samedi 3 septembre 2011

Faire payer les banques

La justice américaine veut faire payer les banques internationales pour le drame des subprimes. (U.S. Said to Be Ready to Sue Banks Over Mortgages - NYTimes.com)

Faut-il s’en réjouir ? Depuis ses origines (La finance mondiale mord la poussière), ce blog a remarqué qu’il y avait eu un curieux déséquilibre : en quelques décennies le système financier a acquis une part énorme des bénéfices réalisés par les entreprises. Ces sanctions vont peut être permettre de ramener un équilibre plus sain.

D’un autre côté, la fragilité des banques semble angoisser les marchés financiers. Il se trouve d’ailleurs que parmi les accusés, il y a la Société Générale, qui semble une sorte de maillon faible européen. Ces poursuites pourraient-elles déclencher un « Armageddon » financier ? 

Une efficace conduite du changement ne se fait pas par décrets ?

Le Parisien comme guide

5 minutes d’avance à un rendez-vous. Deux couples de touristes ont le temps de me demander leur route.

J’ai un mode de repérage qui fait que je surcharge aussi peu que possible mon esprit d’informations inutiles. Je ne me perds pas, mais j’ai bien des difficultés à indiquer une route, y compris dans mon quartier. Il va falloir que tout ceci change, et que je me forme au renseignement. D’ailleurs, il me semble que tout Parisien devrait faire de même.

Pendant longtemps j’ai pensé le contraire. N’était-il pas honteux que le tourisme profite plus à certains (Bernard Arnault par exemple) qu’à d’autres (moi) ? Ces derniers ne mériteraient-ils pas d’être dédommagés des externalités négatives qu’ils subissent (métro surchargé, bousculades…) ?

Mais c’est agréable d'être utile. Et puis, se sentir entouré d’amis est bon pour la santé, comme le dit un billet précédent.

Compléments :
  • Finalement, on optimise mieux sa fonction d’utilité en donnant qu’en recevant ? À quoi ressemble une théorie économique basée sur le don ?
  • Aristote (Ethique à Nicomaque) fait de la générosité une des vertus morales. Mais il semblerait qu'il n'ait pas prévu mon cas : n'est généreux que celui qui donne un bien matériel (tout ce dont la valeur se mesure en monnaie)...

vendredi 2 septembre 2011

Des bénéfices d’une faible croissance

Le freinage actuel de l’économie allemande pourrait être un bien. Il éliminerait les sources de tensions au sein de la zone euro, et lui permettrait de se reconstruire relativement facilement.

Pour cela, oublions les euro-obligations pas simples à mettre en œuvre, et établissons des règles de bonne gestion. Et réfléchissons à comment faire croître la zone euro. Voici ce que disent deux éminents économistes. (Why a slowdown in Germany could be good for Europe | vox)

Agressif Chinois

Cosco est un gros armateur chinois. Il y a quelques années, il a conclu des contrats de location, élevés par rapport à ce qui se fait aujourd’hui. Il a décidé de ne plus respecter ses engagements. (Can pay, won’t)

C’est étrange. La culture chinoise a la réputation d’être parvenue aux extrêmes de la subtilité et du raffinement, et pourtant le Chinois moderne se comporte comme le pire des rustres. Et de surcroît en opposition avec ce que prêchent Confucianisme et Taoïsme.

D’où cela vient-il ? Gros lourdaud, incapable de se tirer des pièges dans lesquels il s’est mis ? Interprétation fautive des règles du jeu occidental ? La Chine se comporte comme elle croit que l’Occident le fait ? Ou modèle de Kurt Lewin, qui dit que l’individu qui est à l’extérieur d’un groupe ne voit qu’une caricature de ses règles ?

Compléments :

Justice américaine

Amérique. Trois condamnés (à mort pour l’un d’entre eux) sont relâchés après 18 ans de captivité. Les preuves de leur crime manquaient.
Il semble que l’ambition soit à l’origine du cas. En Arkansas, les procureurs, les juges et le parquet sont élus. Leurs promesses électorales de combattre le crime se traduisent souvent par un traitement désinvolte ou injuste des accusés. (Suddenly, they’re free)
L’Amérique est une belle démocratie ?

jeudi 1 septembre 2011

PDG contre encadrement

Une enquête faite par The Economist Intelligence Unit (…) a trouvé que beaucoup (de dirigeants) étaient convaincus que leurs paroles et leurs actions étaient la clé de la motivation de leurs employés. Cependant, quand la même enquête a demandé aux employés ce qu’ils pensaient, la plupart a répondu que c’était leur relation avec leur encadrement direct qui comptait. In praise of David Brent
Depuis une vingtaine d’années, au moins, on observe un mouvement de balancier régulier.

À certaines périodes les dirigeants nous expliquent qu’ils sont tout, et que l’encadrement intermédiaire est le mal. Il faut éliminer la « bureaucratie ». Ils peuvent ainsi alimenter leur bonus avec les salaires supprimés.

Puis, on se rend compte que le dirigeant n’est pas aussi utile qu’il le dit, et qu’il est désastreux de se passer des cadres de terrain.

Compléments :
  • Précédent passage de balancier : HUY, Quy Nguyen, In praise of middle managers, Harvard Business Review, Septembre 2001.
  • Forme de suite du billet précédent...

Pourquoi le PDG est-il payé ?

« Ces sociétés font en moyenne 1,9md$ de bénéfice (mais reçoivent en moyenne) 400m$ en crédit d’impôts ».

Le taux d'imposition des entreprises américaines serait élevé, mais elles y échapperaient par un usage habile des niches fiscales. Les auteurs de l’étude estiment d’ailleurs que les PDG ne sont pas recrutés et récompensés pour l’innovation qu’ils apportent à leur entreprise, mais pour les impôts qu’ils leur permettent d’éviter. (Where Pay for Chief Executives Tops the Company Tax Burden - NYTimes.com)

Parasitisme social, moteur de l’entreprise ?

Apprendre l’anglais

Les Anglo-saxons ont une curieuse façon de parler les langues étrangères. Ils ne semblent pas s’intéresser à leur complexité, mais cherchent surtout à faire comprendre leurs besoins matériels. Biais de colonisateur ? (Ou de boutiquier ?)

J’ai remarqué que le Français commençait à faire de même. Les managers que je rencontre massacrent l’Anglais avec de moins en moins de complexes. Et ils semblent être compris.

L’Anglais serait-il avant tout une langue utilitaire, qui s’adapte aux désirs des puissants ? 

mercredi 31 août 2011

Nouvelles du mois

Crise et atermoiements :
Élection en France, et grandes manœuvres.
Élection aux USA : Anti-Obama, Peu performant Obama ?

Révolutions 
Entreprises, affrontements et innovations
Évolutions sociales
Le coin des sciences

Systemic Cameron ?

En termes de déficit, la situation de l’Angleterre est légèrement plus mauvaise que celle de l’Espagne. Sa croissance est identique, et son inflation atteint 4,4%.

Il y a peu elle payait ses emprunts au même taux que l’Espagne. Dorénavant, elle est vue comme un des pays les plus sûrs du monde. Elle est triple A, et, contrairement à la France pourtant dans une bien meilleure situation qu’elle, personne ne songe à lui disputer sa note. En fait, eu égard à son inflation élevée, elle emprunte à un taux nettement négatif…

Ça n’aide pas son économie : ses entreprises ont amassé un argent qu’elles ne veulent pas dépenser. Mais ça permet à son État de se désendetter, en renouvelant sa dette par une dette moins chère. (Whatever floats your boat)

Ce qui m’amène à penser que j’ai eu tort. La politique de D.Cameron est beaucoup plus intelligente que ce que dit ce blog :

Ses réformes condensent toutes les erreurs que l’on peut commettre en termes de conduite du changement. Et les premiers résultats obtenus sont pires qu’on aurait pu le craindre. Mais elles ont convaincu les marchés que l’Angleterre était un pays sérieux.

Parallèle avec la crise du sud est asiatique en 1997 ? Alors, on a fait la volonté des marchés (rigueur), le contraire de ce qui était bon pour les pays concernés. On a jugulé la crise, mais la région en est sortie exsangue. Ne voulant plus connaître cette situation, elle a accumulé d’énormes réserves… (D'où déséquilibre et crise ?)

Compléments :
  • KRUGMAN, Paul, The Return of Depression Economics, Princeton 1999.
  • Si l'on poursuit la logique de ce billet, il semblerait que les marchés financiers poussent naturellement à un repli sur soi des nations, c'est-à-dire soient leurs propres ennemis... La finance internationale serait-elle naturellement instable ?
  • Pourquoi nos banques souffrent-elles ? Début du parallèle avec la crise asiatique.