jeudi 31 octobre 2013

La Bérézina de l’écotaxe

Gouvernement, Bretons et écotaxe. Eu égard à l’orientation de ce blog, il serait logique qu’il déplore le manque de savoir-faire du gouvernement en termes de conduite du changement. Pourquoi a-t-il tenté un « changement dirigé », alors qu’il aurait dû employer un « changement planifié », i.e. un changement « démocratique » ? (Un rappel sur les techniques de conduite du changement.) Mais ma pensée m’amène ailleurs.
  • Notre président, comme son prédécesseur, était-il  préparé à sa tâche ? Jusque-là, n’avait-il pas pour préoccupation unique l'élection ? Ne réalise-t-il pas maintenant la légèreté du plan qu’il avait conçu pour gouverner ? Espérons qu’il va vite apprendre son nouveau métier ?
  • Cette affaire donne aussi la France en spectacle. Et que montre-t-elle ? Chacun y poursuit son intérêt personnel, sans aucun souci de l’intérêt collectif ? Ou même de la moindre cohérence idéologique ? Raison de la situation actuelle du pays ? À force de se nourrir sur la bête, on l'a épuisée ? Serait-il temps de changer de comportement ? (Où l'on voit que ce blog, décidément, ne peut causer que de changement ?)

Bénéfices de Twitter

Je me suis mis à Twitter. Une nouvelle fois Hervé Kabla en est la cause. J’ai lu dans un de ses livres qu’il était possible d’expédier automatiquement à Twitter les annonces de la parution des billets de mon blog. Autre motivation : donner un coup de pouce aux gens sympathiques.

Pour être honnête, tout ceci n’a pas grand intérêt car très peu de gens tweetent en France. Et, moi-même, je n’ai pas le temps de le faire.

Mais il y a quelque chose que je trouve vraiment bien. C’est de recevoir un message court de quelques institutions (principalement journaux) bien choisies. Je vois ainsi des informations intéressantes, en quelque sorte hors actualité, à côté desquelles je passerais sinon.

mercredi 30 octobre 2013

Redécouvrons les mérites de la bureaucratie ?

La bureaucratie c’est le mal. Voici ce que répétaient les textes que je devais lire à l’Insead. Et pourquoi je suis surpris de tomber sur un article qui dit le contraire. Et qui vient du blog de Harvard.

Le mal de la bureaucratie, selon ce billet ? La déresponsabilisation. Mais il est facile d’y remédier.
Ce qu’il y a d’étrange, quand on y réfléchit bien, c’est qu’après des décennies de lutte contre la bureaucratie, on a abouti à des entreprises hyper bureaucratiques. Pourquoi ?

Mes parents étaient des fonctionnaires. Le sens de l’appartenance et du devoir était leur caractéristique. Il en était de même pour beaucoup d'employés des entreprises d'après guerre. Car elles étaient toutes plus ou moins paternalistes. La lutte contre la bureaucratie a été une lutte contre ces humbles. Elle a conduit à les dégoûter de leur travail. Si bien qu’on en est arrivé à une organisation faite d’ordinateurs et d’exécutants. Une bureaucratie. 

mardi 29 octobre 2013

Critique de France Musique

Quelle interprétation de Vivaldi choisir ? J'écoutais les critiques de France culture débattre du sujet, dimanche soir. Ils semblaient d'accord entre eux. Et ils ont retenu l'interprétation la plus récente. A chaque fois que je les écoute, c'est le cas.

Du coup, je me suis demandé si cela ne venait pas de ce que leurs goûts évoluent avec ceux de la communauté des musiciens professionnels, dont ils semblent très proches.

L'auto asphyxie de Wikipedia ?

(Wikipedia) pourrait être incapable d’approcher beaucoup plus de son noble objectif de rassembler tout le savoir humain. La communauté Wikipedia a construit un système et des ressources qui sont sans précédents dans l’histoire humaine. Ils se sont révélés un concurrent de poids, peut-être même mortel, pour la façon habituelle de constituer des encyclopédies. Mais cette communauté a aussi construit des barrières qui découragent les nouveaux contributeurs, nécessaires pour finir le travail. Peut-être c’était trop demander à une foule d’Internautes qui ne se connaissaient pas de démocratiser totalement la connaissance. Le Wikipedia actuel, avec sa qualité médiocre et sa mauvaise représentativité de la diversité humaine, pourrait être la meilleure encyclopédie que nous n’aurons jamais. (Article.)
Wikipedia est une communauté auto-organisée. Tout dans le fonctionnement d’une telle société dépend de sa « constitution ». De ses règles constitutives. Apparemment, elles étaient mal conçues. L’édifice est condamné. Vice de constitution ? Ou vice d’Internet ? Les affaires humaines ont besoin de liens humains, et les réseaux sociaux ne peuvent s’y substituer totalement ? 

lundi 28 octobre 2013

Déficit de la Sécurité Sociale et téléphone

Une étude d'un cabinet de conseil explique que les technologies de l'information vont éliminer le déficit de la sécurité sociale. Les "applications" de nos téléphones portables pourraient réduire le coût des soins.

Il n'y a peut-être plus que les cabinets de conseil qui croient encore que les économies se fassent par miracle. 11,5md d'économie signifie 11,5md de pertes pour quelqu'un. Et la société étant fortement interdépendante, peut être même pour nous. Perdra-t-on d'un côté ce que l'on gagnera de l'autre ? Ces applications ne risquent-elles pas surtout de donner une excuse pour ne pas soigner ceux qui en ont le plus besoin, et le moins les moyens (après tout les technologies de l'information vont s'occuper d'eux) ?...

Un tel changement ne doit-il pas être parfaitement maîtrisé pour ne pas avoir d'effets pervers ?

dimanche 27 octobre 2013

Nouvelles du monde : toujours aussi sombres...

L’Europe est obsédée par la dette de ses Etats alors que c’est la dette de ses entreprises et de ses citoyens qui est dangereuse, dit The Economist. Pendant ce temps, l’entreprise américaine joue avec les lois (et avec le feu ?). Entreprise (américaine), comment ne pas payer d’impôts ? Un montage qui permet de distribuer ce que l'on gagne est de plus en plus utilisé. C’est une association qui ressemble à un fonds d’investissement. (Ou à une expédition pirate ?) Du coup, l’entreprise est totalement dépendante du marché. (Comment peut-elle procéder à des investissements à long terme dans ces conditions ?) L’édifice dépendrait d’une interprétation habile de la loi, du bon vouloir du législateur, et de réseaux relationnels. Et la finance, c’est un casino. Une de ses activités est le « spread betting » : parier sur les mouvements des actions, entre autres.

Le Canada et l’UE ont conclu un partenariat de libre échange qui devrait établir un précédent. Il libéralise ferme, notamment les services. Faut-il s’étonner, lorsqu’un événement aussi important pour nos vies est passé sous silence, que l’on puisse craindre la prise de l’UE par les extrémistes ? En tout cas, pour la combattre, The Economist encourage les gouvernements nationaux à défendre l’UE et à affronter les eurosceptiques. L’alternative, une UE politisée, serait contre-productive.

En Allemagne, grande coalition. 80% des voix à l’assemblée. De quoi changer la constitution. L’opposition, elle, ne pourra plus se faire entendre. En France, le chemin de croix de M.Hollande est sans fin. L’affaire Léonarda montrerait « les limites du compromis ». (Tournant ?) En Angleterre, le gouvernement veut décourager l’immigration en lui rendant la vie impossible. Aux USA, un développement informatique pourrait réussir là où les Républicains ont échoué. Abattre Obamacare. Car il dépend d’un site web, qui ne parvient pas à fonctionner. (Grand classique !) En revanche, lors des prochaines négociations concernant la dette de l’Etat, une partie des Républicains est prête au compromis. Puerta Rico pourrait faire faillite.

Nouvelles encourageantes ? La BCE teste la solidité des banques européennes. Jeu dangereux. Mais « le plan de la BCE va vraisemblablement renforcer la confiance dans les banques de la périphérie ». Les fonds de pension devraient investir dans les infrastructures de transport. Ce que ne peuvent plus faire les gouvernements. Mais trop risqué. Alors, créons une banque d’investissement nationale dont les fonds achèteraient les obligations.

M.Singh, premier ministre indien, est sur le départ. Ne pouvant agir à l’intérieur il semble s’être rabattu sur la politique extérieure. Partenariats locaux visant à contrebalancer les menées chinoises. Son successeur pourrait ne plus, même, avoir cette latitude… Confirmation, Vietnam = Chine, sans son élite éclairée. Quant au Laos, désertification, pauvreté, « kleptocratie », 30% des terres vendues aux étrangers… Et « un tiers du pays toujours contaminé par des munitions américaines qui n’ont pas explosé ». (Ce qui ne le prédispose pas à écouter les voix de la démocratie ?) Aidé notamment par Zodiac, le Mexique veut acquérir des compétences de sous-traitance aéronautique. Les éditions universitaires sont en déficit. Victimes de l’augmentation des prix des journaux scientifiques, qui diminue les ressources des bibliothèques. Pour vendre en Afrique, il faut être du coin. Au Bengladesh, les conditions de travail dans l'industrie textile sont toujours aussi mauvaises. Mais, baisse des prix et manque d’investissement font qu’on ne peut pas les améliorer.

Élever un enfant ? Mission impossible aux USA. Le gamin y est intraitable. Mais on vient de découvrir une contre-mesure. Il est totalement dépendant des jeux électroniques. Il suffit donc de leur faire dire ce qui est bon pour la santé. Pierre Omydiar d’eBay utilise son argent pour construire notre monde selon son goût. Biographie de M.Bush. Son mauvais génie fut M.Cheney. Mais, il est parvenu à s’en débarrasser en fin de mandat. (Je note que ce que j’avais cru comprendre à l’époque est assez près de cette analyse.)

Education par l'échec?

L'autre jour, j'entendais une interview du pianiste russe Daniil Trifonov, par France Musique. Il expliquait qu'à 5 ans, il était venu au piano par la composition. Il parlait de l'enfant qu'il était comme d'un adulte.

Je me suis demandé s'il n'y avait pas là une question culturelle. Sa famille l'a immédiatement considéré comme un génie. C'aurait été inconcevable en France. Nous pensons que l'enfant est un demeuré mental, auquel il faudra des décennies pour devenir responsable. Et encore.

Pas étonnant que nous consommons autant d'antidépresseurs? Nous subissons une éducation par l'échec? Je me suis interrogé.

samedi 26 octobre 2013

Les hommes politiques disjonctent ?

Même spectacle aux USA et en France. Pugilats entre hommes politiques. Je me demande si l’art premier du politique n’est pas la lutte fratricide. Et si, ayant été déserté par toute idée, il ne se ramène pas, en ce moment, à la seule chose qu’il sache faire. Le sociologue Robert Merton aurait appelé cela du « ritualisme ».

Qu'est-ce que l'accompagnement du changement?

Passer du comment au pourquoi, et aider l'opérationnel à construire un comment qu'il sait mettre en oeuvre. Voici comment je définis l'accompagnement du changement.

L'accompagnement du changement est rendu nécessaire par le type de conduite du changement pratiqué par l'entreprise. Il est dit "dirigé" ou de haut en bas. Du coup, faute d'information, il ne peut tenir compte de la complexité de l'entreprise. Ce qui conduit à ce que sa mise en oeuvre coince par endroits. Ce que l'on appelle "résistance au changement". Il faut donc mettre de l'huile dans les blocages, au cas par cas. (Le "cas" se manifestant souvent comme une crise plus ou moins grave, selon le temps que l'on a mis pour la détecter.)