dimanche 3 juin 2012

La médecine doit gagner en productivité

De plus en plus de vieux et de maladies chroniques : le système médical traditionnel ne tiendra pas le choc.

Il faut faire gagner en productivité le médecin. Réserver son intervention aux cas les plus complexes, et, pour le reste, faire appel à des personnels moins qualifiés, et à des machines. Nous serons bientôt équipés de capteurs, et suivis à distance.

Pour le moment, la corporation médicale s’oppose au changement.

L’article : Squeezing out the doctor

Les racines catholiques de l’Europe

Vendredi, j’entendais Elie Barnavi dire à France Culture qu’il regrettait que l’Europe n’ait pas reconnu ses racines catholiques. En effet, la religion catholique serait à l’origine de beaucoup de choses qui nous sont chères, comme les droits de l’homme. En conséquence de quoi, il n’y a pas de place pour la Turquie chez nous.

Ce type d’argument me surprend. Pourquoi ne pas parler aussi de la Rome des origines, qui nous a fort influencés, sans être chrétienne (cf. César, conquérant de la Gaule). Quid des autres peuples qui ont occupé l’Europe, et leurs cultures ?...

D’ailleurs, à l'opposé, et si l’Europe s’était faite contre la religion catholique ? Le protestantisme d’abord, les Lumières ensuite ? Et si c’était, justement, les valeurs des Lumières qui étaient le fondement de l’Europe ? C’est, du moins, ce que pense Tzvetan Todorov : Les Lumières et l’identité de l’Europe.

Reengineering : qu’est-ce ?

J’ai commenté un billet de Dominique Delmas en disant qu’il avait fait un reengineering. Où ai-je pêché ce barbarisme ? Voici un extrait d'un de mes livres :
Frederick Taylor (1856-1915) semble avoir été la première personne à porter le nom de « consultant en management ». Son travail sur le « management scientifique » a marqué de manière indélébile l’organisation des entreprises occidentales et le conseil en management moderne.
(…) Son apport fondamental a été la notion de « processus », c’est-à-dire la suite de « mouvements élémentaires » qui permet d’obtenir un résultat donné à partir de ressources elles aussi données. Parler de mouvement élémentaire pour une machine est correct, mais qu’en est-il pour l’homme ? Pourtant, Taylor n’a jamais douté qu’il existait. La base de son édifice est ainsi que l’homme peut-être programmé.
L’obsession de Taylor était d’appliquer la science à l’optimisation de ce processus (c’est-à-dire de pousser au maximum la production), ce que l’on appellerait maintenant un « reengineering ». Sa technique consistait soit en une expérimentation systématique, soit en l’observation des « meilleurs » ouvriers (c’est-à-dire les plus rapides), afin d’en déduire les « meilleures pratiques » (les suites de mouvements les plus rapides), chaque mouvement étant chronométré indépendamment. Voici les origines du « benchmarking ».
Une fois l’optimum découvert, il le consignait dans des procédures que devaient appliquer les ouvriers. On reconnaît le « knowledge management » du consultant (car, pour lui, connaissance égale procédure).
Autrement dit un reengineering est une nouvelle conception des procédures de travail de l’entreprise, de manière à ce qu’elle gagne en productivité. Le terme lui-même est associé à Michael Hammer, un professeur du MIT, qui en a fait un grand usage dans les années 90. Bienvenue dans le monde du conseil en management !

Dans une prochaine série de billets, on verra:
Compléments :
  • Mon livre est : Conduite et mise en œuvre du changement : l’effet de levier, Maxima 2003 et 2007. Mes sources concernant Taylor : KANIGEL, Robert, The One Best Way: Frederick Winslow Taylor and the Enigma of Efficiency, Viking, 1998.

samedi 2 juin 2012

François Hollande, vu de l’étranger

The Economist avait jugé M.Hollande « dangereux » avant les élections. Et maintenant ?

Il pense comme nous : quelques succès faciles, mais il n’a pas attaqué les difficultés, élections législatives obligent. (France’s new president: The first steps of St François | The Economist)

À en juger par ma propre expérience, il n’est pas toujours aisé de réussir ce qui paraît facile. D’autant plus qu’on n’a pas le droit de le rater… 

Comment sauver l’Espagne

Comment sauver l’Espagne ? se demande The Economist.

La Grèce, cas désespérant, ayant été plus ou moins enterrée, il faut se préoccuper de l’Espagne qui, elle, constitue un sérieux danger pour l’Europe.

Apparemment, le gouvernement espagnol soignerait le déficit du pays, alors qu’il devrait recapitaliser ses banques, qui chancellent sous les conséquences de la spéculation immobilière qu’elles ont alimentée. D’ailleurs, l’État espagnol était relativement peu endetté avant la crise. Mais maintenant il l’est. Comment s’endetter plus ? L’Europe, l’Europe ?

Compléments :

Internet peut-il changer notre façon de créer ?

Spencer Wells dit que l'homme, depuis qu’il s’est assis autour d’un feu de camp, innove par la culture (La société contre l’homme). Il crée en groupe. J'en suis arrivé à penser qu'Internet pouvait permettre de faire un reengineering de ce processus. Les étapes de ma réflexion :

vendredi 1 juin 2012

Pourquoi l’homme est-il irrationnel ?

Jadis, il était interdit de dire que l’homme était irrationnel, cela n’allait-il pas à l’encontre des théories néo libérales, qui veulent que le marché soit parfait, car constitué d'acteurs isolés et omniscients ? La crise peut-être ? les preuves scientifiques de notre irrationalité innée s’empilent. On essaie maintenant de lui trouver une explication.

La dernière en date considère qu’elle s’explique par le fait que l’homme est un être social. En société, ce qui compte n’est pas d’avoir raison, mais de convaincre. Ce serait la société, dans son ensemble, qui aurait pour but d’extraire par le débat le vrai du faux. Et c’est cet art du débat qui nous rendrait exceptionnellement créatifs, en groupe !

Mieux, grâce au langage, nous sommes au contact de gens inconnus. Il nous a fallu inventer des mécanismes encore plus efficaces d’évaluation de la vérité… cercle vertueux.

Finalement, enseignement qui interpellera ceux qui ont des enfants : il est meilleur pour l’enfant, y compris pour sa performance individuelle, de travailler en groupe que seul. « Les systèmes éducatifs sont encore trop orientés vers le développement de connaissances individuelles et le raisonnement analytique – ce qui, comme les montre la recherche, peut nous encourager à justifier nos biais et à renforcer nos préjugés. »

Non seulement le modèle néo-libéral est menacé, mais aussi celui de l’Éducation nationale !

Compléments :
  • La sélection naturelle a-t-elle dit son dernier mot ? Aujourd’hui, un individu peut avoir le sort de la planète entre les mains. Il est dans notre intérêt qu’il n’ait pas que la volonté de convaincre, mais aussi le sens des responsabilités, et la conscience de ses défauts. 

Internet peut-il révolutionner la communication d'un patron charismatique ?


Le cas. L’entrepreneur est un surhomme, qui sait tout faire. C’est le meilleur commercial de son entreprise, son enfant. Les médias sociaux ne peuvent-ils pas être un formidable porte-voix ?

Michel-Edouard Leclerc, Bill Mariott (les hôtels), Jonathan Schwarz (Sun Microsystems) parmi beaucoup d’autres se sont emparés des médias sociaux pour entretenir une conversation avec leur marché. Attention, conversation et pas communication. Les médias sociaux n’ont rien à voir avec la presse, à sens unique et aléatoire. Et cette conversation joue un rôle critique dans les changements. C'est-à-dire lors des transitions (par exemple une acquisition) ou dans les crises (l’entreprise est attaquée à tort, les hôtels Mariott sont victimes d’attentats terroristes…). Un point important : l’impact. Ne pensez pas audience, mais impact. Ce que vous permettent Internet et les médias sociaux, c’est de toucher les gens qui comptent pour vous. Ils ne sont peut-être pas plus de dix ou cinquante, mais ce sont ceux qui peuvent faire votre fortune. Si vous avez une grosse personnalité, si vous êtes un bon communicant, les médias sociaux peuvent donner des échasses à l’image de votre entreprise.

Gaia, ou la terre comme système (fragile ?)

L’hypothèse « Gaia » dit que la terre est un « système » (au sens « dynamique des systèmes ») qui fournit des conditions idéales de vie pour l’homme. L’intérêt d’une terre système est qu’elle tend à nous pardonner nos erreurs, de même que le thermostat, exemple type de système, maintient une température constante.

La terre serait faite d’un certain nombre de mécanismes de régulation, qui permettent, par exemple, la répartition sur la planète des pluies ou de la chaleur. Comme il est courant en systémique (c’est l’effet de levier dont parle régulièrement ce blog), ces mécanismes peuvent changer brutalement, sans que l’on sache trop pourquoi. Plus curieux, ils pourraient être tous liés les uns aux autres. L’espèce humaine pourrait-elle disparaître en un claquement de doigts ?

En tout cas, cette théorie semble dire que la nature (écosystème) n'est pas indépendante de l'homme. L'homme doit entretenir un environnement favorable à sa vie. Donc, il ne permet pas à la nature de faire ce qu'elle veut. D'une certaine façon, il a intérêt à bloquer son évolution. 

Petit traité de manipulation : antidotes

Ce blog répète que la société évolue par cycles. Après le Yang, le Yin. Bref, la manipulation a mangé son pain blanc. Comme le montre la série du Petit traité de manipulation, la société a commencé à identifier ce mal. Il me semble aussi qu’elle redevient une société, c'est-à-dire un tissu d’entraide. En attendant, que faire pour ne pas être manipulé ?