vendredi 6 janvier 2012

A dangerous method

Film de David Cronenberg, 2011.

Époque où les très fortunés étaient cultivés, polyglottes et névrosés. Et où l’on créait des théories par rationalisation de son cas particulier.

Introduction à l’œuvre de Jung, Freud et Gross.

Esprit de contradiction ? Je n’aimais pas les premiers films de Cronenberg, mais je trouve qu’ils avaient quelque chose d’original – une sorte d’étrangeté malsaine – qui a disparu. Ses dernières productions semblent avoir perdu le souffle initial. Elles ont peut-être gagné un grand public ?

jeudi 5 janvier 2012

Gran Torino (bis) : la voie de la rédemption

J'ai revu Gran Torino en DVD (Clint Eastwood, 2008). Je sais que Christophe ne l'aime pas. Pour ma part, je l'ai moins vu comme une critique sociale que comme une sorte de parabole, prenant son sens au niveau individuel.

Clint Eastwood (alias Walt) y plante un vétéran de la guerre de Corée hanté par les atrocités qu'il a commises. Walt est grincheux, associal, raciste, grossier, imbuvable mais aussi mauvais père, mauvais chrétien (shocking!) et mauvais voisin. Tellement méchant qu'il en est drôle.

Mais le vieux schnock a un bon fond - on s'en doutait. Qu'est-ce qui le fait bouger, se transformer ? Son jeune voisin (d'ethnie Hmong, peuple ayant combattu aux côtés des Américains) est pris à parti par un gang. Le papie se surprend à le prendre sous son aile et à se sacrifier pour le sauver. Le vétéran habité par ses crimes se rachète.

Il y a du bon larron dans le personnage, avec son cortège de bons sentiments hollywoodiens. Tout de même, je retire trois choses du film :
  1. La violence comme protection : Extérieurement, Walt est violent (insultes, racisme, misanthropie, sans compter la carabine à portée de main). Mais c'est un mur extérieur qui protège une personne blessée, honteuse, troublée dans l'intime par son passé. Plus il refuse de changer, plus il consolide ce mur de violence, et plus il lui est difficile de changer.
  2. L'action vaut mieux que l'intention : Au lieu de trouver une rédemption facile dans la confession (il n'y avoue que des fautes mineures), il choisit de se racheter en posant un acte personnel (il se laisse assassiner pour confondre le gang).
  3. La rédemption comme voie du changement : Walt voit dans la nécessité de tirer son jeune ami des griffes du gang l'opportunité de réparer sa blessure (il ne s'est jamais pardonné d'avoir tué un jeune Chinois qui se rendait). En changeant son comportement et son rapport aux autres, il trouve rien de moins que la rédemption : il ne renoue pas vraiment avec la religion mais il se transforme sur le plan spirituel en retrouvant ses valeurs perdues.

Les marchés financiers menacés par les systèmes d’information

Les systèmes d’information qu’utilisent les marchés financiers seraient un point faible qu’exploiteraient des esprits malveillants « ayant des motifs non-économiques ».
Il est particulièrement facile de tirer les marchés vers le bas lorsqu’ils chancellent déjà, en utilisant des moyens tels que la vente à découvert, les options et les swaps. The war on terabytes
C’est curieux. Jusqu’ici je croyais que l’orthodoxie financière voulait que vente à découvert, options et swaps ne puissent jamais faire de mal, qu’il n’y avait que des idiots protectionnistes retardés (autrement dit des Européens) qui pensent le contraire… Quant aux malveillants, je les pensais le moteur même du système : n’est-ce pas ce que dit Adam Smith ? à moins qu’il ne puisse y avoir capitalisme sans égoïstes asociaux et que tout ce qui ne répond pas à cette définition le mette en danger ? 

Ce qu'Internet a changé


Henri Kaufman a raison, Internet a tout changé 
Après cette rapide présentation, entrons dans le vif du sujet. Pour ce qui me concerne, j'ai choisi de parler du changement qu'introduisent les nouvelles technologies de l'information, et plus particulièrement Internet.

Cette expression de "nouvelles technologies de l'information et de la communication" - NTIC, c'est encore mieux, ça fait branché - me fait doucement rigoler. Qu'y a-t-il de nouveau dans des technologies dont les bases remontent aux années 70? Parle-t-on encore de nouveauté pour le TGV (1981), le téléphone mobile (1997) ou l'euro (2001)? Parle-ton de nouveauté à des jeunes (la génération Y) dont les premiers moments dans la vie ont été peut-être transmis, par photo numérique interposée, dans le corps d'un email? Non, bien entendu. Alors pourquoi cette terminologie perdure-t-elle?



Europe et immigration

Il devient extrêmement compliqué d’entrer en Europe.Curieusement, c’est la très libérale Angleterre qui est la plus difficile d’accès.
Un visa pour un séjour court coûte 88€ à un Russe et 92€ à un Turc. Pour un séjour long, le prix des visas va de 390€ à un stupéfiant 875€. Une demande peut exiger deux mois pour être traitée. Always with us

Vertus culturelles de l’alcool

Bien se saouler serait une des traditions culturelles les plus raffinées de l’élite anglaise. Elle serait venue des ses universités et remonterait au 17ème siècle. Ce serait un exercice de contrôle de soi.

Aujourd’hui encore, les classes supérieures, tous sexes confondus, consomment beaucoup plus d’alcool que les pauvres. (Always with us)

mercredi 4 janvier 2012

TVA sociale (suite ou fin ?)

Du neuf sur la TVA sociale ? Il ne me semble pas : comme le disait mon premier billet sur la question, tout est une question de mise en œuvre, de « conduite du changement ». (Comment appliquer la TVA sociale ? - LeMonde.fr) On ne peut pas être pour ou contre, par principe.

M.Hollande est contre, apparemment sans justification. (Hollande "récuse" la TVA sociale et clarifie son projet fiscal - LeMonde.fr) Peut-être ne peut-il pas être pour ? Ou même serait-il défavorable à ses intérêts qu’il entre dans une explication de son point de vue ? Après tout nous sommes en période électorale, et il n’y a rien de plus dangereux, dans ces moments là, qu’un débat démocratique.

Quant à M.Sarkozy s’il ne se donne pas mieux la peine de défendre son idée, est-ce parce qu’il l’a croit libérale et pense qu’elle ne peut que déplaire au peuple ?

J’entendais dire que l’Espagne et l’Italie envisagent de réformer leurs taxis. Apparemment la rigueur passe chez elles par des mesures libérales. Faut-il en déduire que le libéralisme a le vent en poupe et qu’une fois les élections passées, il inspirera M.Sarkozy ? 

SeaFrance peut-il survivre ?

Le gouvernement semble favoriser la transformation de SeaFrance en Scop. Ce que l’on présente comme une manœuvre habile. (L'aide du Gouvernement à SeaFrance : un cadeau empoisonné pour les salariés ?) L’entreprise a-t-elle une chance de survivre ?

D’après ce que je comprends, les difficultés de SeaFrance viendraient d’une réduction de son marché (-30% de passagers en 10 ans), de la disparition du duty free, de la baisse de la livre, et peut-être de charges salariales – françaises – particulièrement élevées. (Le Figaro - Conjoncture : Gros temps pour les ferries) Il semble donc qu’il y ait un nouveau « modèle économique » à trouver. Passe-t-il seulement par une réduction de coûts ? Ou par l’innovation (la recherche de nouvelles lignes ou de nouveaux services) ?... Une petite entreprise peut-elle survivre seule dans un métier qui demande de faire d’énormes investissements et qui doit donc inspirer confiance aux banques ?

Autre question : une Scop est-elle plus facile à manœuvrer qu’une entreprise « normale » ? Pas forcément.

L’économie sociale pose des problèmes humains extrêmement compliqués. En fait, le dirigeant exécute mais ne décide pas. La stratégie et les orientations viennent du conseil d’administration, démocratiquement élu. Or, si l’on appelle ses membres des « politiques », ce n’est pas pour rien…

De surcroit, l’économie sociale n’est pas aussi durable qu’on le dit parfois. Elle est même en cours de changement. Elle est longtemps intervenue sur des niches qui n’intéressaient pas le privé. Aujourd’hui, elles tendent à être envahies par la concurrence. Si bien que l’économie sociale doit rationaliser ses procédures de travail et emprunter de plus en plus ses méthodes de management à l’entreprise privée. Ce qui demande une forme de compétences et de talents qu’elle ne possédait pas traditionnellement. Cette rationalisation s’accommode mal des relations humaines traditionnelles (un DG du secteur parle, par exemple, de « salariés militants »).

Compléments :

Les promesses de l’ombre

Film de David Cronenberg, 2007.

Quand une (gentille) anglaise rencontre la terrifiante mafia russe. Comment peut-on être russe ? se demande le film ? Réflexion sur la violence comme A history of violence ?

Première ? Un agent de l’ex KGB en héros. Signe que la Russie se transforme en une société normale, ou que ses services secrets sont encore ce qu’elle a de plus civilisé ? 

mardi 3 janvier 2012

TVA sociale (suite)

J’entends France culture dire, ce matin, que tout le monde est contre la TVA sociale.

Les syndicats : augmentation du coût de la vie ; un économiste : le problème n’est pas là, nos coûts salariaux ne pourront jamais rattraper ceux des pays émergents ; un autre économiste : le problème n’est pas là, les PME n’investissent pas.

Tout ceci, affiché péremptoirement, me semble singulièrement idiot.