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dimanche 15 septembre 2013

Poutine sauve Obama

M.Poutine sauve M.Obama
Pour redonner une place à son pays dans le monde, M.Poutine aurait sauvé la face de M.Obama (accessoirement de MM.Hollande et Cameron), en proposant une solution à la crise syrienne. Mais, la mise en œuvre du plan de M.Poutine paraît impossible. En ce qui concerne l’Europe, Mme Merkel est aimée de son peuple et haïe par le reste de l’Europe. Elle a une curieuse stratégie. Pour prendre des voix à ses adversaires elle leur emprunte leurs idées. Si bien qu’elle tend à faire une politique de gauche. Bizarrement aussi, The Economist reproche à M.Hollande ce qu’il apprécie chez Mme Merkel : dans le doute, il avance à petits pas. En Angleterre, M.Milliband est toujours aussi confus. Quant à l’UE « elle compte encore ». Par sa nature même, c'est un poids lourd de la politique internationale. Ses sanctions frappent, son opinion est respectée, on cherche son appui. Encore faudrait-il qu’elle parvienne à mobiliser cette force. Le problème de la Norvège est sa richesse. Qui vient du pétrole. Les salaires augmentent et son économie n’est plus concurrentielle. Et elle doit gérer un fonds de bientôt 1100md$, qui « possède en moyenne 2,5% de toutes les sociétés européennes cotées. »

L’entreprise américaine, combattante de la cause nationale
Les espions américains auraient infiltré Internet et les produits que vendent les entreprises de leur pays. Ce qui est ennuyeux. Les failles qu’ils ont installées un peu partout sont d’un grand intérêt pour les criminels. Surtout, cela jette un discrédit sur les entreprises américaines (« qui favorisent la dissémination de la culture et des valeurs américaines »). Peut-être serait-il sage de leur monter des concurrents ? L’Europe est maintenant en retard dans le domaine de la téléphonie mobile (4G). Ses entreprises n’ont pas les moyens d’investir dans de nouvelles technologies. Parmi les solutions envisagées : unifier le marché européen ; réduire la concurrence nationale (le contraire ce qu’a fait la France ?). Ce qui pourrait conduire à une forte augmentation des prix.

La croissance est bonne pour la biodiversité
The Economist conclut, ce qui ne surprendra personne, que la croissance est bonne pour la biodiversité. A condition, toutefois, qu’elle soit réglementée par les pouvoirs publics. A lire cet article, on peut se demander si la biodiversité n’est pas un concept de repus. Les pauvres et les nouveaux colonisateurs, qu’ils viennent de notre culture ou d’autres, et quelle que soit leur espèce, commencent par tout détruire sur leur passage. Puis la nature s’adapte, et un équilibre s’installe.

La France, éternelle perdante
Chronique d’un livre sur la peur de l’inflation en Allemagne. « Histoire d’une mauvaise gestion financière. » Qui vient de ce que « les vainqueurs (de la guerre de 14) ont écrit l’histoire et les conditions de la paix ». Un livre qui « fait attention de ne faire de reproche à personne – sinon peut-être aux Français ». Car s’il y a un vaincu de l’histoire, c’est bien la France. Autres livres, sur le cancer. « le cancer est une conséquence inévitable de la multicellularité. » Nos cellules doivent se multiplier jusqu’à un certain point. Malheureusement, le mécanisme de blocage s’use. La science n’a pas encore trouvé comment traiter la question. En attendant, le plus efficace est une bonne hygiène de vie. 

dimanche 19 décembre 2010

Premier geste du changement

Le changement présente un risque majeur. Le cancer.

Le changement peut être pris pour un signal, par chacun, qu’il doit attaquer l’intérêt collectif. La maladie n’est pas volontaire. Chacun se protège en se débarrassant de ce qui le gène chez les autres. Or, ceux-ci son moins bien équipés que l’expéditeur pour les traiter. Et ils représentent des organes vitaux de l’organisation. S’ils crèvent, la société les suit.

Le geste qui sauve ? Montrer (plutôt que dire) que la règle du jeu est l’entraide. Identifier les problèmes majeurs, et aider à construire le processus collectif qui permettra de les résoudre. Surtout, être vigilant.

En cas de restructuration ? Si sa survie le demande, le groupe peut aider certains de ses membres à jouer leur rôle d’individu responsable et solidaire, qui les amènera à retrouver un emploi ailleurs. Il aura ainsi évité le cancer.

dimanche 28 novembre 2010

Dilemme du prisonnier

J’explique habituellement que le changement ordinaire provoque le « dilemme du prisonnier ». Il casse les règles de coordinations entre individus et les amène à décider en fonction de leur seul intérêt.

L’expression vient de la théorie des jeux. Elle montre deux garnements qui ont fait un mauvais coup. Ils sont interrogés par la police. Si aucun ne parle, ils s’en tirent bien. Or, leur intérêt individuel est d’avouer. Résultat : prison.

En fait, je crois que le dilemme du prisonnier est au dessous de la vérité. Dans cette situation, l’homme ne va pas se contenter d’avouer, il va chercher à enfoncer son partenaire en allant jusqu’à inventer des crimes qu’il n’a pas commis. Les deux faisant la même chose, ils vont écoper de beaucoup plus que ce qu’ils méritaient.

Il me semble que c’est cela que provoque un changement mal mené. Une destruction étonnamment accélérée de l’organisation qui le subit. Curieusement, cela ressemble au cancer. 

dimanche 30 août 2009

Cancer et crise (suite)

When a cell’s controls break down, chaos is unleashed, Scientific American de Septembre :

Le corps ressemble à la société : il y a division des tâches. Comme les hommes et les organisations, les cellules et les organes sont spécialisés, ils ont une fonction précise qu’ils doivent réaliser à la lettre. Cela est permis (notamment ?) par un système de contrôle complexe, qui, en particulier, réglemente la division cellulaire. Le cancer démarre par une attaque du système de contrôle.

À y bien réfléchir, les changements sociaux se font de la même manière. Ils attaquent en premier le système de contrôle social. Le mouvement pour l’égalité des femmes, ou des homosexuels, par exemple, a commencé par n’être qu’un débat d’idées. Puis, une fois la société convaincue, une fois que les règles qui pilotaient ses comportements ont été modifiées, elle a commencé à se transformer : ses « cellules » ont changé de comportement. Il en est de même pour Goldman Sachs et les banquiers : ils ont commencé par faire évoluer le système de contrôle financier, avant, dans un second temps, d’en tirer parti.

Compléments :

  • L’exemple de Goldman-Sachs : Dr Strangelove and Mr Goldman Sachs. Dans ce cas, les « cellules » ont influencé le système de contrôle mondial (en l’incitant à modifier ses lois), en est-il de même pour les cellules humaines ? Ont-elles un pouvoir sur le système de contrôle, et peuvent le faire évoluer ? Est-ce que leurs « intentions » peuvent être soit « sociales » (faire le bien du groupe), soit parasitaires (faire son bien propre, au détriment de celui du groupe) ?
  • Le fait que le changement parte de la théorie, avant d'atteindre la pratique, explique le curieux phénomène décrit par Edgar Schein et Norbert Elias : il y a un décalage entre ce que nous affirmons bien et notre comportement ; nous sommes fondamentalement hypocrites.

dimanche 16 août 2009

Loi des rendements décroissants

Une caractéristique des avocats du libéralisme économique, c’est que leurs actes démentent leurs théories. De même que le marché (la bourse) ne se comporte pas comme un marché de livre d'économie (plus une action monte, plus on l’achète, et inversement), la loi des rendements décroissants ne s’applique pas à Goldman Sachs. Goldman Sachs gagne toujours plus (Dr Strangelove and Mr Goldman Sachs). Et Goldman n’est pas le seul : comme Scarface, l’entreprise américaine semble dire « The sky is the limit ».

Comment expliquer ce paradoxe ? Réflexions aléatoires :

  • L’économiste Frank Knight dit que la loi des rendements décroissants doit être vraie, sinon tout l’édifice des sciences économiques s’effondre. En effet, c’est parce que les rendements décroissent que tous les facteurs de production ne sont pas égaux, que l’un est meilleur qu’un autre et qu’on peut le choisir. Autrement dit, c’est une loi qui fait l’hypothèse de l’individualisme.
  • Par conséquent, il est possible qu’elle ne s’applique pas parce que nous ne sommes pas dans un contexte individualiste mais social. La particularité de la société est 1) que les individus ne suivent plus leur instinct, mais les règles du groupe 2) que le groupe donne à l’homme, sans effort, accès à des ressources inaccessibles à ses capacités individuelles.

Il ressemble à un piéton qui entrerait dans une voiture, et qui ne serait plus contraint par ses limites propres. Et qui, parce qu’il aurait trouvé un moyen d'éviter les radars (cas de Goldman Sachs), se croirait pouvoir pousser sa vitesse à l’infini, de ce fait terminant dans un platane.

La faiblesse de la société est que son système de règles a des failles ; qu’on peut en pousser certaines à l’absurde, si d’autres ne sont pas en permanence inventées pour l’éviter. La limite sociale n’est pas la capacité individuelle, mais celle du groupe (la voiture dans l’exemple), groupe qui, soumis à l'absurde du traitement Goldman Sachs, se disloque.

J’en reviens au parallèle entre économie et cancer. Est-ce parce que la cellule suit elle aussi les règles du groupe, et plus les siennes propres, qu’elle n’est pas limitée par ses limites naturelles et part à la conquête de l’espace ?

Conjectures vaseuses ?

Compléments :

  • KNIGHT, Franck H., Risk uncertainty and profit, Dover, 2006

mercredi 12 août 2009

Bureaucratique Amérique

J’entends M.Obama défendre sa réforme du système de santé américain et expliquer qu’elle ne signifie pas une intervention bureaucratique. Aux USA état = bureaucratie = gaspillage.

Ce qu’il y a de surprenant c’est qu’on m’a appris à l’Insead, à grands coups d’articles savants, que le mal des USA est la bureaucratie de ses entreprises. Les malheurs de GM viennent de nous rappeler cette simple vérité. Elles sont des monstres rigides, par nature tayloriens, qui ne résistent pas au changement. On rêvait de détruire la grande entreprise (Drucker en tête).

Celui qui fait fortune en Amérique c’est le fonctionnaire privé : grâce à ses diplômes, il est entré chez Goldman Sachs, y a fait carrière, est proche du sommet, et se répartit maintenant les bénéfices que la banque tire de l’exploitation de l'humanité.

Ce qu’il a d’extraordinaire dans cette histoire, c’est le retournement qui s’est produit en 15 ans. La grande entreprise a convaincu l’Amérique et ses universitaires qu’elle était le bien, et que le mal absolu c’était l’état, l’expression de la démocratie, qu’il fallait le détruire lui et ses contrôles.

Compléments :

mardi 4 août 2009

OGM, science et démocratie

Il n’est plus possible de faire d’études scientifiques sur les OGM sans l’accord des fabricants de semences (Monsanto, etc.). Et ils ont un droit de publication sur ce qu’ils tolèrent. Les scientifiques du secteur ne pouvant pas dénoncer ces pratiques sans risquer leur carrière, c’est Scientific American qui le fait : l’article.

Curieuse dérive du monde des entreprises : elles se rendent incontrôlables. Triomphe de l’intérêt individuel sur l’intérêt collectif. Et démonstration des dangers d’une recherche financée par l’entreprise.

Peut-être aussi illustration d’une de mes intuitions. De plus en plus ce que l’entreprise appelle « innovation » est un exercice de parasitisme social. Le mécanisme est celui que j’ai décrit : le dilemme du prisonnier. Autrement dit, Monsanto et ses pairs ont réussi (pas forcément consciemment) à faire que l’intérêt des gardiens de la société (les scientifiques) soit de trahir leur mission.

Compléments :

dimanche 2 août 2009

Crise et cancer

Depuis toujours on soupçonne un parallèle entre fonctionnement du corps et de la société. Peut-être avec raison me suis-je dit en écoutant David Servan-Schreiber, hier, dans une émission de France Culture. Voilà ce que j’ai retenu de la fin de l’émission (j’ai raté le début) :

  • Les cellules du corps essaient toutes de se développer au détriment de l’intérêt général, mais elles sont rappelées à l’ordre par le système de contrôle interne. Le cancer, c’est une cellule qui a réussi à tromper ce système. Cette description ressemble à celle de la crise : la crise comme cancer ?
  • La dépression. Elle a une utilité. Elle amène l’homme à se replier sur lui-même, à moins consommer, à remettre en cause ce à quoi il croit et à réinventer quelque chose de neuf. Ce qui aide l’homme à sortir de la dépression, c’est de lui faire entrevoir une vie différente (l’autre n’étant plus possible) mais très désirable.
Je me demande ce que la politique pourrait apprendre de la médecine. Vraisemblablement elle a le tort de ne travailler aujourd’hui qu’à la réparation de l’ancien système, alors qu’elle devrait s’atteler à chercher une nouvelle identité pour l’humanité, une nouvelle raison de vivre. Quant au cancer, doit-elle le traiter comme le fait la médecine ? Un régime de cheval qui détruit les cellules cancéreuses et tout ce qui a le malheur de se trouver autour ? Espérons pour les financiers que l’idée ne nous passera pas par la tête. Espérons aussi que nous trouverons un moyen pacifique de régler la crise, qui inspirera la médecine.

Compléments :

  • Sur l’utilité de la déprime humaine, et sur le tort que trop d’optimisme fait aux Américains : Stress américain.
  • La crise comme cancer rejoint la thèse de l’économiste Simon Johnson, et celle de Rousseau sur « l’égalité » : Crise : destruction destructrice. Il me semble que ce que l'Amérique appelle innovation est de plus en plus souvent une victoire de l'intérêt individuel sur l'intérêt général. Une manière de cancer.

lundi 13 juillet 2009

Les origines du déficit de la sécu ?

Le dépistage du cancer de la prostate fait-il plus de mal que de bien ? me semble avoir mis le doigt sur quelque chose qui pourrait expliquer pourquoi notre santé nous coûte de plus en plus cher :

  • Le dépistage du cancer de la prostate se fait de plus en plus tôt. On dépiste beaucoup, mais on n’est pas sûr que ce soit finalement un bien : le dit cancer tue lentement, et le traiter démolit la vie de la victime.
  • Ce type de problème semble être derrière l’état calamiteux du système de santé américain : une amélioration du diagnostic qui fait voir ce qu’on ne voyait pas auparavant, et une volonté de zéro risque, qui conduit à un acharnement thérapeutique et à des vies gâchées.
  • On a là un curieux cercle vicieux : d’un côté cette pratique enrichit le médecin, de l’autre ne pas y souscrire risque de lui valoir des poursuites. C’est un exemple de dilemme du prisonnier : si le médecin optimise son intérêt propre, il minimise celui de ses patients et de la collectivité. La profession médicale (à commencer par les laboratoires) a trouvé un formidable moyen de ruiner la société.
Compléments :
  • Sur la médecine américaine : Le marché contre l’homme.
  • La France n’aurait-elle pas intérêt à se pencher sur ce type de comportements avant de s’en prendre à la couverture sociale ? (Système de santé français.)
  • Aurait-on là un moteur du capitalisme moderne ? Si une entreprise parvient à contraindre une profession à un tel dilemme du prisonnier (aléa moral), elle est riche. Serait-ce ce qui a été tenté avec les OGM, et ce qui a été réussi avec les différentes bulles financières ?

lundi 16 mars 2009

Commentaires sur affluent society

Que m’inspire The affluent society de John Galbraith ? (voir Société d’abondance.)

Bien vieilli ?

Galbraith parlait d’une autre époque que la nôtre. De son temps, la technostructure dominait le monde. La planification régnait. Mais, sur le fond, son analyse est actuelle. Ce qui n’allait pas s’est maintenu, c’est le reste qui s’est dégradé.

  • La menace qui plane sur notre société est la dette, et l’inflation. Et effectivement nous avons vécu une ère d’hyper inflation. Simplement nous ne nous en sommes pas rendu compte : elle a touché l’immobilier, le monde financier et la valeur des entreprises, pas les biens de consommation.
  • Notre société est tirée par les exigences d’une production compulsive : nous vivons les yeux rivés sur la croissance de l’économie ; nous respirons quand le PIB augmente, quand nous produisons « plus ».
  • Cette production exige que nous soyons conditionnés à consommer l’inutile, voire le nocif, et ce de manière croissante.
  • Le secteur public est fondamental, insuffisamment financé, l’individu subit les conséquences de ce déséquilibre, notamment parce que le plus pauvre est élevé pour n’être que consommateur.
  • Ce que cherche l’homme, le critère ultime d’évaluation d’un modèle social, c’est la « sécurité », pas la richesse matérielle.

Lavage de cerveau

Enorme sentiment de manipulation. Sans discussion, sans débat, nous avons basculé d’une société de citoyens « liberté, égalité, fraternité », à un monde réglé par les lois du marché.

Pour cela, il suffisait de nous persuader que le service public, c’était le mal, l’inefficacité, et que le secteur privé était le bien, ce qui créait de la richesse pour tous, qui engraissait le paresseux.

Il y a encore trente ou quarante ans, le Français était sûr de l’efficacité de son administration. L’élite de la nation, c’était le Polytechnicien et l’instituteur, agents de l’état, modestes, peu payés, mais jouissant d’une immense reconnaissance, presque plus pour le sacrifice financier qu’ils consentaient à la nation que pour l’excellence de leur intellect. Le symbole de la transformation que nous avons subie : partout des écoles de commerce et de management. Jadis méprisées, elles couvrent désormais le territoire et forment ceux qui ont les plus belles carrières.

L’ultralibéralisme, la théorie de la misère, a un grand mérite, qui explique probablement son succès : il permet au riche de s’enrichir en toute bonne conscience et convainc le pauvre qu’il n’a aucun droits sociaux.

De l’abondance à la misère

Galbraith pense que, grâce au progrès technologique, il y a eu passage d’une société de la misère à une société de l’abondance mue par une volonté de sécurité (emploi, revenus). Je soupçonne une faiblesse dans son raisonnement.

Le modèle de la misère, qui est celui qui inspire les textes d’économie, est revenu ces dernières décennies. C’est le « Consensus de Washington». Il a produit partout les mêmes résultats : augmentation du niveau de vie moyen et apparition de la pauvreté, de « l’insécurité ».

L’étude du CREDOC que je cite ailleurs n’illustre-t-elle pas ce fait ? La France, qui est probablement un des pays à avoir été le moins affecté par ce phénomène, a vu s’enrichir les riches avec dégradation corrélative de la sécurité de ses citoyens : si l’on retire les fonctionnaires des statistiques du CREDOC, on voit que quasiment la totalité de la population française a connu le chômage. En outre l’accession à la propriété est en net recul depuis 15 ans. Sans oublier le SDF que j’ai vu apparaître dans le métro en 1992. Il était inconcevable avant. Il y avait bien des clochards, mais c’étaient de gentils asociaux ; désormais, la société chassait ses membres, ils ne la quittaient plus de leur propre volonté.

J’en tire la présomption suivante. Il existe un modèle de la pauvreté, ou plutôt de la rareté, et un modèle de l’abondance, ou plutôt de la sécurité, et ils sont en grande partie indépendants de notre capacité de production, contrairement à ce que pensait Galbraith. Ils trahissent probablement des états d’esprit différents : individualisme ou solidarité.

J’irai cracher sur vos tombes

Cette réflexion m’amène à Boris Vian, et au livre qui a le titre de ce paragraphe. Il s’y révolte contre le racisme américain. Mais le sentiment qu’il dénonce est-il réservé au noir ? N’est-ce pas plutôt la manifestation d’un cancer qui peut frapper tout homme (le marchand et l’Anglo-saxon y étant prédisposés) ? Un cancer qui ne lui fait voir de l’existence que les grosses Mercedes et les grandes maisons ? Qui le pousse à désirer la mort de tout ce qui représente le non matériel : l’homme, la société, et la joie de vivre, le noir et la mère de famille ?

Compléments :

  • La technostructure : L’ère de la planification.
  • L’étude du CREDOC : Inégalités françaises ?
  • Comment le petit entrepreneur américain (tel que le parti républicain le fait parler) justifie qu’il est bien de laisser crever son prochain : Propagande américaine.
  • Une traduction en Français : Pour un salarié adaptable ?
  • Sur l’éducation du citoyen pour la consommation (et par la télévision) : Médiamorphose.
  • Ce que la société anglo-saxonne a d’abjecte (ce que dénonce Boris Vian) est qu’elle massacre volontiers celui qui est sans défense, comme l’a montré le combat des noirs pour leurs droits (voir PATTERSON, James T., Grand Expectations: The United States, 1945-1974, Oxford University Press, 1996.), et comme le prouvent de multiples incidents quotidiens (Inquiétante Amérique).

jeudi 1 janvier 2009

Cancer du poumon

Un responsable de l’office de prévention du tabagisme, ce matin à la radio :

Quand le gouvernement veut intervenir, il est efficace. Quand il a augmenté le prix du tabac, la consommation a baissé significativement ; quand le tabac a été exclu des lieux publics, la consommation passive a baissé significativement. (Qui a dit que la France ne changeait pas ?)

Alors ? Le gouvernement étant aux prises avec le lobby des buralistes ne veut plus agir.

Suggestions :

  1. La méthode Delpla et Wyplosz (Jacques Delpla et la Commission Attali) : puisque le cancer du poumon coûte cher, la France fait une économie en réduisant le nombre de fumeurs. Il est rentable de compenser le buraliste de ses pertes. Difficulté : cela fait un manque à gagner dans la comptabilité publique, qui n’a pas encore adopté l’innovation qui a fait fureur aux USA ces dernières années : la comptabilisation des revenus futurs.
  2. La tactique de lutte contre le lobby des armes américains (12000 Américains passés par les armes) : attribuer à chaque fabriquant de cigarettes (à chaque buraliste ?) un droit à tuer, leur permettre d’échanger ces droits. Malheureusement, il est plus difficile d’attribuer un cancer à un fabricant ou à un buraliste, qu’une mort à une arme.

Pour ma part, je trouverais sympathique que les buralistes proposent spontanément à l’État de l’aider dans la lutte contre le tabagisme, en échange d'un financement. Et leur conscience y gagnerait en tranquillité.