jeudi 31 mars 2011

Thèmes du mois

Morale et panique

Qui survit aux naufrages ? Lusitania : jeunes hommes ; Titanic : femmes et enfants. Dans le premier cas, le bateau a coulé en 18 minutes, dans le second en 2h40. Les règles sociales demandent du temps pour agir. Dans la précipitation, c’est le plus fort qui gagne. (The Science of Chivalry)

En serait-il de même pour les changements sociaux ? Au début, les individus qui possèdent un avantage, les « oligarques »,  ont le dessus, puis la rationalité sociale reprend ses droits ? 

Le moteur électrique fait des pas de géants

Il semblerait que l’on pourrait bientôt disposer de batteries pour voitures électriques qui se chargeraient en quelques minutes. (Highly charged)

Je suis frappé par les progrès que semble faire le moteur électrique depuis quelques temps. Illustration de notre capacité à innover quand les circonstances le demandent ? En creux, illustration du pouvoir de nuisance des industries installées ?

Diversification et concentration

Décidément le monde de l’entreprise est celui de la mode.
  • Dans de nombreux secteurs la bourse dit que les groupes valent moins que leurs entreprises composantes. Du coup, les groupes sont décomposés.
  • Dans d’autres (high tech et pays émergents), c’est le contraire.

Quand la raison reprendra-t-elle ses droits ?

mercredi 30 mars 2011

Courroie de transmission syrienne

Si le régime syrien disparaissait cela couperait la chaîne de transmission de l’influence iranienne vers le Hezbollah et le Hamas.

Nouvel exemple d’interdépendance entre régimes autoritaires de la région (cette fois-ci, le courant chiite). 

Pourquoi nous appauvrissons-nous ?

Depuis maintenant longtemps, la productivité de l’entreprise et les revenus du capital progressent beaucoup plus vite que le salaire de l’employé. Explications avancées :
  • L’économie basculerait de la consommation à l’exportation (capital plutôt que salaire).
  • L’élite sait profiter de la globalisation, alors que la masse est scotchée à sa nation.
  • Le progrès favorise les hautement qualifiés.
  • Pour stimuler l’économie, les banques centrales ont subventionné le secteur financier, ce qui a permis à ses membres de s’enrichir considérablement, au détriment de leur prochain.

Zones économiques prioritaires

Pour compenser le chômage que va créer les réductions d’effectif de son administration le gouvernement anglais va accorder des faveurs aux entreprises qui s’installent dans les zones les plus touchées. Une fois de plus, l’investissement est faible (100m£ sur 5 ans).

À cette occasion, contrargument intéressant : ce type de mesure n’attire que les opportunistes, surtout cela nuit à l'entreprise qui s'y implante : elle se coupe d'un voisinage économique stimulant. (Tarzan's return)

Pour que cette mesure fonctionne, il faut beaucoup de moyens ? Il s’agit de créer un tissu économique réellement performant ?

mardi 29 mars 2011

Économie française : entre haute administration et Europe

J'ai écouté une présentation portant sur l’avenir de l’industrie. Ce que j’en retiens est que notre économie est prise entre le Charybde de notre administration et le Scylla de celle de l’Europe.
  • L’histoire récente de la France est celle d’un cercle vertueux devenu vicieux. La haute administration régit tout en France. C’était bien après guerre, mais dès la crise de 74, elle a voulu règlementer l’économie, accordant les augmentations de prix en fonction de celles des coûts des composants, demandant d’absorber les croissances de charges sociales et de frais généraux par des gains de productivité, et réglementant le crédit (les lignes de crédit étaient accordées par la banque de France aux entreprises !). Ce faisant elle a étranglé l’entreprise. Puis c'est la globalisation. Contrairement aux autres pays européens, qui ont voulu s’adapter aux nouvelles règles de concurrence (les charges sociales sont devenues des impôts ou une TVA), la France a cru pouvoir continuer comme avant. Tout a changé sauf l’État, ou plutôt la haute administration qui ne voit pas pourquoi elle se transformerait puisqu'elle est heureuse : elle continue à diriger la politique, les ministères, les grandes entreprises et même la chambre des députés ! Cette « oligarchie » a, de surcroit, commis quelques erreurs. Notamment, elle a cru que l’industrie était morte, et que le service la remplacerait. Quel service ? Aucune idée. Mais n’était-ce pas ce que disaient les Anglo-saxons ? Elle n’a pas non plus vu que l’entrée dans l’euro demanderait de trouver un substitut aux mécanismes de dévaluation compétitive qu’elle avait utilisés jusque-là. Aujourd’hui, l’ajustement se fait par le chômage.
  • À cela est venu s’ajouter l’Europe qui, elle aussi, est figée dans ses certitudes depuis 20 ans. Elle se veut un modèle en tout : bien pensance d’un côté et ouverture à la concurrence de l’autre. Elle s’impose donc des coûts et des contraintes (démesurés) que n’ont pas ses concurrents.
Dans ces conditions, on peut se demander comment l’industrie, et l’entreprise, française peut survivre. Elle a colossalement perdu en compétitivité par rapport à celle des autres pays européens, et sa capacité d’investissement a fondu. Elle souffre d’une mauvaise image, faute d’avoir profité comme l’industrie allemande de campagnes de promotion. Mais, fait des produits de qualité, est présente dans 75 des 100 « technologies clés », et surtout a un savoir-faire essentiel pour répondre aux besoins émergents du monde. Bref, cultivons notre jardin. En espérant que notre élite dirigeante n’aura pas l’idée de le sulfater. 

Lybie et armée européenne

Curieux comme les crises révèlent les valeurs éternelles des peuples.
  • L’Allemagne retrouverait son pacifisme instinctif. La France et l’Angleterre rejoueraient Suez, 1956. Mais la première n’aurait pas voulu de l’OTAN proposé par la seconde, et la seconde aurait refusé le leadership de l’UE que voulait la première.
  • L’affaire révèle qu’en termes de défense européenne, il n’y a que la France et l’Angleterre qui vaillent. Si elles vainquent en Libye, le rapprochement de leurs armées pourrait s’affirmer. Sinon c’est reparti comme en 56 ? (A force for good)

Loi de puissance

Il semblerait que la loi de probabilité associée à un monde non régulé (marchés financiers, automobilistes laissés à eux-mêmes, terroristes non coordonnés…) soit une « loi de puissance ».

Une telle loi a pour caractéristique que des événements de dimension colossale peuvent s’y produire relativement fréquemment. Embouteillages, attentats massivement destructifs, personnes plus riches qu’une nation ou crises économiques. (The Mathematics of Terrorism | Math | DISCOVER Magazine)

Je me suis demandé si ce n’était pas ce qui s’était passé à Vélizy. Il y a quelques jours j’arpentais ses trottoirs défoncés et ses rues sans noms. J’ai été frappé par la ressemblance de ce que je voyais avec les zones où se groupent les gigantesques entrepôts de la grande distribution. Mais ici, les entrepôts contiennent des hommes. Curieux qu’autant d’entreprises s’y soient donné rendez-vous, forçant autant de voitures à polluer et à s’embouteiller.