jeudi 16 février 2012

Nicolas Sarkozy ou l’art de la mise en œuvre du changement

le candidat Sarkozy avait promis, en 2007, de fusionner les deux principales administrations à réseaux de Bercy, la comptabilité publique et la direction générale des impôts, afin de gagner en efficience, et réaliser des économies. Cette réforme, en débat de longue date, mais jamais réalisée, a été menée au pas de charge, par des hauts fonctionnaires proches du président élu en 2007, comme si seul comptait l'affichage de sa réalisation. Dans les faits, les agents des impôts ont été littéralement achetés, les rémunérations des fonctionnaires des deux directions ayant été alignées par le haut, avec force primes. Du coup, la fusion des administrations n'a pas été gage d'économies mais de... dépenses supplémentaires. L'important était qu'elle soit faite, qu'elle puisse être annoncée. (le bilan de Sarkozy entre promesses non tenues et gestion de la crise - La Tribune)
Depuis qu’il est au pouvoir, M.Sarkozy est l’illustration caricaturale des erreurs fatales au changement. Je devrais me réjouir que la pratique vérifie aussi bien la théorie, et pourtant cela me déprime.

Espérons au moins que cet exemple servira à l’édification des générations futures… 

Aventures dans les neiges de l’autre bout du monde

Je n’aime pas les voyages (les changements, plus généralement), et pourtant je me suis retrouvé à Detroit, USA, le temps d’une réunion. J’ai vécu trois jours comme s’ils étaient deux. Et, j’ai eu droit au nec plus ultra du contrôle aéroportuaire, et même à un passage à Amsterdam.

Que dire de Detroit ? Temps doux. Juste un peu de neige.

Quand à son économie, elle serait probablement dans un bien piètre état, sans l’interventionnisme de B.Obama. De loin j’ai vu quelques maisons délabrées, mais les affaires paraissent redémarrer, aux dires, prudents, de mon taxi, victime d’un licenciement il y a deux ans.

En tout cas, les galeries marchandes y sont magnifiques et sans égal en France, même dans nos quartiers riches. Ces galeries seraient-elles des temples dédiés au Commerce ?

Quant au personnel des restaurants, hôtels et magasins il est fort démonstratif et « professionnel ». Je comprends, dans ces conditions, que l’Américain soit décontenancé par l’hostilité qu’il rencontre chez nos commerçants. J’ai aussi noté à quel point le serveur, taxi… se soucient de leur pourboire.

Finalement, et curieusement, si les autoroutes sont aussi rapides et anarchiques que les nôtres (on double souvent par la droite), les voitures paraissent petites, pour l’Amérique. Explication du chauffeur de taxi précédent : multiplication du prix de l’essence par 4. Du coup, Hyundai, qu’il dit pas solide mais pas cher et consommant peu, connaît un gros succès. Nécessité fait loi ?

Facebook vote Sarkozy ?

Contrairement à ce que je croyais, la campagne présidentielle française utiliserait mieux les (certains) médias sociaux que l’américaine. L’Express soupçonne même que Facebook aurait favorisé N.Sarkozi, en le faisant profiter de l’usage de nouvelles fonctionnalités (Facebook roule-t-il pour Sarkozy? - L'EXPRESS)

D’après l’article, N.Sarkozy a des amis bien placés dans le monde des médias sociaux. Mais l’usage du copinage, même habile, est-il acceptable en temps de présidentielle ? Un média aussi monopolistique que Facebook peut-il prendre parti ? Si non, cela ne pose-t-il, même aux USA, pas la question de l’indépendance de Facebook ? 

Existentialisme et expérience de l’absurde

Un précédent billet parle d’existentialisme et de nausée (ou d’absurde), l’expérience qui, par réaction, fait découvrir ce à quoi on croit, sans le savoir.  « L'engagement » c’est être fidèle à cette sorte de pacte.

J’imagine que cette philosophie d’après guerre résultait de ce que les résistants avaient connu un tel moment. J’imagine aussi que le petit Nicolas Sarkozy a découvert sa vocation de néoconservateur devant sa télévision, en 68.

Quant à moi, j’ai assisté au spectacle de 68, mais j’étais probablement trop jeune pour que des écervelés prétendant que la destruction était créatrice fassent de moi un défenseur des valeurs familiales.

J’ai été confronté à l’absurde plus tard, vers 14 ans, quand j’ai découvert que nous étions faits d’atomes, avec de grands vides au milieu. Contrairement à Épicure, je n’y ai rien trouvé de rassurant. Tout n’était-il pas illusion ?

Certes, mais la vie n’est pas possible si l’on ne fait pas comme si ce qu’elle dit était vrai. Mon « engagement », bien modeste, et ce blog, viennent peut-être de là. Je suis resté une sorte d’observateur, un peu extérieur, de la vie, qui cherche à en comprendre les règles ?

Mais cet engagement s’oppose aussi à l’individualisme anglo-saxon. Ce dernier va jusqu’à dire que nous sommes dirigés par des individus élémentaires, nos gènes. Pourquoi pas les atomes, quarks ou cordes ? Pour ma part, il me semble, avec quelques scientifiques, qu’il y a « émergence », que le groupement d’individus donne une sorte « d’être » nouveau, qui est différent de ses composants. Je pense aussi que les individus peuvent influencer l’être : l’homme peut changer la société.

mercredi 15 février 2012

Pourquoi le zèbre est-il rayé ?

Les rayures du zèbre le rendraient invisible aux mouches tsétsé et aux taons.

L’article se demande pourquoi d’autres ne l’ont pas imité. (Horse sense)

Peut-être parce que, alors, les mouches se seraient adaptées (ou auraient crevé) ?

Catholicisme contre protestantisme

Le riche (…) a reçu ses biens, et le pauvre ses maux dans cette vie (…) Écoutez riches et tremblez : et maintenant (…) l’un reçoit sa consolation, et l’autre son juste supplice. (Bossuet, Oraison funèbre de Michel Le Tellier)
Étonnante différence de traitement de la vie terrestre par le catholicisme et le protestantisme.

Pour le premier elle est une succession de calamités, pour l’autre l’élu est désigné de son vivant. Curieux que l’humanité ait pu accepter si longtemps une vision catholique aussi « absurde » (au sens existentialiste du terme) de l’existence.

En fait, le catholicisme a peut-être un atout déterminant : il contente de son sort une masse d’opprimés. Les puissants s’en tirent à bon compte : un rien de contrition, et un brin de charité peuvent laisser espérer le paradis.

Et si c'était ce qui lui a été fatal ? En se prêtant à l’exploitation du peuple, il poussait les classes dirigeantes à la paresse ? Ce qui a dû sembler inacceptable au bourgeois entreprenant et riche ? D’où les révolutions anglaises et françaises et l’émergence du protestantisme et de la laïcité, deux formes de protection de l’individu des empiètements d’une oppression totalitaire ?

Versailles au crépuscule, les oraisons funèbres de Bossuet

Bossuet, les oraisons funèbres, Édition de Jacques Truchet, Folio classique, 1998.

Pourquoi lire les oraisons funèbres ? Je pensais y trouver des histoires de vies. C’est raté.

L’existence du défunt n’y est évoquée que par ellipses. Reste une tentative de leçon de morale. Bossuet fait une sorte de « psychanalyse existentielle » du mort, afin d’y trouver une expérience qui définisse cette vie, afin de l’utiliser pour édifier la plus haute société de son temps.

Bossuet lutte contre les esprits forts, les libertins sans cesse plus nombreux. Il célèbre des combats d'arrière-garde victorieux : les conversions de dernière minute de quelques hauts personnages, effrayés par la mort, après une vie dissolue. Mais le combat est perdu, car il a accepté, inconsciemment, les règles du jeu de ses ennemis : il raisonne. Et il raisonne curieusement : quoi qu’il soit arrivé au mort, triomphe ou drame, il faut y voir la main de Dieu. Ce qui semble l’amener à justifier tout et son contraire.

Ces oraisons sont-elles celles de l’Ancien régime ?

mardi 14 février 2012

Du néoconservateur et de la dialectique de Hegel

Le néoconservateur (cf. Neocon) rejette le relativisme de gauche, en affirmant qu’il existe des civilisations supérieures (la sienne).

Bizarrement, Kant et les Lumières semblent avoir donné une solution à cette question il y a deux siècles : le fédéralisme. Le monde doit être construit sur des cultures différentes, qui se stimulent mutuellement, du fait de leur différence. (Kant parle de « paix armée ».)

Et les USA montrent comment des religions naturellement en conflit peuvent cohabiter sans s’affronter. Le tout est de penser que l’union vaut mieux que la guerre, et que, pour le reste, il y a toujours un moyen de s’arranger.

Curieuse illustration de la dialectique de Hegel : thèse (relativisme), antithèse (supériorité des civilisations), synthèse (fédéralisme, il faut de tout pour faire un monde).

Compléments :

Réforme des taxis et libéralisme

Comme évaluer la virilité d’un économiste libéral ? À sa volonté de déréglementer la profession de taxi.

Son argumentation ressortit au simple bon sens, dirait M.Guéant. Les taxis sont des « rentiers ». Si on leur imposait une concurrence parfaite, on aurait une création immédiate d’emplois peu qualifiés, et un transport facilité. Simple question de courage, dirait M.Sarkozy.

Pas si sûr. The Economist explique que la déréglementation des taxis pose des problèmes de mise en œuvre extrêmement complexes. En fait, la réglementation actuelle résulte avant tout de tentatives successives de corriger les excès d’un marché libre. (A fare fight)

En outre, si je ne prends pas le taxi, c’est qu’il est généralement plus lent que les transports en commun. J’imagine qu’une réforme des taxis devrait aussi s’accompagner d’une modification de l’infrastructure routière.

Dans ces conditions, pourquoi un tel acharnement ? Parce que l’économiste libéral n’aime pas voyager en transports en commun ? 

L'ordinateur a ses crises boursières

On soupçonne de plus en plus les ordinateurs d’être capables de créer des crises boursières.

On aurait trouvé un moyen de les prévenir. Il y aurait des signes avant-coureurs : certains cours d'actions connaîtraient des pics brutaux, ou « fractures ». Leur multiplication amènerait le système que forme l’ensemble des ordinateurs financiers, en quelque sorte, à entrer en résonnance.

Curieux comme les machines ont une forme de vie propre qui échappe à notre raison. Au départ de l’informatisation des échanges financiers il y avait l’idée qu’on ne pourrait que s’en trouver mieux. Aujourd’hui, on constate que la créature a échappé à son maître ?

Compléments :