lundi 8 mars 2010

Exclusion scolaire

Recherches d’un économiste. Environ 25% des Américains ne finissent pas le collège, 35% pour les noirs et hispaniques. Les filles réussissent significativement mieux que les garçons. La situation s'est dégradée depuis les années 60.

Résultat : une main d’œuvre dont la qualité baisse nettement, et une économie qui en pâtit nécessairement.

Explication ? Probablement des familles fragiles.

Voilà qui ressemble beaucoup à la situation française. Avec un peu d’avance.

dimanche 7 mars 2010

Euro et Anglo-saxon

Depuis quelques semaines, et la crise grecque, l’Anglo-saxon discute des vertus de l’euro et de celles (qu’il préfère souvent) de taux de change flottants. Jusqu’ici la question me laissait inerte. Une idée émerge cependant :

Grèce, Irlande, Espagne et Portugal montrent en quoi un taux de change immuable est douloureux : s’y adapter demande une transformation du tissu social. Par opposition, un taux de change flottant produit, à quelques risques d’inflation près, un équilibrage automatique.

Il y a plus subtil. La zone euro doit ajuster les salaires de ceux de ses membres qui se sont décalés par rapport à ceux de l’Allemagne (Euro erreur ?). Si j’en crois ce que disent Grecs et Irlandais, cet ajustement va porter principalement sur les moins fortunés (par exemple la masse des fonctionnaires). Or, moult statistiques (cf. Inégalités françaises ?) montrent que les dernières décennies ont vu une stagnation des revenus du gros de la population, et même un appauvrissement par rapport à des critères de bien être tels qu'emploi et accès au logement. Plus on était riche, plus on s’enrichissait. Alors, s’il y a eu perte de compétitivité c’est du fait des salaires les plus élevés ?

N’est-ce pas ce que risque de montrer les ajustements que va devoir subir la zone euro ?

L’avantage d’un taux de change adaptable serait-il là : il masque une vérité inconvenante ?

Compléments :

Drame de la Presse

Une méchante fée s’est penchée sur le berceau de la Presse dit Le Nouvel Économiste. L’État :

  • Pour qu’elle ne puisse pas tomber sous la coupe des puissances d’argent, après guerre, il en a fait une sorte de service public, subventionné à tort et à travers (12% de ses revenus plus une TVA de 2,1% qui couvre même les 90% de la presse qui ne s’intéressent pas à l’information – 2,9md€/an en tout). Mieux, elle l’a placée entre les mains « d’actionnaires sans capitaux ». Des idéologues qui ne comprenaient rien au fonctionnement d’une entreprise. Ils ont cru que leur indépendance passait par la possession des moyens de production, et ils ont manqué toutes les chances que leur ouvrait le marché (supplément du week-end, annonces). Internet est la dernière goutte : ils s’y sont jetés sans réfléchir. Et ils ont convaincu le marché que la presse devait être gratuite.
  • À cela s’ajoute des réglementations et protections dans tous les sens : ex NMPP, acquis sociaux du Syndicat du Livre, etc.

Alors comment s’en tire-t-on ? Le Nouvel Économiste n’est pas français pour rien. Il en appelle à l’État, pour « accompagner », voire « contraindre », « une profonde réforme dans tous les domaines ».

Je ne suis pas convaincu. Pour ma part, je crois que la Presse sera sauvée le jour où la France produira des journalistes dont on aura envie de lire les articles, ou d’écouter les reportages.

Compléments :

Faut-il voter?

Voyant arriver les élections régionales, je me suis demandé comment faire un choix rationnel. Voici où j’en suis de ma réflexion :

  • Quoi qu’il arrive, le choix politique en France se fera probablement entre un matamore ridicule et un groupe de Tartuffes qui se haïssent (Silvio Berlusconi). Ça ne tient pas aux hommes, certainement délicieux vus de près, mais à la nature de notre société. C’est un « fait social » au sens de Durkheim.
  • Gauche, droite même résultat. Ils sont victimes d’une sorte de fatalité qui fait que la France évolue indépendamment de qui nous dirige (La France en mutation).
  • Ce n’est pas pour autant qu’il faut se désintéresser de la politique. Nos gouvernants ont en tête des idées qui vont à contre courant de nos intérêts et de nos valeurs (N.Sarkozy dernier des libéraux?, Qu’est-ce qui pousse le PS ?). S’ils pensaient être légitimes, ils les appliqueraient. Nous sommes un nécessaire contre-pouvoir.
  • Ce n’est pas pour autant que le pays est paralysé. Nos gouvernants sont incapables de réflexion à long terme. Le mieux qu’ils puissent faire c’est le « coup médiatique », en espérant nous faire confondre lard et cochon (Bricolage industriel). Que nous n’ayons aucune confiance en eux nous force à prendre notre sort en main, à réfléchir. Une fois que la société aura une idée de ce qui est bon pour elle, elle saura l’imposer à ses dirigeants.
  • Finalement, je soupçonne qu’il est préférable, au moins dans l’état de maturité actuel de notre société, d’avoir un gouvernement en qui nous n’avons pas confiance. Ainsi nous sommes forcés de le contrôler, donc de penser. Car, aussi dévoué qu’il soit, l’homme ne peut pas diriger seul une nation. C'est trop compliqué.

L’inefficacité du système serait donc sa qualité : elle empêche toute décision insuffisamment réfléchie.

samedi 6 mars 2010

Hugo Boris

Entendu chez RFI. Roman enquête sur la vie d’un cosmonaute russe.

Pourquoi russe ? Parce que les Américains sont tout imprégnés du mythe de la conquête de l’espace. Ils ne savent que tenir un langage convenu. Les Russes eux ne masquent pas la réalité. Elle est effroyable. Le cosmonaute souffre, se déforme, perd tout ce qui fait le beau de l’existence, et tente de se suicider.

La conquête de l’espace est contre nature ?

Administrer un dirigeant

Un de mes anciens grands patrons est devenu administrateur de sociétés. Il se demande comment faire entendre raison à l’un de leurs P-DG.

Il est certain que la rentabilité de son entreprise pourrait être 5 fois ce qu’elle est. Mais voilà, le P-DG refuse qu’on lui donne des leçons. Il commence même à regarder de travers son administrateur. N'est-ce pas un cas de résistance au changement ? me demande mon ancien dirigeant.

Ce qu'il me semble :

  1. Quand un dirigeant est nommé pour contrebalancer un dirigeant, les deux hommes se battent pour le gouvernail. Un dirigeant n’est-il pas fait pour diriger ?
  2. Pour que quelqu’un vous écoute, il faut qu’entre vous se soit établie une « relation d’aide ». Vous devez en devenir le confident. Il vous parlera de ses inquiétudes. Et il y a de fortes chances pour qu’elles retrouvent, en d’autres mots, votre diagnostic. Mais, alors, la personne aimera vos conseils, qui arriveront à point.

Compléments :

  • Sur la constitution d’une « relation d’aide » : SCHEIN, Edgar, Process Consultation Revisited: Building the Helping Relationship, Prentice Hall, 1999.

vendredi 5 mars 2010

Silvio Berlusconi

J’entends dire que la RAI ne diffusera pas de débats politiques. Ce qui réduit un peu plus l’espace d’expression de l’opposition à Silvio Berlusconi.

Bizarre. Silvio Berlusconi a une image internationale effroyable et pourtant il se maintient au pouvoir. Cela pose de curieuses questions :

  • Les Italiens sont-ils idiots ? L’opposition est en proie aux divisions. Berlusconi n’est peut-être pas un aussi mauvais choix qu’il y paraît.
  • Parallèle avec la France ? Une droite soumise à un « mâle dominant » fanfaron, qui donne au pays une image internationale ridicule, une gauche bien pensante victime d’une guerre des chefs incessante qui prépare mal au gouvernement ? (Et dont le seul programme est de dénoncer les malversations du dit « mâle dominant ».)
Qu’est-ce, dans nos cultures, qui peut expliquer ce bizarre équilibre ?

Fondamentaux

Ce billet récapitule quelques billets illustrant les sciences du changement.
  • Changement : définition. Qu’appelle-t-on changement ? Généralement pas ce que nous entendons par ce mot.
  • Erreurs qui tuent le changement. Curieusement, le changement étant inhérent à la vie, nous savons tous conduire le changement. Ses échecs viennent de quelques erreurs « grossières », inscrites dans notre culture. Apprendre à conduire le changement, c’est avant tout apprendre à ne pas faire ces erreurs. (En particulier, le changement est souvent pour nous une vengeance ou une punition : La punition est inefficace.)
  • Contrôlez le changement ! S’il n’y a qu’une chose à retenir sur le changement, c’est qu’il faut le contrôler. Le facteur clé de succès du changement c’est cela. Et la clé de voûte du contrôle, c’est l’animateur du changement. Comment le reconnaître ? Donneur d'aide et animateur du changement.
  • L’objet du contrôle de gestion est, justement, de contrôler le comportement de l’organisation. Mais, au fait, de quoi parle-t-on ? PME et contrôle de gestion.
  • Vaincre sa résistance au changement. Le « grand théorème du changement ». Le changement est une question d’anxiétés.
  • Les résistances organisationnelles au changement. L’organisation est un tissu de mécanismes de contrôles invisibles. S’ils résistent, c’est que le changement veut détruire l’édifice. Ce qui paraît contre-intuitif dans les techniques de conduite du changement devient évident quand on a compris cela.
  • Effet de levier. Le changement se fait « à effet de levier », c’est-à-dire qu’il ne demande aucun moyen. Et ce pour la bonne raison que les organisations sont faites pour changer (sinon elles crèveraient !). Seulement le mécanisme qui le permet est caché.
  • Ordinateur social. Le changement est une prise de judo. On ne peut pas faire changer une organisation si elle ne veut pas changer. Pour cela on doit l’utiliser en « ordinateur social », c'est-à-dire l’utiliser pour concevoir la nouvelle organisation que demande le changement.
  • Que faire dans l'incertain ? L’incertain désoriente l’individu, le dirigeant en particulier. Soit il est paralysé, soit il s’accroche à une décision, sans vouloir rien entendre. Catastrophe assurée. Solution ? Transformer l’incertain en certain.
  • Culture et changement. Ce que les ethnologues appellent « culture », c'est-à-dire les règles (essentiellement implicites) qui guident nos comportements (cf. la politesse), joue un rôle capital dans le changement. Exemple et techniques.
  • Technique du paradoxe. Le paradoxe est la boussole du changement. L’idée est de repérer ce qui est « bizarre ». Cela signifie une logique qui n’est pas la nôtre. Si l’on arrive à reconstituer cette logique, il ne reste plus qu’à concevoir le changement de façon à ce qu’il s’y conforme et le tour et joué.
  • Ce que vous avez toujours voulu savoir. Quelques questions habituelles sur le changement.
  • Consultant en conduite du changement. Y a-t-il un marché pour le conseil en conduite du changement ?
  • Changer de changement. Les techniques de conduite du changement enseignées et utilisées le plus couramment appartiennent à deux familles : dirigisme bureaucratique et marché. À quoi ressembleraient des techniques inspirées de la démocratie ?
  • Pourquoi l’univers peut-il changer, sans que ce changement ne soit une anarchie ? Autrement dit, pourquoi la vie ? Le changement est la question la mieux étudiée par les sciences. Quelques références bibliographiques : Changement : textes de référence (début) et Changement : textes de référence (thèse).

jeudi 4 mars 2010

Bricolage industriel

"Je lis parfois des interrogations sur ma politique économique : est-elle libérale ? Est-elle interventionniste ? Protectionniste ? A ceux qui s'interrogent, je livre aujourd'hui un principe fondateur de toute la politique que j'ai voulu mener, dès avant 2007, et plus encore depuis : la priorité absolue donnée au redressement de l'industrie française"
Le Président de la République annonce que l’industrie française produira 25% de plus dans 5 ans. Ce qui, semble-t-il, correspond à la remettre au niveau d’avant crise (il y a deux ans).

Dans ces conditions, il n’est peut-être pas étonnant que les mesures prises laissent dubitatifs les observateurs. L’industrie devrait se remettre d’elle-même.

D’ailleurs, comment un gouvernement peut-il relancer tout un secteur ? À moins, peut-être, d’une politique industrielle à l’Allemande. Et cela demande plus qu'une réflexion de cinq minutes.

Compléments :
  • Quelqu’un qui défendait l’industrie à l’époque où cela n’était pas bien vu : FINGLETON, Eamonn, Unsustainable: How Economic Dogma Is Destroying U.S. Prosperity, Nation Books, 2003.

Revues de livres

Liste des principaux commentaires de livres que j’ai faits depuis que ce blog existe. (Jusque-là cette liste occupait la marge de droite du blog.) On trouvera d’autres commentaires de livres, mais moins détaillés, sur Amazon.fr.

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Civilisation romaine
  • Cicéron / Grimal. Biographie de Cicéron, qui en synthétisant les pensées grecques et romaines à peut-être posé les bases de la nôtre.

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