mardi 3 janvier 2012

TVA sociale

 
Que penser de la « TVA sociale », renommée « anti délocalisation » ?

Initialement le système de sécurité sociale était une forme d’assurance pour l’employé. Aujourd’hui la sécurité sociale sert essentiellement à rembourser des frais de santé, qui sont pour une part de confort. En outre elle indemnise aussi des inactifs. (Voir Réforme des systèmes de santé.)

Il paraît donc logique de modifier l’assiette de prélèvement, d’autant plus que le coût des cotisations de sécurité sociale semblent désavantager massivement l’entreprise française (cf. graphique, qui vient de wikipedia).

Mais pourquoi la TVA et pas un impôt ?

La TVA fait baisser les coûts des entreprises françaises et augmente les prix de leurs concurrents, et ce à un moment où le crédit est difficile à trouver. On stimule l'économie pour pas un kopeck. Brillant ?

Beaucoup dépendra du comportement des dites entreprises. Vont-elles utiliser les économies faites pour investir ou pour embaucher ? ou pour s’enrichir - ce qui semble leur tendance actuelle ?

Comme le répète ce blog, le changement laissé à lui-même tend à donner l’inverse de ce que l’on en attendait. L'art de la conduite du changement, c'est le contrôle. Le gouvernement aurait probablement intérêt à définir clairement ses objectifs et à négocier avec les acteurs concernés un accord qui l’assure de l’atteinte de ce qu’il cherche, et qu’ils aient intérêt à appliquer. 

Changement en Palestine.

Les Palestiniens vont-ils s’unir et se rapprocher de l’Égypte ?

La tentative de reconnaissance par l’ONU faite par le Fatah a résulté en une forme de sanctions économiques, qui poussent le Fatah à se rapprocher du Hamas, qui, lui, est prospère. Le Hamas s’éloignerait de l’Iran et de ses alliés pour rejoindre les Frères musulmans égyptiens. (Rivals who may need each other)

Vers un Moyen-Orient soudé par un Islam (relativement) modéré mais ferme dans ses principes ?

Compléments :

Le Départ

Film de Jerzy Skolimowski, 1967.

C’est la nouvelle vague. Rien de plus daté. Ça se veut poétique, léger et déconstruit, et Jean-Pierre Léaud s’applique à caricaturer Jean-Pierre Léaud. J’imagine qu’il devait y avoir une théorie admirable derrière tout cela. En tout cas elle était partagée : le film a reçu l’ours d’or de Berlin.

Plus curieusement, Jean-Pierre Léaud m’a fait penser au Louis Garrel de Dans Paris, de Christophe Honoré. Les codes de la nouvelle vague seraient-ils toujours en vogue chez les réalisateurs ? (Il semble que j’ai vu juste : Jean-Pierre Léaud est le parrain de Louis Garrel.)

lundi 2 janvier 2012

Le chirurgien distrait par Internet ?

Danger ? Le personnel hospitalier serait-il distrait (comme nous tous) par les réseaux sociaux pendant qu’il travaille (opère) ? (Le "cauchemar numérique" hante les hôpitaux - LeMonde.fr)

D’ailleurs la question ne se pose-t-elle pas aussi pour d’autres occupations à haut risque ?

Démonstration que l’innovation nécessite un « accompagnement du changement » ? L’homme n’est pas naturellement prêt à la nouveauté, et a besoin d’un apprentissage pour en tirer le meilleur ? D’autant plus que le « marché » tend à exploiter nos faiblesses (par exemple notre amour des graisses ou du sucre) ?

Changement en Irak

Les Américains partent, le gouvernement irakien se dispute, les attentats se multiplient et l’Iran cherche à prendre pied dans un pays religieusement ami. (Sovereignty without security) L’Irak va-t-il imploser ?

Pour le moment, j’ai l’impression que Kurdes, Sunnites et Chiites, tendances religieuses et (plus) laïques semblent chercher à évaluer leurs forces respectives. Leurs très puissants voisins doivent aussi se demander quel parti ils peuvent tirer de la situation. Phase d’expérimentation ? Rien ne va plus ?

Durkheim et la transformation de notre société

Je n’avais pas bien lu La division du travail social de Durkheim. Son idée est la suivante :
  • Suivant Adam Smith, il y explique que la société moderne est caractérisée par la spécialisation. Si bien que nous sommes tous « organiquement » dépendants les uns des autres.
  • Fin de l’organisation sociale ancienne. Dans laquelle l’homme devait tout à une communauté particulière. Mieux : son histoire ne compte plus, il est avant tout membre d’un réseau.
Ce que je n’avais pas vu est que, s’il en est ainsi, cela élimine les sujets de conflit tels que nationalisme, identité nationale, FN ou immigration.

Est-ce que bien des problèmes actuels ne viendraient pas de ce que certains ont pris cette idée trop au pied de la lettre, et ignorent l'importance de la communauté et du lien social, et que d'autres n'ont pas compris le mouvement des siècles et s'accrochent à une organisation sociale dépassée ?

Compléments :
  • L’idée vient de NOIRIEL, Gérard, Le creuset français, Seuil, 2006.
  • Norbert Elias tente une démonstration pratique de la thèse de Durkheim.
  • Toute la pensée allemande d’avant guerre est l’antithèse de cette idée : elle défend la communauté contre les assauts de la « société » basée sur le contrat. (cf. par exemple, TONNIES Ferdinand, Community and Society, Transaction publishers, 1988.)

dimanche 1 janvier 2012

L’Espagne change ?

On n’entend guère parler du nouveau gouvernement espagnol. Que fait-il ?

The Economist, publié avant les déclarations du gouvernement espagnol, ne voit rien de renversant dans son programme. Objectif, redoutable : 30md€ de réduction de dettes, en un an. Le dit gouvernement ne veut pas augmenter les impôts. Il espère se tirer d’affaire par une réforme du code du travail et en amenant à la raison les régions espagnoles, qui ont la responsabilité du budget de la santé et de l’éducation. Mais aussi en établissant des relations cordiales avec Angela Merkel… (It’s off to work he goes)

Depuis, il y a eu un peu de nouveau : le gouvernement espagnol annonce une augmentation des impôts des plus riches. Il compte gagner 6md€ (sur deux ans ?).

Preuve qu'il n'est pas dogmatique ? Bonne nouvelle ?

Changement en Corée du Nord

La Corée du nord va-t-elle survivre à son changement de dirigeant ?
  • Pour. Un mécanisme de parasitisme de l’économie mondiale qui a fait ses preuves (il repose sur une sorte de chantage). Une structure sociale relativement solide, un endoctrinement efficace. Surtout : aucun autre pays n’a intérêt à une dislocation de la Corée du Nord.
  • Contre. Un dirigeant faible. Le marché mondial et la tentation à laquelle il soumet toute structure sociale.
Compléments :

BCE de dernier ressort

Il se confirme que la BCE est devenue un prêteur de dernier ressort.

Elle a prêté 489md€ (!), à 1% sur trois ans, aux banques européennes, en espérant qu’elles investiraient dans la dette européenne, et éventuellement dans l’économie. Pour le moment ça ne marche pas, mais ça a au moins évité au système financier de jouer les dominos. (Hose and dry)

Quant à l’Allemagne, cette attitude ne semble pas heurter sa rigoureuse morale. 

Cercle du changement

La rédaction de ce blog s'étend. Idée ? Ouvrir ses « colonnes » à des spécialistes d'un type de changement particulier. Comme dans un journal traditionnel, chacun possède sa rubrique. Et, comme Les Inrocks, ou The Economist, ce « journal » a un esprit propre.