vendredi 2 octobre 2015
Le marché moteur à inégalités
dimanche 19 janvier 2014
Notre avenir selon The Economist : Dickens ou Kafka ?
mardi 5 novembre 2013
Insead, proie et ombre
A note for English speakers.
As Insead new dean elects to stay in Singapour, this post looks at a paradox. Insead has been founded as the MBA for Europeans. An extraordinary success has ensued. Recently it has chosen to be “the business school for the world”. Since then it has been taken over by European schools that have stuck to their roots. Insead’s future is worrying. It has left a large and rich market for a non existent one. This post makes an assumption. Insead’s problem comes from its professors. Insead has tried to recruit US academics. For obvious reasons it could only get second tier people. (To know Ben Bernanke is the current dean’s apparent main feat of arm…). While Insead should have made its teaching staff in its image, the opposite has happened.
L'INStitut Européen d'ADministration des affaires fut une innovation. C'était une adaptation du concept de MBA à l'Europe. En fait, c'était une sorte d'executive MBA. Autrement dit un MBA court pour cadre ayant déjà une grosse expérience. En effet, en France et en Allemagne, le cadre est généralement Bac + 5, voire plus (docteurs allemands, corps de polytechnique...), alors qu'il est Bac + 3 aux USA. Succès remarquable. L'Insead a longtemps été LE MBA européen. On y venait, j'ai eu cette impression, lorsque l'on était intéressé par l'Europe. Par exemple certains élèves Japonais avaient préféré l'Insead à Harvard parce qu'ils comptaient mener une carrière en Europe (ou, du moins, leur employeur avait formulé ce projet pour eux).
Puis, changement. L'Insead devient "the business school for the world". Que cela signifiait-il ? Que l'Europe était finie ? Que l'avenir était à la globalisation et à l'Asie ? Ce faisant n'a-t-il pas lâché la proie pour l'ombre ? N'a-t-il pas délaissé un marché, peut-être ringard, mais qui lui était acquis, pour un autre, pour lequel la pâle copie de Harvard qu'il est n'a aucun intérêt, et qui d'ailleurs tend à ne prendre de la globalisation que ce qui l'intéresse ? L'Insead a lâché l'Europe pour Singapour ? Ne s'est-il pas fait voler sa place par des écoles qui n'ont pas eu son complexe de supériorité, et qui se sont adaptées sans renier leurs racines, comme HEC, l'ESSEC, l'IMD, l'IESE ?
Simple erreur stratégique ? Ce qui nous frappait, mes camarades et moi, lorsque nous étudions à l'Insead était le décalage entre le niveau des élèves et celui des enseignants. Les premiers étaient issus des universités d'élite, les seconds étaient, dans le monde des MBA, de division d'honneur. Et si le vice de fabrique de l'Insead avait été son incapacité à construire un corps professoral qui corresponde à son positionnement ? Et si c'était ce corps professoral qui avait mené le changement, en cherchant un terrain sur lequel ses caractéristiques aient été un avantage, alors que c'était lui qui aurait du se réformer ?...
jeudi 26 janvier 2012
MBA Management, Risques et Contrôle de Dauphine
Le MBA vise des personnes qui souhaitent :
- Prendre du recul par rapport à leur quotidien,
- Évoluer à l’intérieur ou à l’extérieur de leur entreprise,
- Bénéficier d’un encadrement de qualité dans une Université réputée,
- Bénéficier d’une connaissance de l’état de l’art en termes de management des performances, développant les leviers de contrôle des risques, les leviers d’apprentissage et la dimension éthique, en plus des approches classiques sur le sujet,
La formation s’adresse à ceux qui managent et à ceux qui construisent les dispositifs permettant à ces managers d’avoir les commandes. site http://www.mba-controle.fr/.
- Se poser les bonnes questions en fonction de chaque contexte organisationnel.
- Il est suivi par des gens qui, généralement, se sont distingués dans leur carrière, et qui cherchent un diplôme complémentaire pour accompagner un nouveau grade. Or, bien souvent, ils doivent leur promotion à un « exploit ». Et cet exploit est un changement. (Mais ils ne s’en sont pas toujours rendu compte.)
- En outre, je crois qu’on en revient ici à la mission initiale du MBA (américain) : apporter les connaissances qui manquent à une personne qui a donné des preuves de son potentiel exceptionnel de management. Le MBA moderne est devenu une copie de l’ENA : il propulse des intellectuels au sommet de l’entreprise.
jeudi 13 octobre 2011
MBA internationaux
mardi 22 février 2011
Êtes-vous un entrepreneur ?
mardi 7 décembre 2010
MBA intelligent
samedi 30 octobre 2010
Risques psychosociaux et entreprise
- Le « manque de reconnaissance » du travail effectué favorise le « trouble psychique ». Si ce que l’on fait semble absurde, le moindre imprévu – qui n’a peut-être rien d’anormal ! - provoque une souffrance. (Paradoxe : ce qui ferait souffrir ne serait pas le travail en lui-même, mais la perception que l’on en a !) Il faut « donner du sens au travail ».
- On retrouve du sens, de la « fierté », un « sentiment d’appartenance », quand on prend conscience de « l’importance sociale » de son travail. Il est aussi utile de permettre aux « salariés de définir collectivement ce qu’est le travail « bien fait » et de donner un sens positif aux différentes activités réalisées. »
- La « reconnaissance » vient d'abord de ses pairs. Aussi, posséder un « métier », un corpus de règles qui expliquent comment résoudre les problèmes que pose sa tâche, et le sentiment d'avoir une mission reconnue, rend imperméable à l'aléa. Mais il n'y a pas de « métier » si tout le monde ne lui appartient pas.
- La rupture du contrat moral implicite qui récompensait l’engagement personnel exceptionnel par une « carrière » a lui aussi créé un sentiment d’injustice, qui a fragilisé l’employé. La carrière doit renaître.
- Si le management n’a pas le même point de vue que l’employé sur ce que signifie bien faire son travail, il y a sentiment d’injustice. Il faut « associer les agents à la définition des projets de changement ».
- Il faut « réfléchir aux asymétries de pouvoir », les dysfonctionnements s’accumulent chez certains, qui en sont accusés alors qu’ils n’en sont pas responsables et qu’ils ne peuvent rien y faire. Ce qui passe par une reconception collective des processus de travail, afin d’éliminer de tels dysfonctionnements, et la « recherche d’autonomie collective ».
- Dans le même esprit, l’entreprise doit collectivement chercher une différenciation de son offre qui l’éloigne du stress d’une concurrence débilitante ; et des « solutions collectives » aux « difficultés dans le travail », notamment par des « espaces de régulation et de discussion », qui permettent apprentissage du métier, « performance collective » et règlement à l’amiable de conflits.
- Par où démarrer la réforme de l’entreprise ? « Une évaluation quantitative à l’aide d’échelles de mesure validées et intégrant les aspects organisationnels permet de dresser une première cartographie ; d’effectuer des comparaisons dans le temps et entre services afin de mieux détecter les facteurs de stress ou de protection et de convaincre les différents partenaires sociaux d’agir. Un comité de pilotage associant direction, médecin du travail, salariés et représentants syndicaux est alors chargée de poser un diagnostic et de proposer des réponses. » Mais surtout il faut « initier une démarche de détection et de résolution de problèmes « par le bas », au plus près du terrain et donc de la connaissance pratique des difficultés rencontrées ».
- Ce qui est décrit ici correspond quasiment point pour point au propos de mes livres. Or, je ne parle pas de santé mais de changements. Et ils sont vus de la perspective du patron. Ma rationalité est exclusivement économique. L’optimum économique serait-il un optimum humain, comme le disaient mes anciens, et vénérables, associés ?
vendredi 24 septembre 2010
Le diplôme ne prédit pas la performance
- Les sociologues ont montré que le principal critère entrant dans un recrutement n'était pas la performance, mais une culture partagée. Le diplôme serait-il une marque qui indique que le candidat a la bonne culture (celle des ses pairs), qu'il est de bonne compagnie ?
- L’armée a une façon intéressante de sélectionner ses généraux : ses officiers qui démontrent le plus grand potentiel sont envoyés à l’école de guerre. Traditionnellement c’était aussi le principe du MBA américain, qui apportait un complément de formation nécessaire au manager que son talent faisait accéder à une direction générale. Le diplôme reconnaissait une compétence, il n’était pas supposé la créer.
mardi 21 septembre 2010
Insead indien
dimanche 31 janvier 2010
Insead
J’ai cru comprendre que l’Insead cherchait un doyen qui soit un « citoyen du monde ». C’est curieux. Initialement l’INStitut Européen d’Administration avait pour objet la formation des managers dont aurait besoin l’Europe qui venait de signer le traité de Rome.
La formule était originale : un MBA d’un an (mieux adapté aux Bac + 5 d’Europe continentale que les 2 ans des MBA américains qui visent des Bac + 3), cours en 3 langues (Français, Anglais, Allemand), ouvert à des élèves expérimentés. L'école est vite jugée comme l’un des meilleurs MBA mondiaux. Exploit à retenir dans les annales du marketing, qui dit la quasi impossibilité d’entrer sur un marché dominé par le capital de marque d’entreprises telles que Harvard. Sauf lorsque, comme pour l’Insead, on a un positionnement original.
Puis, progressivement, les 3 langues ont été remplacées par l’Américain, l’âge d’entrée s’est abaissé, les promotions ont enflé (70 au début, près de 500 aujourd’hui), l’Insead a ouvert des établissements ailleurs dans le monde (d’abord à Singapour), une alliance s’est faite avec Wharton. L’Insead est devenue la World business school (aucun rapport avec la World company des guignols de l’info).
Comment interpréter ce changement ?
- Mise en oeuvre impeccable d'une vision selon laquelle l’Europe n'est plus rien, l'avenir est à une globalisation américaine tirée par l’Asie ?
- Parallèle avec Vivendi : transformation d’une entreprise solidement protégée en un groupe ouvert à tous les vents, ayant pour vision d’être le plus gros, pour stratégie d’être un suiveur, et pour mission de satisfaire l’ego de ses dirigeants ?
Compléments :
- Un professeur de l’Insead révèle leur arriération à des anciens élèves français : L’économie n’est pas une science.
- En termes de marketing on notera aussi la primauté du marketing sur la qualité du produit, médiocre en ce qui concerne l'Insead.
lundi 28 septembre 2009
Changement et MBA
Les MBA traversent, comme les collaborateurs après guerre, un moment difficile. À chaque crise, à chaque scandale, on découvre que le gros des bataillons des coupables vient de chez eux, et que leurs enseignants ont porté aux nues les pratiques et les théories qui révulsent les foules.
The Economist, fort intelligemment à mon avis, leur donne ce conseil :
Business schools need to make more room for people who are willing to bite the hands that feed them: to prick business bubbles, expose management fads and generally rough up the most feted managers. Kings once employed jesters to bring them down to earth. It’s time for business schools to do likewise.
Belle idée mais changement compliqué. Je doute que les enseignants actuels de MBA puissent se transformer en Galilée ou en Pasteur du management. Savent-ils faire autre chose que gagner énormément d’argent en louant ceux qui connaissent un moment de gloire, en les appelant des leaders, et en nous enjoignant de les singer ? D’ailleurs ont-ils la moindre idée de ce que signifie science ?
Ce qui m’amène aussi à me demander si le sort piteux de la recherche en management ne doit pas nous rendre prudent quant à une excessive dépendance de la recherche, en général, vis-à-vis de financements privés.
Compléments :
- Autres doute sur la dépendance entre science et entreprise : OGM, science et démocratie.
dimanche 28 juin 2009
MBA éthiques ?
Forswearing greed montre des diplômés du MBA de Harvard qui prêtent serment (notamment) de se garder des « décisions et comportements qui puissent favoriser leur étroite ambition mais nuisent à l’entreprise et aux sociétés qu’elle sert ».
Qu'un MBA parle d'éthique n'est-ce pas de l'hypocrisie ? S’interroge l’auteur.
Une autre interprétation. Le prophète des Anglo-saxons est Adam Smith. Cet homme affirme qu'en suivant son « étroite ambition » l'individu fait indirectement le bien social. Et si l'Anglo-saxon doutait de son prophète ? S'il se mettait à soupçonner que la société et les conseils qu'elle lui donne, sa morale, pourraient être bons pour ses affaires ?
dimanche 23 novembre 2008
Idéologie et crise
Cela voudrait-il dire que les gourous de l’économie et des sciences du management, qui nous enjoignaient de ne pas garder d’argent dans l’entreprise avaient tort ? Certainement, mais ce n’est pas si grave que cela, conclut The Economist :
Rash though some of them seem today, the Western management fad of the past 30 years improved productivity (one years’s outperformance doesn’t prove the Japanese model was right).Humour ? Que pensent les entreprises victimes des « management fads » ? Et leurs personnels ? Nous sommes à la rue, mais nous avons fait de beaux gains de productivité ?
Pangloss disait quelquefois à Candide : Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles; car enfin si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de mademoiselle Cunégonde, si vous n’aviez pas été mis à l’inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches.Les générations de nos grands parents manquaient de cet humour : elles estimaient que c’était de tels incidents qui avaient déstabilisé l’Allemagne. D’où guerre mondiale.
Mais peut-être ai-je tort. Et si, effectivement, les dernière années avaient été exceptionnellement fastes pour certains ? J’ai entendu dire qu’elles auraient massivement profité à un petit pourcentage de la population américaine, le reste s’enrichissant à crédit. Ce petit pourcentage lirait-il The Economist ?
Compléments :
- Sur le danger de manquer de cash : Crise : que faire ? rendre l’entreprise flexible.
- Effectivement l’enseignement de l’Insead, il y a 15 ans déjà, affirmait que l’entreprise devait se débarrasser de ses réserves et se concentrer sur ce qu’elle savait le mieux faire. Le marché était plus compétent qu’elle. À lui de gérer ses ressources. La caractéristique de l’enseignement de MBA c’est d’être idéologique, non scientifique. Et encore moins basé sur l’expérience.
