’ici il est prudemment resté en marge de la zone euro.

Pourtant, contrairement à l’Angleterre, et peut-être à cause d’elle, il pense que cette zone est trop importante pour ses intérêts pour qu’il ne puisse pas l’influencer. Le Danemark pourrait même rejoindre l’euro, s’il survit à la crise actuelle.

dimanche 18 septembre 2011

Élections au Danemark

Curieusement, les Danois, qui ont un déficit public relativement élevé (4,6%), ont élu un gouvernement socialiste, qui veut augmenter les impôts, le poids de l’État (et la durée de travail).

Le courant libéral serait-il en reflux ?

dimanche 11 avril 2010

Âge de la retraite

L’attitude à l’âge de la retraite ne serait pas une question d’âge mais de culture :
Presque 9 personnes interrogées sur 10, en Angleterre, Danemark, Finlande et aux Pays Bas disent qu'il faut aider les papys à travailler, s’ils le désirent. À l’autre extrême, 55% des Grecs y sont opposés.
Dans les pays nordiques l’âge de la retraite est de plus en plus lié à l’espérance de vie.

jeudi 23 juillet 2009

Euro surévalué ?

Technique classique pour savoir si une monnaie a une valeur correcte : comparer le prix d’un même article partout dans le monde.

The Economist choisit à son habitude le Big Mac (Cheesed off). Ce qui donne, par rapport au dollar, une Chine sous-évaluée de 49%, l’Angleterre a peu près correcte, les pays d’Europe continentale très surévalués (+29% pour l’Euro, mais +55% pour le Danemark).

Mesure pas très fiable, mais qui doit donner quand même une idée pas idiote des déséquilibres en cours.

En résumé l’Europe de l’Ouest semble faire les frais de la relance mondiale. Dans ces conditions est-il surprenant que la récession y soit plus forte que chez les pays qui semblent à l’origine de la crise (les pays anglo-saxons ou la Chine, suivant les sources) ?

mercredi 1 juillet 2009

Clean tech

Hier le club économie recevait Torben Sommer, certainement un des meilleurs experts des « clean tech ». Quelques souvenirs :

  • L’énergie éolienne pourrait couvrir jusqu’à 40% des besoins d’énergie du monde. Dors et déjà, elle fait travailler 10% du Danemark.
  • Dans les zones ensoleillées, l’électricité solaire est proche du prix des autres énergies. En France le taux de retour sur investissement du panneau solaire est de 10% (du fait des subventions de l’état), soit 25% avec « effet de levier » financier.
  • On reparle du Chinois. Il a rejoué le coup du lait frelaté : à un moment il a manqué de silicone pur pour les panneaux solaires. Il l’a mélangé avec du silicone pas pur… Aujourd’hui, le panneau solaire chinois est extrêmement bon marché. Pourtant, en dehors de la main d’œuvre, il achète tout à l’ouest…
  • La France semble bénie des dieux : côtes ventées, leader mondial du verre (Saint Gobain), Lafarge toitures, Alsthom… Et pourtant rien ne bouge dans ce monde. Il semblerait que leurs équipes soient convaincues de l’opportunité, mais que leur top management n’ait rien compris. Dommage, les clean tech fournissent énormément de grands et petits emplois, non délocalisables (beaucoup de service). Torben Sommer estime, à partir de l’exemple danois qu’elles pourraient occuper 5% de l’emploi français ! Mais handicap : l’énergie en France semble beaucoup moins chère qu’ailleurs. EDF vend l’énergie qu’elle produit trois fois plus cher en Angleterre qu’en France, par exemple.

Deux réflexions sur ce dernier paragraphe.

  1. Si la déréglementation de l’énergie triple les prix de celle-ci où est la performance tant vantée de l’entreprise privée ? (Une analyse plus détaillée : Que donnent les déréglementations ?)
  2. Notre pays fut dirigiste. Il s’est engagé dans de grands projets tels que les centrales nucléaires, l’équipement téléphonique, les autoroutes… Aujourd’hui il semble devenu muet, son cerveau s’est vidé (Style de Sarkozy). Quand est-ce arrivé ? Pourquoi ? À approfondir.

vendredi 20 mars 2009

Besoin d’Oséo ?

Pourquoi Oséo ne s’intéresse-t-il plus aux start up ? J’ai relayé cette interrogation dans deux billets (Oséo se désintéresse des start up ? et Oséo se désintéresse des start up : début d’explication ?). D’après des « sources bien informées », la réponse semble être celle qui m’a été apportée par un commentaire : le gouvernement estime que le marché est mieux armé que l’administration pour aider la jeune entreprise et l’innovation. Est-ce le cas ?

Faits récents

En fait cette question me revient du fait de trois coïncidences.

  • Hier soir un ami me dit que la start up dans laquelle il travaille a trouvé l’argent qu’elle cherchait (9m€) en Allemagne.
  • La semaine d’avant, un autre ami, dont le métier est de lever des fonds, m’expliquait qu’il a en main un très beau dossier, une innovation qui a déjà un marché, qu’il séduit beaucoup de monde, mais qu’il n’entre dans aucune stratégie de fonds d’investissement français (la mode semble au développement durable). Par contre, les Américains qu’il rencontre n’ont pas d’états d’âmes, ils ne voient que la rentabilité de l’affaire. Pour le moment le dirigeant de l’entreprise hésite : il voulait de l’argent français.
  • Semaine d’avant encore, je déjeune avec Amélie Faure, qui a vendu sa société à Dassault Systèmes. C’est le capital risque qui lui a fourni ses premiers fonds. C’est Oséo qui lui a permis une traversée du désert post bulle Internet, désert dont un concurrent américain l’a sortie, avant l’achat par Dassault Systèmes.

Le marché est irrationnel et doit être éduqué

Mon échantillon n’est pas significatif. Mais j’en déduis que pour qu’un marché financier soit efficace, il faut qu’il ait un minimum de culture de l’investissement, et que le nôtre ne l'a pas encore. J’en déduis, par ailleurs, qu’Oséo (qui a aussi financé mon second cas) semble beaucoup moins soumis aux modes et aux aléas que l’investisseur privé.

D’ailleurs, qu’il soit français ou non, l’investisseur privé est irrationnel, comme l’a montré la bulle Internet, que j’ai vécue aux premières loges : les modes y succédaient aux modes, The Economist raillait les entrepreneurs d’alors, dont tout l’art consistait à refondre sans arrêt leurs business plans pour répondre aux derniers fantasmes des investisseurs.

Le marché n’est pas le meilleur moyen de stimuler l’innovation

The Economist publie un dossier spécial sur l’entrepreneuriat. 3 exemples montrent comment il peut réussir dans des cultures différentes (Lands of opportunity). Dans chacun le rôle de l’état est surprenant :

  • Certes Israël profite énormément de ses liens étroits avec les USA, mais ce qui tire son innovation c’est une industrie de l’armement exceptionnellement dynamique, que le pays voit comme son assurance sur la vie dans une situation extrêmement précaire.
  • Etrangement le Danemark et Singapour ne sont peut-être pas dans un état d’esprit très différent de celui d’Israël. L’entrepreneuriat y paraît un moyen de garder sa place (ou de défendre son modèle social – pour le Danemark) dans un contexte de globalisation. L’Etat tente de transformer la culture locale. Il a créé de gros fonds de capital risque publics, des incubateurs énormes, investi massivement dans l’éducation de ses citoyens, acheté à prix d’or à l’étranger les compétences qui lui manquaient, et, plus généralement, favorisé l’établissement de conditions propices à l’entreprise. Mais surtout, il existe une vision nationale des industries dans lesquelles il faut amener les entreprises du pays. Et une mise en œuvre qui me semble quasi militaire.

J’en retire trois idées :

  1. Une possible justification des théories de Galbraith (Société d’abondance) : le marché n’est pas un bon stimulant pour l’innovation.
  2. Dans ces trois exemples l’entrepreneuriat me semble plus poussé par la peur, par le sentiment d’une menace (risque de disparition du pays dans un cas, crainte du pouvoir destructeur du marché global dans l’autre), que par un désir positif d’enrichissement, de bien être, ou, simplement, la curiosité intellectuelle.
  3. Loin d’aller dans le sens des thèses libre-échangistes, les politiques de ces pays illustrent de manière surprenante celles des penseurs initiaux, allemands, du protectionnisme (voir LIST Friedrich, Système national d’économie politique, Gallimard, 1998). Contrairement à ce que l’on croit parfois, le protectionnisme, ce n’est pas le repli sur soi. Le protectionnisme c’est voir l’économie de marché comme une guerre entre nations. Pour la gagner il faut construire des champions nationaux qui, une fois sortis de l’adolescence, pendant laquelle ils sont protégés (d'où le nom), imposeront leurs produits aux autres nations, « à la loyale ».

mercredi 26 novembre 2008

Idéologie et théorie économique

Réflexion sur l'importance de l'hypothèse dans la théorie économique.

La seule chose que l’économiste ne donne pas, ce sont ses hypothèses, or, elles conditionnent ses résultats.

Le modèle anglo-saxon.

La théorie économique dominante fait l’hypothèse que l’entreprise appartient à l’actionnaire, et que le management doit servir l’actionnaire. Le problème de l’économie devient alors : comment faire que le management ne vole pas le titulaire du droit de propriété ?

Le modèle du droit français.

Pour le droit français, l’entreprise est un être vivant. Par conséquent tout ce qui nuit à ses intérêts est condamné. Ceux qui participent à sa vie ont donc des devoirs avant d’avoir des droits.
Quelle théorie pourrait s’appliquer à ce modèle ? Probablement celui du bien commun. Dans cette théorie, on ne tire du bien commun qu’en fonction de son apport. Et la liberté d’entrée sortie est sévèrement réglementée. C’est un modèle « communiste ».
Bizarrement, il semble que ce modèle soit plus scientifique que le précédent. La sociologie et la théorie de la complexité considèrent que le groupe d’hommes est autre chose que ses composants, qu’il n’est la chose de personne, qu’il est une fin, et non un moyen, selon la terminologie de Kant.

Le modèle danois

Le modèle de la flexisécurité danois fait l’hypothèse implicite que le sort de l’employé n’est pas lié à une entreprise. En cela, il ressemble à l’investisseur, qui investit où bon lui semble. Tous les deux servent l’économie. C’est le modèle précédent, mais étendu à l’économie nationale.

Comment choisir le bon modèle ?

Pour choisir le « bon modèle » (en imaginant qu’il y en ait un) l’argument scientifique n’est pas adapté. D’ailleurs, je soupçonne que dans le cas anglo-saxon, le rôle de la théorie économique est moins d’atteindre la vérité scientifique que de d’affirmer qu’elle est respectée afin d’assurer la stabilité de l’édifice social, dont la base est probablement le droit de propriété. La science est l’opium du peuple. Marx n’avait-il pas appelé son socialisme « scientifique » ?

Celui qui gagnera sera le plus fort.

Par contre, les contradictions internes d’une culture peuvent lui être fatales. La tendance du modèle anglo-saxon à la « lutte des classes » est incompatible avec ce qu’il semble entendre par « valeurs démocratiques ». De même, il ne peut pas en même temps prêcher la religion de la science et aller contre ses conclusions. La solution trouvée jusque-là a été l’hypocrisie. Elle n’est pas durable.

Complément :
  • On se méprend souvent sur le rôle de la science. Par exemple la classe ouvrière anglaise a voulu montrer à ses gouvernants qu’ils n’étaient pas cohérents avec les principes qu’ils prêchaient. On lui a répondu que c’était sans importance. THOMPSON, E.P., The Making of the English Working Class, Vintage Books USA, 1966. La particularité de la pensée anglo-saxonne est qu’elle paraît non symétrique : elle ne s’applique pas à celui qui la formule. Et Dieu créa l'Anglo-saxon.
  • La théorie économique dominante semble cohérente avec un modèle d’organisation en classes sociales. Grande illusion. Les sociétés américaines et françaises tendent à s’organiser suivant ce modèle. Parallélisme France USA. Le jeune de la classe supérieure occupe une position élevée dans l’entreprise (cf. l’Ancien régime). De ce fait il n’en connaît pas le métier. Il ne peut donc pas la développer. Il enrichit son actionnaire, et lui-même, par d’autres moyens (Le gouvernement promeut le tutorat) : réduction salariale, bulles spéculatives qui le déconnectent un instant de la réalité (Crash de 29 : mécanisme).
  • Dans le modèle du bien commun, tous ceux qui contribuent à son entretien en sont propriétaires. Governing the commons
  • Sur les fondements du modèle anglo-saxon (et notamment l’importance du droit de propriété) : Droit naturel et histoire.
  • La nature que le droit français prête à l’entreprise surprend toujours l’entrepreneur qui ne comprend pas pourquoi on lui reproche de taper dans la caisse de l’entreprise qu’il a créée. MIELLET, Dominique, RICHARD, Bertrand, Dirigeant de société : un métier à risques, Editions d'Organisation, 1995.
  • Flexisécurité : Contre la participation de Laurence Parisot.

lundi 17 novembre 2008

Énergies renouvelables anglaises

Mode du développement durable (Les énergies renouvelables à la rescousse ?) : l’Angleterre pense que l’industrie de l’énergie renouvelable va créer 160.000 emplois dans les prochaines années.

Observations de The Economist (Green pound) :
  • Le gouvernement anglais comptait créer une industrie maison de l'éolienne. Pas de chance, Allemagne, Espagne et Danemark ont pris une grosse avance (et auraient créé 133000 emplois).
  • Par contre avantage décisif anglais : toute une gamme de produits financiers autour des énergies renouvelables et des droits à polluer.

Chaque pays a ses compétences propres : l’Angleterre, c’est la finance et le laisser faire, l’Allemagne, l’ingénierie et le dirigisme intelligent.
Conséquence : d’un côté quelques financiers extrêmement fortunés, et des petits boulots qui assurent les services dont ont besoin ces élus ; de l’autre des ingénieurs et des employés ?

Sur la notion de compétence clé (pour l’entreprise) : HAMEL Gary, PRAHALAD C. K., Competing for the Future. Harvard Business School Press, Édition,1996.

lundi 22 septembre 2008

Flexisécurité portugaise

Réforme du code du travail au Portugal. Esprit : flexisécurité. J’ai dit plus bas que son principe est de dégager l’employé du risque de l’actionnaire. Ça marche très bien au Danemark. Pas l’air terrible au Portugal.
  • Difficile de mettre en œuvre de telles mesures en claquant des doigts. Elles supposent une organisation qui remet le salarié licencié en selle extrêmement vite. En effet, il y a alors tentation de licenciements massifs et le chômage étant payé quasiment au prix du salaire, l’assurance chômage peut vite se retrouver à genoux.
  • Ce qui signifie 1) un système d’incitation à la recherche d'emploi très stimulant 2) des méthodes de requalification (formation du chômeur) particulièrement efficaces, c'est-à-dire proches des besoins des entreprises qui ont le vent en poupe.
  • Je pense que la France n'a ni l'un ni l'autre.
Compléments :