Affichage des articles triés par pertinence pour la requête dette. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête dette. Trier par date Afficher tous les articles

vendredi 19 juin 2009

Dette

Une épée de Damoclès au dessus de la tête des (ex ?) pays riches : leur dette. Elle tuerait tout espoir de redémarrage de l’activité autre que négligeable. J’essaie de comprendre l’effet que cela pourrait avoir, mais je ne suis pas sûr d’avoir réussi :

On a trop de dettes si elles entraînent le pays dans un cercle vicieux : les prélèvements sur l’économie sont tels que celle-ci périclite. D’après des calculs du FMI, la dette accumulée va forcer les états à augmenter les prélèvements prévus pour 2014 sur l’économie, de 1,8% pour l’Allemagne, 4,5% pour la France, 5,7% pour l’Angleterre, 14,3% pour le Japon, 3,5% pour les USA, 3,1% pour l’Espagne. Le chiffre de la France, s’expliquerait plus par un endettement fort en début de crise, que par l’ampleur relativement modeste de son plan de relance.

Quant au Japon, il semble aller de mal en pis, sa dette passe de 170% du PIB en 2007 à 234% en 2014 (niveau de la dette de l’Angleterre à la fin de la seconde guerre mondiale). C'est peut-être ce qu'il y a de plus préoccupant. Les crises sont si fréquentes, qu'elles ne laissent peut-être pas le temps nécessaire pour liquider les effets de la précédente. Une fois touché, il n'est plus possible de se relever ?

Parmi les facteurs favorables à la santé d'un état endetté, il y a : la valeur des biens de l'état (qui viennent en déduction de la dette – ce qui améliore la situation du Japon), le fait que la dette soit en monnaie du pays (avantage pour les USA de détenir une monnaie de réserve) et qu’elle soit détenue par des nationaux (Japon). J’imagine aussi qu’à un certain niveau de dette son intérêt doit augmenter brutalement.

Finalement l’économie des pays « riches » souffrirait moins de cette dette que du vieillissement de leur population, dont le coût actualisé serait de 5 fois le PIB américain. Probablement, il va falloir allonger nettement la durée de travail. Mais comment éviter de subir un nouveau choc, une fois de plus en position de faiblesse ?

Compléments :

jeudi 3 janvier 2013

Eloge de la dette

Et si la solution de notre crise était dans la définition de « dette » ? SARTHOU-LAJUS, Nathalie, Eloge de la dette, PUF, 2012.

Notre crise n’est pas financière. Elle est celle de notre représentation du monde, fondée sur la fiction du « self made man » : l’individu ne doit rien à personne. Et les conséquences de ce déni de réalité sont effroyables. La dette financière est la moindre d’entre elles. Car l’individu a besoin de la société pour être. Il n’y a pas de libéralisme sans société. Il n’y a pas de liberté sans dette.

Ce livre est une exploration de la signification de « dette » par différentes cultures, proches de la nôtre. Dommage que l’on n’y parle pas de science (en dehors de la psychologie de Freud). Car elle explique que, dans le monde, tout est interdépendant. A vrai dire, je ne l’ai pas bien compris. Son intérêt est peut être plus dans les métaphores, travaux et idées qu’il cite que dans l’interprétation qu’il en donne. Parmi ce que j’en retire, et qui n’y est peut-être pas :
  • Pourquoi la religion catholique prohibe-t-elle l’intérêt ? (Le marchand de Venise.) Parce que le prêt est un don. Et don de son être, plus que d’un bien matériel ou de son corps. Mais il crée la potentialité d’un contre-don. C’est malin : non seulement on retrouve ce que l’on a donné, mais on s’est fait un ami, quelqu’un sur qui compter. « Intérêt » du prêt ? Mécanisme d’assurance ? Bien entendu cela signifie qu’il y ait sens du devoir. Prêter est un acte d’amour, de foi en l’autre. (Serait-ce pour cela que notre Etat providence est en faillite : ceux qu’il aide ne lui en sont pas reconnaissant ?)
  • Une question que je me suis posée : l’individu demande des décennies d’apprentissage social. Autrement dit, il ne peut pas être « libre » par son seul effort. Alors, l’insistance de certains libéraux à ne rien donner aux pauvres fait-elle de ces derniers des sous-hommes ? Les prive-t-elle d’une part de leur humanité ? (Les esclaves seraient-ils la contrepartie de la démocratie ?)
  • Ce livre m’a aussi montré Dom Juan de Molière sous un jour nouveau. Ce n’est pas l’histoire d’un séducteur. C’est celle d’un homme qui refuse de payer ses dettes à la société. C’est le précurseur des banquiers, et des oligarques modernes. Mais, notre nature même est l’emprunt : nous devrons rendre notre âme ! Surtout l’homme et la société sont en perpétuel devenir. Ce qui requiert l’entraide. Donc nouvelles dettes. Il se trouve aussi que nous créons des dettes que l'on ne nous paiera pas. Car nous faisons l'avenir de nos enfants. Par conséquent, nier toute dette, c'est vivre dans l'instant. C’est la jouissance à la DSK comme seul moteur, « la fin de l’histoire » des libéraux, et l’ardoise qu’ils nous laissent.
  • Le plus curieux peut être est que certaines dettes sont infinies. La culpabilité qui en résulte est écrasante. Or, comble de l’irrationalité, il peut y avoir « grâce », abrogation. Mais est-ce un don gratuit ? Car elle suscite, chez l’âme bien  née, un élan de reconnaissance éternel. Contre don ? (Serait-cela la charité chrétienne ?)
En résumé, tout ceci semble dire que nous sommes une société de pauvres types, de comptables méprisables, au cœur sec. Nous avons fait du don et de la dette une question de calcul, alors que c’est une affaire d’amour et de désir irrationnel. Mais d’une irrationalité qui se révèle, a posteriori, infiniment plus rationnelle que le calcul. Ce faisant, nous avons construit un monde à notre image, désertique. Et sans lendemain.  

dimanche 22 juin 2014

Solution à la dette : le contrôle de gestion

RFF / SNCF : déjà vu ? Le problème de la France, c'est la dette. Et, j'ai l'impression que, dans les années 90, on a trouvé une idée très intelligente pour s'en débarrasser. La confier à plus faible que soi. Pour cela on a pris l'excuse de la libéralisation de l'économie. Alcatel s'est débarrassé de sa dette sur Alstom. Idem pour l'Etat et les Régions. Et RFF / SNCF, donc. Mais le marché et la concurrence n'ont pas fait à notre place le sale boulot. Au contraire, les nouvelles entités ont accumulé de la dette bien plus vite que les anciennes.

Alors, quel est le problème de la France ? C'est le contrôle de gestion. Nulle part, il n'existe un système qui interdise de dépenser plus que nous gagnons. C'est la contrainte du contrôle de gestion qui est la condition du management véritable. Elle force l'entreprise à être intelligente, à innover, afin de faire mieux avec moins.

C'est vrai pour l'Etat, comme pour les entreprises.

vendredi 2 juillet 2010

Changement de culture

The Economist rappelle qu’alors qu’au 18ème siècle on allait en prison pour dettes, la dette est devenue un style de vie branché.

« En Amérique, la dette du secteur privé seul est passée d’environ 50% du PIB en 1950 à près de 300% lors de son pic récent ». La note moyenne des obligations des entreprises, donnée par les agences de notation, est passée de A à BBB- (de moyen à juste au dessus de « junk bond » - spéculatif). Les gouvernements ont encouragé ce mouvement en abaissant à chaque crise les taux d’intérêt pour faciliter toujours plus d’emprunt. Ce que, d’après The Economist, viendrait aggraver des promesses de retraites beaucoup trop généreuses. Une autre forme de dette.

Un changement compliqué s’annonce. Non seulement, il va falloir modifier notre attitude à la dette, mais aider ceux dont la vie en dépend à décrocher. Sans compter que pour que nous puissions économiser, il faut que les pays émergents dépensent, ce qu’ils ne font pas.

Deux réflexions :
  • Curieux qu’une société puisse ainsi se persuader qu’elle peut repousser ses obligations sur ses descendants. Mais qui en a profité ? Pas la majorité de la population française, me semble-t-il. Et si tout s’était joué comme dans l’affaire Enron ? Jeffrey Skilling, constatant que ses brillantes idées ne rapportaient pas assez à sa société, a eu l’idée d’en modifier la comptabilité, traitant comme présents les flux de revenus futurs (ce qui est légal). Comme lui, l’élite financière internationale poussée par la volonté de s’enrichir a-t-elle cru que l’endettement maquillé était le moyen le plus rapide de réussir ? Ce qu’elle a appelé, comme Enron, une « innovation » ?
  • Faut-il incriminer la finance internationale où fut-ce un mouvement global ? Une volonté de jouissance immédiate, de libération 68arde, qui a pris une forme particulière chez les puissants ?

Compléments :
  • EICHENWALD, Kurt, Conspiracy of Fools: A True Story, Broadway Books, 2005.
  • McKinsey explique la crise : où l’on voit une justification de l’endettement comme moteur du capitalisme.

jeudi 29 janvier 2015

Transmission d'entreprise : pensez OBO ?

Il est bien connu que la transmission d’entreprise ne se fait pas simplement. « L’Owner Buy Out » pourrait bien être une solution élégante à la question. J’ai demandé à Jean-Marc Trinquier, consultant senior en fusions-acquisitions et professeur intervenant à l’ESTP, de quoi il s’agissait…

Quels sont les avantages d’un OBO ?
Le maintien du pouvoir en place, la fidélisation des cadres clés et le transfert de savoir dans le temps en font le mode de transmission le plus sécurisé. C’est pour cette raison que bon nombre d’associations et de fédérations le recommandent.

Plus précisément ?
L’avantage principal de ce montage est la capacité à organiser une transmission dans le temps sans « cassure » lors de la cession entre l’entrepreneur et la société. Dans la période de l’OBO, le chef d’entreprise reste en place.  Cependant, il intègre au capital et aux fonctions de direction les cadres « futurs repreneurs ». Il amortit ainsi le choc de passation de pouvoir. Cela lui permet également de conserver, pendant un certain temps, le pouvoir, le statut social et tous les avantages liés à la fonction (salaire, intéressement, protection sociale, cotisation à la retraite,  ainsi que de manière générale tous les avantages en nature).
En procédant ainsi, il peut concilier ses objectifs « d’individu » et ses objectifs « de patron ». Les premiers concernent son rapport à ses salariés, sa société et ses valeurs, le désir de valoriser le fruit de ses années de travail, la nécessité de bâtir un projet de vie future. Les seconds exigent qu’il se préoccupe de l’avenir de son entreprise. La transmission doit porter un projet de développement pérenne, via les perspectives futures portées par les repreneurs internes. Cela demande d’identifier les repreneurs à potentiel et organisés, avec une répartition permettant d’assurer une « non-cassure » et une stabilité dans le temps, et de préserver l’emploi. Il faut aussi trouver un prix adapté au marché et qui corresponde à une réalité.

Techniquement, qu’est-ce qu’un OBO ?
Il y a plusieurs sortes d’OBO : patrimoniaux, de continuité, de développement.
Dans un OBO dit « patrimonial », l’entrepreneur demande juste à un partenaire financier une « avance sur sa cession future ». Mais quasiment aucun investisseur ou créancier n’acceptera de suivre un tel projet. D’autant plus avec les risques liés au temps de remboursement de la dette senior (risque client, risque organisationnel, risque de concurrence, risque de marché, etc.). Un OBO de continuité consisterait, lui, à préparer la transmission en deux temps à ses salariés, dans la continuité de l’activité, sans « réinventer » la boite. Ce type d’opération, la plus courtisée par les dirigeants (par simplicité), peu se solder, à termes, par un échec. 
Le reengineering de la société est indispensable pour repartir sur une phase de croissance. C’est la raison pour laquelle il faut s’inscrire dans une perspective de création de valeur via un business plan et des objectifs de développement. Cet engagement n’est possible qu’avec un appui des parties prenantes sur les thématiques financières, organisationnelles et humaines.
La mise en place de ce type de transmission est un procédé long et complexe, mêlant un grand nombre de sujets. Plusieurs conditions doivent être réunies pour que l’opération soit réalisable, elles portent autant sur le secteur d’activité, le marché, l’organisation, la structure humaine que sur les aspects purement financiers.

Comment monte-t-on un OBO ?
L’Owner Buy Out est un montage complexe faisant intervenir plusieurs acteurs. 
L’opération consiste à créer un véhicule d’investissement (holding) qui va racheter la totalité des parts de la société cible. Pour ce faire, la holding va être financée à la fois par un apport en titres de l’entrepreneur (permettant de liquéfier une partie du capital), un apport du personnel choisi pour la reprise, de la dette senior. Parfois aussi, pour les plus grosses opérations des fonds propres via un (ou plusieurs) fonds d’investissement, des quasi-fonds propres (dette mezzanine), une remontée de trésorerie.
Pour l’investisseur financier qui investit initialement, le but est de faire sa plus value en 5 à 7 ans, lors de la revente de la société. Il faut donc que la valeur de la cible ait augmenté significativement. Pour cette raison, il est très important de viser un développement via de la croissance externe (dans la majorité des cas). Le montage peut aussi prévoir une augmentation de capital de manière à apporter les moyens financiers nécessaires pour l’acquisition et le développement de la société.
A la sortie, un LBO peut-être réalisé pour permettre au management de devenir majoritaire en s’associant à un fonds suivant un montage semblable et auquel la société est maintenant habituée.

Y a-t-il d’autres intérêts à l’OBO ?
On peut profiter de plusieurs « effets de levier ». 
Levier opérationnel : optimisation de la gestion, accompagnement vers un fort développement ; levier fiscal : minimiser l’Impôt sur les Sociétés via l’intégration fiscale (attention à l’amendement Charasse) ; levier financier : utiliser la dette pour augmenter la valeur d’acquisition ; levier social : motiver le management en l’intéressant au capital ; et levier juridique : garder la majorité en ayant un apport en capital limité.

Y a-t-il des conditions favorables pour réaliser un OBO ?
Toute société ne peut pas prétendre à un OBO.
Au niveau des Ressources Humaines : la société doit avoir une structure RH solide. Un management en équipe va être mis en place pour avoir une optimisation et des synergies entre les intéressés et leurs compétences. Les personnes seront-elles à la hauteur ? Ne vont-elles pas lâcher le projet en route ? Il s’agit là du vrai moteur de la société, indispensable. Un audit fin et professionnel doit être réalisé à cet effet pour déterminer les envies, compétences et savoir-être de chacun. Pour assurer un transfert de savoir et de pouvoir complet, il faut s’appuyer sur une équipe solide.
Au niveau financier : une situation financière stable et in bonis est obligatoire. L’OBO va être un véritable catalyseur pour l’entreprise mais pour ce faire, il doit être réalisé sur une structure saine.
Au niveau du développement : tout projet doit être accompagné d’une vision à long terme permettant la création de valeur. Pour cela il faut, en plus d’une optimisation de la structure, aller vers une progression, une évolution de l’entité ; c'est-à-dire passer d’une phase de maturité à une nouvelle phase de croissance. Avec des objectifs de ce type, la croissance externe est la plus adaptée (diversification géographique, nouvelles compétences, renforcement sur un marché etc.) en sus d’une croissance organique plus classique. La vision du futur doit être clairement définie via des diagnostics stratégiques internes et externes afin de l’intégrer dans le business plan de la manière la plus objective possible.

A quoi faut-il faire attention ?
Transmettre une société est une épreuve délicate même dans le cadre d’un OBO. 
Durant le processus, une mésentente, un écart sur les objectifs, un problème bénin au départ peut, par effet domino, faire écrouler le projet.
Dans le cas d’un investissement avec un partenaire financier, le fonds d’investissement associé va avoir en plus une exigence forte à la fois en termes de volume de la plus-value (x fois la mise de départ), de rendement (TRI) et de durée d’investissement. Ces éléments étant tous liés entre eux, il s’agit de les combiner pour pouvoir répondre aux contraintes imposées par les fonds. Pour contrôler tout cela, le fonds demandera la mise en place de reporting allégés pour ne pas étouffer le management mais suffisamment précis pour mesurer les performances de l’entreprise. Au-delà des conséquences que peut avoir le non respects des objectifs (non remboursement de la dette, destruction de valeur, etc.), le risque est lié aux « pouvoirs » que vont avoir les parties prenantes. Ce périmètre va être défini dans un pacte d’actionnaires qu’il convient de vérifier et négocier (clauses de sorties, de valorisation, de gouvernance, etc.).

Comment maximiser les chances de réussite ?
Un seul mot : l’accompagnement.
Qu’il soit fait en interne ou par du conseil, il est indispensable, selon moi, de pouvoir intervenir en amont pour préparer la société : mettre en place une sorte de « contrat social » entre les parties prenantes, procéder aux audits, formations, embauches, restructurations éventuelles, réaliser les Business Plans.
Manager le process faisant collaborer beaucoup d’intervenants ayant des visions et des objectifs différents : banquiers d’affaires, fonds d’investissement, avocats, experts comptables, gestionnaires de patrimoine, fiscalistes ,etc.
Et, enfin, la mise en œuvre  opérationnelle : respect des plans d’actions, résolutions des problèmes au fur et à mesure, suivi lors des acquisitions futures, du développement.

Un projet bien mené, même ambitieux, a toutes les chances d’aboutir.

dimanche 27 octobre 2013

Nouvelles du monde : toujours aussi sombres...

L’Europe est obsédée par la dette de ses Etats alors que c’est la dette de ses entreprises et de ses citoyens qui est dangereuse, dit The Economist. Pendant ce temps, l’entreprise américaine joue avec les lois (et avec le feu ?). Entreprise (américaine), comment ne pas payer d’impôts ? Un montage qui permet de distribuer ce que l'on gagne est de plus en plus utilisé. C’est une association qui ressemble à un fonds d’investissement. (Ou à une expédition pirate ?) Du coup, l’entreprise est totalement dépendante du marché. (Comment peut-elle procéder à des investissements à long terme dans ces conditions ?) L’édifice dépendrait d’une interprétation habile de la loi, du bon vouloir du législateur, et de réseaux relationnels. Et la finance, c’est un casino. Une de ses activités est le « spread betting » : parier sur les mouvements des actions, entre autres.

Le Canada et l’UE ont conclu un partenariat de libre échange qui devrait établir un précédent. Il libéralise ferme, notamment les services. Faut-il s’étonner, lorsqu’un événement aussi important pour nos vies est passé sous silence, que l’on puisse craindre la prise de l’UE par les extrémistes ? En tout cas, pour la combattre, The Economist encourage les gouvernements nationaux à défendre l’UE et à affronter les eurosceptiques. L’alternative, une UE politisée, serait contre-productive.

En Allemagne, grande coalition. 80% des voix à l’assemblée. De quoi changer la constitution. L’opposition, elle, ne pourra plus se faire entendre. En France, le chemin de croix de M.Hollande est sans fin. L’affaire Léonarda montrerait « les limites du compromis ». (Tournant ?) En Angleterre, le gouvernement veut décourager l’immigration en lui rendant la vie impossible. Aux USA, un développement informatique pourrait réussir là où les Républicains ont échoué. Abattre Obamacare. Car il dépend d’un site web, qui ne parvient pas à fonctionner. (Grand classique !) En revanche, lors des prochaines négociations concernant la dette de l’Etat, une partie des Républicains est prête au compromis. Puerta Rico pourrait faire faillite.

Nouvelles encourageantes ? La BCE teste la solidité des banques européennes. Jeu dangereux. Mais « le plan de la BCE va vraisemblablement renforcer la confiance dans les banques de la périphérie ». Les fonds de pension devraient investir dans les infrastructures de transport. Ce que ne peuvent plus faire les gouvernements. Mais trop risqué. Alors, créons une banque d’investissement nationale dont les fonds achèteraient les obligations.

M.Singh, premier ministre indien, est sur le départ. Ne pouvant agir à l’intérieur il semble s’être rabattu sur la politique extérieure. Partenariats locaux visant à contrebalancer les menées chinoises. Son successeur pourrait ne plus, même, avoir cette latitude… Confirmation, Vietnam = Chine, sans son élite éclairée. Quant au Laos, désertification, pauvreté, « kleptocratie », 30% des terres vendues aux étrangers… Et « un tiers du pays toujours contaminé par des munitions américaines qui n’ont pas explosé ». (Ce qui ne le prédispose pas à écouter les voix de la démocratie ?) Aidé notamment par Zodiac, le Mexique veut acquérir des compétences de sous-traitance aéronautique. Les éditions universitaires sont en déficit. Victimes de l’augmentation des prix des journaux scientifiques, qui diminue les ressources des bibliothèques. Pour vendre en Afrique, il faut être du coin. Au Bengladesh, les conditions de travail dans l'industrie textile sont toujours aussi mauvaises. Mais, baisse des prix et manque d’investissement font qu’on ne peut pas les améliorer.

Élever un enfant ? Mission impossible aux USA. Le gamin y est intraitable. Mais on vient de découvrir une contre-mesure. Il est totalement dépendant des jeux électroniques. Il suffit donc de leur faire dire ce qui est bon pour la santé. Pierre Omydiar d’eBay utilise son argent pour construire notre monde selon son goût. Biographie de M.Bush. Son mauvais génie fut M.Cheney. Mais, il est parvenu à s’en débarrasser en fin de mandat. (Je note que ce que j’avais cru comprendre à l’époque est assez près de cette analyse.)

mercredi 14 avril 2010

Fin de crise ?

Quel avenir pour le monde ?


Nouriel Roubini, à son habitude, broie du noir :
Les problèmes liés à la difficulté de contrôler l’endettement privé doivent être résolus par des défauts de paiement, des réductions de dette et la conversion la dette en actions. Si, au contraire, l’endettement privé est trop socialisé, les économies avancées devront s’attendre à un avenir sombre : de sérieux problèmes de contrôle de la dette privée, publique et extérieure ainsi qu’une paralysie des perspectives de croissance économique.
Quant à Robert Shiller, qui a fort bien prévu l'imminence des deux dernières crises, il estime que l’avenir, comme leurs conséquences, est insondable, car le monde est chaotique.

Ma conclusion ? Lendemains peu riants, mais le plus dangereux serait de rester paralysé.

Compléments :

mardi 17 août 2010

Dette européenne

Le prix de la dette allemande et française est au plus bas. Remarques :
  • À qui profite le crime ? Qui achète cette dette ? Manœuvre des pays émergents pour maintenir l’euro à un cours élevé et rendre ses exportations sous compétitives, donc, à terme, détruire son tissu économique ?
  • Danger ? Si l’Europe fait comme la Grèce et l’Amérique et continue à vivre à crédit sans réforme structurelle, elle va connaître, comme la Grèce, des moments extrêmement désagréables ? 

samedi 15 août 2020

Danger post covid : libéralisme ?

Les réactions de l'économie sont contre-intuitives. Hier, France Culture interrogeait l'économiste Patrick Artus :
  • La dette n'est pas un problème, parce qu'elle n'est pas de la dette, mais une création monétaire de la BCE. Nous sommes tous devenus des Japonais. 
  • En revanche, cette création monétaire a un prix. Spéculation dans l'immobilier (ce qui est désastreux pour la population), ou dans les titres du Nasdaq, ou défiance vis-à-vis de la monnaie, et achat de monnaies alternatives (or, bitcoin...).
  • Le modèle libéral réagit en protégeant les revenus de l'actionnaire, c'est à dire en réduisant les salaires, et en délocalisant. L'envers de ce qu'attend la population. 
  • Problème majeur : celui de la déqualification. Des secteurs décroissent définitivement, pour d'autres, c'est le contraire. Il faut former les personnels des premiers pour aller vers les seconds (ce que la France ne sait pas faire, actuellement). Et, il y a une question de dette (pour les PME). 
Ce que cela semble dire, c'est qu'il va falloir que la collectivité réagisse vigoureusement : fourniture de logements à prix acceptable, re qualification, encouragement aux entreprises qui ne sont pas susceptibles de se délocaliser (les PME)... Fin du "libéralisme" (= chacun pour soi) ?

vendredi 10 juillet 2015

Déchet toxique grec

Si les négociation sur la dette grecque ne vont pas c'est qu'elles sont victimes d'un "déchet toxique". Les Grecs, semblent-ils, ne pourront jamais repayer leurs dettes. 

Si la Grèce était une ville ou une région française, l'Etat prendrait probablement en charge ses dettes. Si c'était une ville américaine (comme Detroit), elle ferait faillite. Y a-t-il d'autres solutions pour une zone géographique ayant une même monnaie ? En tout cas peu de pays européens semblent prêts à aider les Grecs. Alors, faut-il attendre suffisamment pour qu'ils se fassent une raison, et qu'ils comprennent que le cas de la Grèce n'est pas aberrent, qu'une union économique va devoir faire face à beaucoup d'autres aléas et que le cas grec est un exercice d'apprentissage ?

(En fait, il est possible qu'il y ait un second déchet toxique. Beaucoup craignent peut-être que, dette ou pas dette, la Grèce, mais aussi la France et l'Italie, soit incapable de vivre autrement qu'en parasite de la zone...)

PS. En appui de ma parenthèse : histoire de l'irresponsabilité grecque. 

dimanche 19 décembre 2010

Amérique éternelle

« L’histoire financière de l’Amérique a été celle d’une succession de batailles perdues contre la dette et l’inflation » dit une revue de livre.

Et cela s’est fait par une série d’innovations qui ont permis de contourner l’esprit de la morale que l’Amérique s’était donnée. « La ruée vers l’or a créé une alternative à la notion puritaine de travail et d'épargne, qui avait caractérisé les débuts de la nation ». « La loi sur le cours légal, sous Abraham Lincoln, a pavé la voie à l’acceptation du déficit. Les mœurs monétaires se sont encore plus relâchées dans les années 20 avec l’explosion du crédit à la consommation (lié au développement de l’automobile) et de l’investissement spéculatif, alimenté par la dette ».
Un certain nombre de thèmes reviennent. Exubérance irrationnelle des marchés financiers, amenant à intervalle régulier le développement puis l’éclatement de bulles spéculatives de crédit. L’instabilité (et le pouvoir politique) des banques, et l’inconscience fiscale des États. La répugnance à la fois du gouvernement fédéral et de celui des États de collecter suffisamment d’impôts pour financer leurs engagements. La tentation de recourir à l’inflation comme solution des déficits publics et de laisser la dette croître plus vite que l’économie. (…) La faillite était utilisée pour favoriser les affaires des aventuriers de la fin du 19ème siècle, de la même façon qu'elle a été employée au profit d'objectifs politiques, avec General Motors et Chrysler. (…) le Fed a servi la Maison blanche et les grandes banques avant de servir le peuple – par exemple en fournissant régulièrement des liquidités pour stabiliser les marchés financiers sous couvert de sauver l’économie réelle. (…) Dès la fin des années 70, le logement a commencé à remplacer la défense comme moteur de croissance. Bien vite, le mythe que l’on n’a jamais suffisamment de quoi que ce soit s’était enraciné. Progressivement, la politique visant à rendre le logement plus accessible est devenue une entreprise géante englobant 1500 organisations publiques et privées. (L’auteur) n’est pas le seul à se demander comment l’économie américaine va faire sans un marché du logement florissant.
Peut-être a-t-on là une application d'une théorie de Durkheim ? Quand on est innovant on l'est pour le bien et pour le mal. Quand l'Amérique ne trouve pas de moyens honnêtes de se développer elle en cherche d'autres ?

dimanche 22 septembre 2013

Le retour du long terme ?

Et si le monde devait se donner des objectifs à longs termes ? se demande Jeffrey Sachs. (Eliminer la pauvreté, les émissions de CO2…) Et agir comme elle l’a fait avec la loi de Moore en électronique : éliminer les blocages qui se trouvent sur la route du dit objectif. (Bonne idée, je crois : cela nous sortirait de la malédiction du cours terme.)

The Economist semble penser que l’Ouest a traité la crise syrienne à la manière munichoise (je suis en désaccord). En tout cas, elle est utilisée par la Russie pour retrouver un rôle central dans la diplomatie mondiale. Et l’Iran fait de son mieux pour retrouver les bonnes grâces des USA.

L’Angleterre et les pays du nord montent un front anti-immigration. Pour le moment, l’UE ne les entend pas. L’immigration est un résultat de l’ouverture des marchés voulue par le nord, et elle permet aux pays du sud d’écouler leurs chômeurs, qui pour certains sont hautement qualifiés.
Débats budgétaires américains : les Républicains toujours aussi cons (traduction littérale de l'anglais).

« Quand une dette n’est-elle pas une dette ? » Quand elle concerne les retraites. Aujourd’hui, les engagements (colossaux) les concernant ne sont pas comptabilisées. Mais, cette dette se réduit beaucoup plus facilement que celle due aux marchés. Aux USA, la planche à billets n’est pas prête de s’arrêter. Elle n’a pas eu encore d’effets sur les pauvres. En attendant, elle enrichit les riches.

La valorisation des entreprises américaines est revenue au sommet mondial. Mais il suffirait à celles des autres pays d’un peu mieux comprendre ce qui plaît au marché pour s’y trouver aussi.
15% de riches, 85% de définitivement pauvres. Fin de l’ascenseur social. Le type d’emplois que fournit l’économie est inaccessible au gros de la population. (Travaux de Tyler Cowen.)
McKinsey aurait l’avenir pour lui. Car son métier est d’apporter un peu de réconfort à des PDG stressés. Que ses missions de conseil soient utiles est secondaire. Bombardier attaque Boeing et Airbus. Pas de danger immédiat. Ce n’est que le début de l’offensive. La place des voitures électriques est en ville. Bonne nouvelle pour Bolloré.

La guerre entre le Bengladesh et le Pakistan a donné lieu à un génocide. Nixon était au courant, mais n’a pas voulu intervenir. Les Pakistanais étaient ses amis. Les raids de l’aviation alliée sur les villes ennemies ont été aussi meurtriers qu’inefficaces (la production a augmenté) et coûteux (40% des budgets). Reste à savoir pourquoi on a persévéré dans l’erreur.

Sciences. Les animaux verraient la vie d’autant plus rapidement que la leur est courte. 

dimanche 9 mars 2014

Monde sans pilote ?

Qui se préoccupe des conséquences qu’a le développement technologique actuel ? D'où tire-t-il son mandat ? me suis-je demandé en lisant la chronique technologique de The Economist. On y voit une chercheuse qui manipule des virus pour créer des microprocesseurs ; des tissus conducteurs qui peuvent rendre intelligents les vêtements, et légers et flexibles les conducteurs ; l’impression de tissus organiques (des équivalents organes nous sont promis pour demain). Plus généralement, la mode est à la copie du vivant : on veut faire gagner en vitesse les ordinateurs, en utilisant toutes les idées possibles, dont le câblage du cerveau ; on conçoit des objets volants sur le modèle de la méduse ; on cherche à communiquer par des processus chimiques (cf. les odeurs). Plus conventionnellement, les énergies renouvelables posent le problème de leur imprévisibilité. On aurait trouvé un moyen de les stocker en masse et bon marché (« batterie de flux ») ; et à faire transporter des quantités supplémentaires d’électricité par les lignes existantes (en passant de l’alternatif au continu). Finalement, le transport maritime se fera sans équipage. Un nouveau fléau apparaît : le pirate informatique.  Les catapultes électriques vont lancer les avions, civils et militaires.

Illusions perdues ? Pays émergents, bulle spéculative éclatée ? Les entreprises occidentales y ont investi des sommes colossales (3000md$ en 15 ans). Le retour sur investissement est faible. Le repli se fait plus ou moins en bon ordre. Fin du miracle africain ? On découvre que la croissance démographique africaine est beaucoup plus élevée que prévu (2,7md de personnes en 2050). Ce qui l’empêcherait de sortir de la pauvreté. Bulle de la prostate. On s’était enthousiasmé un peu vite pour les vertus du dépistage.

Rien ne change. Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, l’emploi et la masse salariale de l’administration augmente, en particulier en Allemagne et en France. Scandales bancaires. A chaque fois qu’un truquage est découvert, un autre est inventé. Après le Libor, on parle des taux de change et du cours de l’or. « La force du dollar vient de ce qu’il maintient sa valeur vis-à-vis d’une dette en dollars ». Le monde a besoin du dollar, ce dont l’Amérique continuera à profiter honteusement.

Ukraine. Enchevêtrement invraisemblable. Pays en faillite, lutte entre puissances nauséabondes. Occidentaux divisés. L’Est de l’Europe a peur, M.Obama en veut à ces ringards d'Européens de le détourner de ses véritables intérêts. Le FMI à la rescousse ? Avec la perspective que « l’argent du contribuable occidental serve à rembourser M.Poutine ou les fonds d’investissement qui ont acheté la dette à haut rendement ukrainienne ». M.Poutine ne chercherait pas à annexer la Crimée, mais à donner un nouveau souffle à sa présidence, en montrant sa force. Mais, à long terme, mauvaise affaire pour la Russie. L’UE va chercher à s’affranchir de sa dépendance à l’énergie russe, arme de M.Poutine ; les pays de l’est de l’UE sont effrayés et reconstituent l’OTAN ; l’Ukraine se tourne de plus en plus vers l’Ouest. Une fois de plus, Mme Merkel détient les clés du problème ? Elle ne veut pas d’une crise avec la Russie. C’est un partenaire de l’Allemagne et elle croit aux vertus de la patience et de la démocratie.

M.Hollande veut restructurer son gouvernement. Tout est possible. En Allemagne, on diminue l’âge de la retraite. Les Anglais ont confiance en leurs espions. Les Japonais relancent leurs centrales nucléaires. Le programme économique de leur gouvernement en a besoin. En Thaïlande, l’opposition s’est découragée, mais la justice pourrait être fatale à la présidente. Chypre aurait mieux pris le choc consécutif à son sauvetage financier que prévu. Son économie est résiliente du fait du tourisme des riches Russes et de ce qu’elle a pris la place du Liban comme « centre d’affaire de l’est de la Méditerranée ». Mais ce n’est pas brillant.

Aux USA, l’énergie solaire deviendrait rentable sans subventions. Aidée par des batteries révolutionnaires, un nouveau mode de production « distribuée » verrait le jour : chez l’utilisateur. Ce qui menacerait le modèle de production centralisé actuel (et les services qu’il rend). « Deux tiers des sinistres supplémentaires seront dus aux incitations à la construction dans des zones dangereuses. » C’est parce que l’on est assuré que l’on s’installe dans des zones à risque et que l’on est victime de catastrophes naturelles. (Variante, chez les assureurs des subprimes ?)

Le secret du renouveau de Lego ? Il est vu par les parents comme le contrepoison à l’abrutissement par Internet.

Les économistes inventent « l’homme concurrentiel ». Sa volonté d’ascension créerait la croissance et irriguerait l’économie. Hier, il était bloqué par la monarchie, aujourd’hui, il l'est par la dette.

Réchauffement climatique. Il aurait connu une pause momentanée. Mais les mécanismes qui le sous-tendent sont puissants. Grâce à lui on découvre de nouveaux méga virus, jusque-là congelés. 

mardi 23 août 2011

Perfide Germanie ?

Les marchés inquiets se précipitent sur la dette des Américains, Anglais et Allemands, entendais-je dire ce matin la BBC.

Du coup, ces pays paient leurs emprunts bien moins qu’ils ne le devraient.

Ce qui est curieux pour l’Amérique et surtout l’Angleterre, qui sont dans une situation plus préoccupante que celle de l’Europe, prise globalement. (Le déficit de la zone euro est de 4% contre 10 aux USA, et 8,5 à l’Angleterre - An unpalatable solution)

Quant à l’Allemagne, le statu quo lui est finalement extrêmement favorable. La panique actuelle abaisse le coût de sa dette, et dévalue sa monnaie. Si la Grèce n’existait pas le patron allemand devrait l’inventer ?

Compléments :
  • L’Allemagne a d’autant moins intérêt à une Europe unie que sa formidable économie ne le semble pas tant que cela (presque aucune croissance au précédent trimestre).


lundi 20 juin 2011

Répression financière

En phase d’inflation, empêcher les capitaux de partir à l’étranger et ne leur offrir que la dette d’État comme issue. Moyen de dégonfler la dette des nations, plus efficace que les impôts :

Ce serait plus ou moins ce qui se passe aujourd’hui : l’inflation est supérieure au rendement des placements, et les banques devant reconstituer leurs garanties doivent conserver leurs fonds à la maison. Mais l’effet serait limité. (The great repression)

dimanche 26 avril 2015

Immigration en Europe : mort par chaos ?

Enquête sur les boat people de l’Europe. Ils viennent des zones de conflit (Syrie), et de pauvreté (Mali). (Mais peut être pas d’extrême pauvreté, car il faut pas mal d’argent pour faire le voyage.) Leur nombre n’est pas en augmentation significative. S’ils meurent plus, c’est peut-être parce qu’en attaquant les bateaux des passeurs, l’Europe les force à prendre des embarcations de fortune. C’est aussi parce que l’Italie a mis un terme à son programme Mare Nostrum, qui repêchait les embarcations en difficulté. On lui reprochait d’encourager l’immigration. On pense maintenant que ce n’était pas le cas. Il permettait simplement d’éviter des morts. Alors pourquoi ne pas adopter le dispositif qui a permis la prise en charge mondiale des boat people vietnamiens ? Parce que l’Europe donne un tel spectacle de désorganisation lamentable que personne n’a envie de l’aider. (Quant aux Australiens, ils empêchent les boat people d'approcher de leurs côtes. Ils les auraient découragés.)

L’Europe, justement. Portrait en regard de MM.Schäuble et Varoufakis. Chacun ressemble à l’image que donne son pays. M.Schäuble est un invalide digne et droit. M.Varoufakis, un dilettante hypocrite, qui s’occupe fort peu de son ministère des finances, trop occupé à gagner de l’argent sur le circuit des célébrités et à mener la vie de la jet set. La Grèce est proche de la sortie. Les fonds spéculatifs ne croient plus à ses chances. L’impact de son départ, pour l’Europe, serait limité. Ce serait même une bonne opération pour les marchés financiers. Mais elle peut gagner du temps en payant ses salaires avec des reconnaissances de dette.  Quant à la France, son problème est la flexibilité de l’emploi, dit The Economist. Avec un euro inflexible, l’emploi doit s’adapter. Or, la France, contrairement à l’Allemagne, protège l’emploi en place. D’où chômage et précarité. MM.Hollande, Valls et Macron savent ce qu’il faut faire mais ils sont bloqués par la résistance du système (politique ?). Ils font donc du Schröder en sous marin. Ils facilitent les licenciements, notamment en réformant la justice. Et ils réduisent les charges patronales. De manière à ce qu’elle ne puisse pas être détectée, la manœuvre a été divisée en petits morceaux. Mais peut-elle être efficace dans ces conditions ? Et l’Angleterre, ne devrait-elle pas être notre modèle ? Voilà un pays qui a fait de la flexibilité de l’emploi sa loi fondatrice. Eh bien tout va mal, et M.Cameron, qu’interviewe The Economist, s’en fiche. L’Europe tape sur Gazprom. Message : M.Poutine est un tigre de papier. Les USA, depuis la guerre du Vietnam, ont maintenu la paix en Asie. La Chine en a profité pour se développer. Ce qui lui donne les moyens d’éliminer l’influence américaine… Quant au Japon, la protection américaine l’a infantilisé. Aux USA aussi M.Obama essaie de faire passer ses traités de libre échange en douce. Comme en France, son parti n’en veut pas, mais il a l’appui tacite de son opposition. Et il y a des tas de candidats à l’investiture républicaine. Pas que l’on compte être élu, mais parce qu’un coup de pub est toujours bon pour une carrière.

La Chine, Eldorado de la bagnole occidentale, c’est fini. Le marché se contracte. Maintenant surcapacité et guerre des prix. Cela va être fatal aux producteurs locaux. Mais ce n’est pas grave. Ce n’est pas le véhicule, mais le composant qui compte aujourd’hui. Les compagnies aériennes occidentales, c’est fini. Après le low cost, qui va attaquer le long courrier, les « connecteurs » mettent le dernier clou à leur cercueil. Emirates, Etihad, Qatar et Turkish Airlines emploient, comme l’Ouest, la technique de la subvention massive. Mais eux sont riches. Et leurs aéroports, contrairement à ceux de l’Ouest, sont à des emplacements stratégiques.

Il y a une grosse spéculation sur la dette d’entreprise. Cela devrait claquer l’année prochaine en Europe, et un peu plus tard en Amérique. (Attention, M.Drahi ?)

Les sciences du management n’ont plus que de vieux gourous. 

vendredi 20 août 2010

Histoire récente de l’Allemagne

A force d'accumuler des billets, j'en arrive à une idée curieuse : et si l’Allemagne avait joué un rôle dans l’histoire récente de l’Europe dont elle n'était pas consciente ? Mon analyse du moment :
  • Réunification. Le chancelier Kohl intègre l’Allemagne de l’Est à égalité avec l'Ouest. La population de l’Est (25% de celle de l’Ouest), se révèlera fort improductive : en dépit de mille milliards d'€ d'investissement le PIB de l'Est n'a pas bougé. Pour ne pas mécontenter l’opinion, M.Kohl emprunte plutôt que de lever l’impôt. La dette de l’Allemagne rejoint le niveau de celle des USA. 
  • Pour permettre cette politique il a besoin de ne plus respecter les critères de Maastricht. Du coup toute l’Europe s’en affranchit. Ce manque de rigueur est à l’origine des problèmes actuels de la Grèce, et de l’Europe en général. Ensuite, l’économie allemande pompe énormément de capitaux (dette), le mark augmente et déstabilise la politique des changes européenne (qui tente de réaliser l’euro), d’où une série de crises, ailleurs en Europe.
  • J’imagine, à ce point, qu’il prélève tout de même sur son économie ce dont il a besoin pour payer ses dettes. Ce qui la plombe. Pour rectifier la situation, le chancelier Schröder adopte une politique libérale qui comprime le système de protection sociale, et réduit de 20% le coût du travail. D’où nouveau déséquilibre européen, et incitation à imiter les réformes allemandes. Or, l’économie de l’Allemagne était naturellement bien placée pour tirer parti de la fortune des pays émergents. (Germany's economy: Back above the bar again.)
Contrairement à ce que pensent les Allemands, ils n’ont pas été les seuls à faire des sacrifices. Il est même possible que nous en ayons fait avant eux : la crise des années 90 n’a-t-elle pas suscité un fort chômage en France, par exemple ?

Même si l’on se place sur le plan économique, on peut s’interroger sur la vertu des uns et des autres. Les réformes allemandes, qui maintenant sont le lot de l’Europe, semblent en grande partie due à une unification faite selon des critères politiques et non économiques : l’Europe a intégré d’autres pays de l’est, sans que cela lui fasse aussi mal.

Compléments :

lundi 20 décembre 2010

Pension dumping - Retraites américaines


HAWTHORNE, Fran, Pension dumping, Bloomberg, 2008. Si je comprends bien, aux USA, ce sont les entreprises qui paient les retraites. Soit elles constituent des plans permettant au retraité de recevoir un montant prédéfini (comme chez nous), soit, de plus en plus, elles aident l’employé à constituer un pécule qu’il gère lui-même (401(k)). Cette dernière formule serait plus économique que la première pour l’entreprise, mais moins susceptible de retenir ses personnels qualifiés (et moins favorable au retraité, dont le montant de la retraite est incertain). C’est de la première que parle le livre. Elle concerne environ 13% de la population américaine. (28% en 1979.)

En fait, elle a été l’objet d’une sorte de nettoyage ethnique. Les entreprises et les fonds « charognards » (spécialisés dans la récupération des entreprises en faillite) ont découvert qu’il n’y avait dans cet engagement rien de sacré. En fait, c’était une dette ! Et la dette la moins bien protégée de toutes puisqu’elle appartient à des retraités qui n’ont plus aucun pouvoir de nuisance. Ils l’ont donc liquidée à la moindre faillite. Et, aux USA, la faillite n’est plus une honte depuis longtemps, mais une technique de management. (Le livre a été écrit avant la crise.) 

Bien sûr le retraité n’est pas laissé sans rien. À la suite de l'indignation produite par les premières liquidations, l’État fédéral a constitué une assurance qui prend en charge une partie des retraites non versées. On peut donc liquider la conscience tranquille.

En réalité, tout le monde a prêté la main à la liquidation des fonds de pension. Les entreprises ont utilisé des astuces comptables pour ne pas mettre l’argent nécessaire dans leurs fonds de pension, maintenant très déficitaires ; les syndicats défendent les actifs – non les retraités ; ils ont peut-être aidé à constituer des systèmes généreux parce qu’il était plus facile de promettre deux tu l’auras qu’un tien ; les tribunaux pour faillite font ce qu’ils peuvent pour reconstruire des entreprises les plus saines possibles ; si une société liquide son fonds de pension, ses concurrents ont intérêt à le faire ;  le management et les fonds charognards voient là une mesure d’économie rapide qui leur permet des gains de rentabilité immédiats ; les fonds de pension, eux-mêmes, sont clients de ces charognards. Et le phénomène n'est pas propre à l'entreprise : les fonds de pension des États de l’Union sont en sous-financement massif (381md$ en 2006) !

Le livre est aussi l’occasion d’une réflexion sur la retraite. En promettre une est nécessaire pour attirer un personnel qualifié et le conserver. Sans ces fonds de pension les entreprises qui en ont constitué n’auraient pu recruter. Par ailleurs, l’actif achète sa retraite : il accepte de réduire son salaire en échange d’elle.  (Bref, dans cette affaire, les retraités sont les dindons de la farce, on leur a promis quelque-chose qu’on ne voulait peut-être pas leur donner. Et en plus, ils ont payé pour !) La retraite permet aussi de se débarrasser des personnels âgés.

Commentaire

La rigueur intellectuelle, et morale, n’est décidément pas la caractéristique des USA. On y promet ce qu’on ne peut pas tenir. L’hypocrisie y va jusqu’à se décharger sur l’État de ses responsabilités, puis à l’accuser d’être trop gros, du fait d'une coupable mauvaise gestion !

Le plus curieux, grave ?, est peut-être notre propre attitude. Car depuis des décennies on nous donne l’Amérique comme modèle. Il est concevable que la culture américaine trouve sain ce que décrit ce livre, mais est-ce compatible avec la nôtre ? Ne serait-il pas normal que l’on soit informé d’où on veut nous amener ?

Compléments :

dimanche 29 mai 2011

Du danger des dettes externes

Les pays en danger sont ceux qui ne maîtrisent pas leur monnaie et dont la dette est possédée par des étrangers. Ils font peur aux financiers.

Pourquoi ? Parce que, sinon, soit vous dévaluez votre monnaie, soit vous imposez massivement vos créanciers nationaux, et l’affaire est dans le sac. (External versus domestic debt in the euro crisis | vox)

Il y a quelque chose qui m’échappe dans cet argument. La dette d’un pays qui peut dévaluer sa monnaie (USA, Angleterre, par exemple) peut rapidement ne rien valoir. Pourquoi devrait-elle paraître plus sûre que celle de la zone euro ? 

samedi 30 juin 2012

Notre système monétaire creuse notre tombe ?

Décidément, nous vivons sur de la dynamite. Après notre consommation de ressources naturelles, qui nous conduit à la catastrophe, voilà que notre système monétaire est par nature instable. C’est du moins ce que j’ai compris du résumé d’une étude du Club de Rome. (Money and Sustainability – the missing link | THE CLUB OF ROME (www.clubofrome.org))

Notre situation est effectivement délicate : plus personne n’a le droit à la dette, alors qu’une masse de gens va arriver à l’âge de la retraite. On prévoit que le rapport dette sur PIB devrait atteindre 3 à 6 d’ici 2040, dans la plupart des pays de l’Ouest. Il semble aussi qu’il y ait quelque chose de malsain dans nos marchés financiers : « En 2010, le volume des transactions en devises atteignait 4000 milliards $ par jour. Un jour d’importation et d’exportation de tous les biens dans le monde représente environ 2% de ce chiffre. Ce qui signifie que 98% des transactions sur ces marchés sont purement spéculatives. »

Notre système monétaire aurait des vices redoutables : la crise serait endémique (en moyenne dix pays connaissent une crise chaque année) ; il influencerait notre comportement (asocial, court-termiste…) ; il mettrait les gouvernements entre les mains des marchés financiers.

Solution ? Un « écosystème » de systèmes monétaires locaux, chaque institution (entreprise, commune, pays, ONG…), créant la ou les siennes.

Apparemment, il y aurait des théories scientifiques solides derrière tout cela… (à creuser)