samedi 13 février 2010

Allongement des retraites

Arrivée en masse de retraités, la durée de vie augmente, catastrophe imminente. Sondage : 59% des Français ne veulent pas d’un allongement du temps de travail. Pourtant c’est une solution évidente à la question. Paresse et résistance au changement ?

Avant d’allonger leur temps de travail, il faut mettre les gens au travail. Sinon la mesure revient à réduire, massivement, le montant des retraites. Or, nous avons un des plus faibles taux d’emploi des plus de 50 ans des pays « développés ». Ensuite, il faut adapter les conditions de travail à l'âge des travailleurs. Aussi, peuvent entrer en jeu des raisons de justice sociale, la fameuse guerre des générations dont on parle de plus en plus.

Toucher aux retraites n'est jamais facile. Mais les pays qui ont mené à bien une ou plusieurs réformes importantes ont pris le temps de négocier (quatorze ans en Suède pour la réforme de 1998). Ils ont proposé des compensations pour les perdants potentiels, notamment les personnes ayant des carrières atypiques (principalement des femmes et les personnes les moins qualifiées). Et ils ont clairement posé la question de la solidarité entre les générations qui appelle un effort des plus jeunes retraités, relativement aisés.

Message des sondages : le gouvernement doit apprendre à réformer le pays autrement que par décret ?

Compléments :

Changement et crise

La période actuelle est peut-être une démonstration des vertus de la crise :

  • L’Europe est critiquée de toute part : Obama méprise sa désorganisation, les Chinois l’ont ridiculisée à Copenhague, la zone euro n’arrive pas à tenir en équilibre
  • Du coup, elle est obligée de se réformer. Sortira-t-elle de la crise plus unie et plus efficace ?

Compléments :

Transformation de l’entreprise française

Après-guerre l’économie française est dominée par des conglomérats, des « champions nationaux », qui sont une extension de l’État. Peu capitalisés et fortement endettés, ils sont étroitement contrôlés par l’État, qui régule les flux financiers. Leurs activités rentables épongent les pertes d'activités non concurrentielles dont elles protègent les employés. Le rôle des hauts fonctionnaires, leurs dirigeants, est plus d’appliquer une politique économique, en se coordonnant entre eux, que de développer des entreprises qu’ils connaissent mal.

Ces conglomérats sous-capitalisés et sous-managés sont inadaptés au changement des règles du capitalisme des années 80. Déréglementation et globalisation. La bourse remplace les banques comme moyen de financement, l’échange d’actions devient un véhicule d’acquisition, les investisseurs américains envahissent le monde…

Les conglomérats avaient deux moyens de devenir performants dans un monde dirigé par la valeur actionnaire :

  1. La solution allemande : rendre transparente la structure du conglomérat. Ce qui permet une protection des actionnaires et une allocation optimale des ressources.
  2. La solution française : disloquer les conglomérats en unités spécialisées ; en laissant périr les activités non rentables. Ce choix s’explique par nos caractéristiques nationales. En Allemagne, le personnel est autonome, polyvalent donc facilement adaptable au changement, et bien formé par une formation professionnelle nationale, l’entreprise est, d’une certaine façon, « cogérée ». La France obéit au modèle taylorien : des cols blancs définissent des règles qu’appliquent des cols bleus spécialisés et formés par l’entreprise selon ses besoins. En outre il y a de multiples conflits : les dirigeants et les actionnaires majoritaires n’ont pas intérêt à la transparence allemande : elle profiterait aux employés et aux actionnaires minoritaires. L’entrée en force des investisseurs étrangers, américains surtout (en 2001, plus de 41% du CAC40 appartenait à l’étranger), qui sont favorables à la spécialisation, a accéléré la mutation.

L’État français, qui, jusque-là, réglementait fermement les relations de travail (autorisations de licenciement...), s’est brutalement retiré. Ce qui a permis aux dirigeants de réformer leurs entreprises comme ils le désiraient, sans contrepoids. L’État semble aussi avoir fait une erreur : en essayant de constituer des noyaux durs, des participations croisées susceptibles de protéger les entreprises françaises de prise de contrôle extérieur, il les a affaiblies. Elles manquaient de capital, il l’a immobilisé dans des participations sans intérêt stratégique. Ce qui a facilité les prises de participation étrangères.

Commentaires

Une partie de la population française a fait les frais de cette transformation, mais était-elle parable ? Les faiblesses de l’édifice français sont structurelles : au fond, la France suit le modèle de l’Ancien régime, avec un État qui veut tout gérer, et qui est dépassé par la complexité de sa tâche, une élite superficielle, et une population peu qualifiée, du fait d’un système éducatif inadapté.

Compléments :

  • Ces idées viennent de GOYER, Michel, La transformation du gouvernement d’entreprise (in La France en mutation, 1980 – 2005, Presses de la fondation nationale des Sciences politiques, 2006).
  • La remis en cause du système de Bretton Woods a-t-il été le déclencheur de tous ces bouleversements ?
  • En fait, le gouvernement semble avoir tenté un changement qui aurait permis le sauvetage du modèle français, au moins dans son esprit : Le changement de l’économie française.

vendredi 12 février 2010

Salaires des patrons (suite)

J’ai l'intuition que les grands patrons ont considérablement augmenté leurs salaires ces dernières décennies. Juste ? En tout cas, probablement vrai pour les USA :

Entre 1936 et 1939, la rémunération moyenne des 150 dirigeants les mieux payés des 50 plus grandes entreprises américaines représentait 82 fois le salaire moyen. Entre 1960 et 1969, ce ratio était tombé à 39. Mais, après l'élection de Ronald Reagan, en 1980, ce ratio est remonté en flèche, pour atteindre 187 durant la décennie 1990 et culminer à 367 au début des années 2000 ! Cette envolée est liée en particulier au développement d'un mécanisme de rémunération qui n'existait quasiment pas avant les années 1950, mais qui concerne aujourd'hui 90 % des patrons américains : les stock-options.

Pour les patrons français, je n’ai pu rien trouver d’équivalent, mais la tendance est au moins similaire :

En 1989, la révélation du salaire du président de Peugeot - 36 fois le smic - avait créée une onde de choc à travers la France. Vingt ans et une crise financière plus tard, les 50 principaux dirigeants du CAC 40 touchent en moyenne 240 fois le smic, révèle jeudi une étude du cabinet d’analyse financière PrimeView pour le magazine économique "Capital".

Ces augmentations ne seraient dues à rien d’autre qu’à un rapport de forces favorable aux grands dirigeants (et à certains de leurs salariés, comme les traders) :

Les managers (ont fait) alliance avec les investisseurs institutionnels, acceptant notamment, via les stock-options, de lier leur sort à celui du cours des actions.

Sort lié à l’action ? Il semblerait surtout qu'il y ait corrélation négative. Une analyse d’un échantillon de 90 sociétés :

Les 9 actions qui ont le plus progressé depuis 2001 (+ 640 % d'appréciation moyenne) sont celles des 9 patrons les moins bien payés (203.000 euros en 2008) Et les 9 actions suivantes, pour leur gain au cours de la même période (+ 160 %) correspondent au deuxième groupe des patrons les moins bien rémunérés (236.000 euros en 2008). A l'autre extrême : les 9 actions les moins performantes (76 % de dépréciation moyenne depuis 2001) sont celles des 9 patrons les mieux payés en 2008, avec 675.000 euros en moyenne. Et le deuxième groupe des actions les moins performantes (-54 %), rassemble le deuxième groupe des patrons les mieux payés (438.000 euros ).

Pour s'enrichir significativement, le patron doit dépecer sa société ?

Compléments :

  • Ce qui a suscité la réflexion : Salaire des patrons, Sarkozy et les salaires. Au passage j’apprends que les arguments de MM Sarkozy et Obama sont de bien vieilles ficelles. Pour que le supérieurement honnête et intelligent Obama utilise de tels sophismes grossiers, c’est qu’il doit désespérer de l'intelligence humaine…

L'un des arguments les plus utilisés pour justifier les niveaux de rémunération très élevés des PDG consiste à considérer qu'ils jouent désormais dans la même catégorie que les acteurs, les chanteurs ou les sportifs. Ce raisonnement ne tient guère la route. Tout d'abord, à de rares exceptions près, les PDG les mieux payés, gagnent nettement plus que les people les mieux rémunérés. Mais surtout, si les stars gagnent beaucoup d'argent, c'est en fonction de leur capacité à engendrer des flux de revenus colossaux sur leur seule activité, sous forme de billets de cinéma, de spectacle ou encore en associant leur image à des publicités. Rien à voir, même s'il y a aussi toujours des "petites mains" derrière le succès des stars, avec le succès d'une entreprise fondée sur le travail, la créativité, l'engagement et l'efficacité de dizaines de milliers de personnes.

Performance scolaire et composition des classes

En quoi la composition d’une classe influe-t-elle sur les résultats d’un élève ?

  1. Y a-t-il ou non présence importante du segment le moins doué de la population (les 5% les plus bas) ? Si oui, il y a une nette baisse des résultats de tous les élèves.
  2. Y a-t-il a beaucoup d’élèves brillants ? Si oui, c’est favorable aux filles brillantes et défavorable aux garçons brillants.

Ce dernier résultat s’expliquerait par une aptitude naturelle aux stratégies sociales chez les femmes, non présente chez les hommes.

Compléments :

jeudi 11 février 2010

Salaire des patrons

B.Obama reprenant les propos de N.Sarkozy justifie le bonus d’un patron de banque en le comparant à celui d’un sportif.

Les commentateurs locaux notent que les dits athlètes n’ont ni créé une crise mondiale, ni été sauvés par les contribuables, pas plus qu’ils ne vivent grâce aux subventions de l’État.

Nos hommes politiques sont-ils capables de réfléchir, ou ne font-ils que capter des modes qui courent ça et là ?

Christophe Faurie

Il y a quelques mois Thomas Blard a fait de moi une interview. Je ne me souvenais pas de ce que j'avais dit, l’entretien n’ayant pas été préparé, et moi ayant répondu sans beaucoup de réflexion aux questions posées, un peu surprenantes. Y avait-il un thème à ressortir de mes propos ? me suis-je demandé. J'ai donc regardé la vidéo de l'interview.

En fait, je n’en sais toujours rien. Je ne me suis pas vraiment écouté. J’étais tout au spectacle. C’est extraordinaire à quel point Thomas passe bien. On ne s’invente pas journaliste. Quant à moi, je me trouve beaucoup mieux que ce que j'attendais. Un peu savant nimbus, certes, mais s’il fallait refaire cet entretien, je ne suis pas sûr que je répondrais aussi bien. Suis-je le seul à en comprendre le sens ? Je finis par croire, comme le groupe Anvil, que dans certains cas on n'a de responsabilité que vis-à-vis de soi...


Trouble shooter par DECIDEURS TV

mercredi 10 février 2010

La régionalisation de la France

LE GALÈS, Patrick, Les deux moteurs de la décentralisation, concurrences politiques et restructuration de l’État jacobin, in La France en mutation, 1980 – 2005, Presses de la fondation nationale des Sciences politiques, 2006. Difficile de savoir quoi penser de la régionalisation française :

C’est un mouvement paradoxal. On pourrait le croire issu d’une pensée libérale, visant à dissoudre l’organisation bien propre de l’État jacobin pour donner le pouvoir à l’individu. Or, commencé dans les années 60, il a été majoritairement porté par la gauche, et il a conduit à un alourdissement préoccupant du poids public. Car, si, ailleurs dans le monde, il y a eu « décentralisation de la pénurie », probablement du fait du poids politique de leurs élus, les collectivités locales ont obtenu les moyens de leurs nouvelles responsabilités. Aujourd’hui elles représentent « plus de 70% de l’investissement public ». Curieusement, la dislocation n’a pas signifié victoire du libéralisme : les pouvoirs locaux semblent être des mini  États providence cherchant à s’arroger les prérogatives de l’État. Avec peut-être l’émergence (préoccupante) « d’oligarchies » public-privé. L’État aurait été repoussé à un rôle de stratégie et de contrôle, surtout financier (le ministère des finances est un gagnant de la régionalisation). Cependant les structures traditionnelles (commune, département, Sénat) ont résisté, ce qui ne clarifie pas le paysage.

Commentaires

J’en suis réduit aux questions :
  • La régionalisation aurait-elle été l’expression des ambitions des potentats locaux, désireux de se constituer une République personnelle ? Reflète-t-elle un besoin de la population ?
  • La régionalisation semble avoir augmenté le poids des dépenses publiques. Mais ces dépenses sont devenues difficilement contrôlables, du fait de leur dispersion. Ce système délocalisé est-il efficient, n’aurait-on pas de synergies à réaliser en recentralisant un peu la France ?
  • N’y a-t-il pas risque de déséquilibre entre acteurs locaux, les plus forts accroissant sans arrêt leur avantage au détriment des plus démunis ?
À creuser.

Pauvre Angleterre

Après l’Amérique, c’est un autre modèle du libéralisme qui semble en un peu moins bonne forme qu’on ne le croyait :

Les Britanniques sont depuis des siècles des soulards et des bagarreurs, mais aujourd’hui leur comportement autodestructeur reflète en partie la perception que leur vie ne vaut pas beaucoup. Quand aux enfants qui ont des enfants, il y a des preuves ailleurs que si les filles reçoivent une meilleure éducation – pas seulement sexuelle, mais aussi dans des domaines susceptibles d’améliorer leurs chances de trouver un travail – elles ont moins de chances d’être enceintes avant 16 ans. Cependant, en dépit du discours officiel sur l’amélioration continue des résultats d’examen, la Grande Bretagne commence à chuter dans les classements internationaux d’efficacité éducative.

How broken is Britain?

Compléments :

mardi 9 février 2010

Qu’est-ce qui pousse le PS ?

France et immigration m’a fait découvrir que pour la gauche la lutte contre la discrimination vis-à-vis des immigrants était une cause quasiment religieuse.

J’en suis même arrivé à me demander si elle n’inventerait pas cette discrimination si elle n’existait pas. J’ai été particulièrement surpris de la sorte de Blitzkrieg menée par Martine Aubry, convaincant l’Europe de voter une loi sur la discrimination, qu’elle a cherché ensuite à nous imposer. Pour ne pas nous avoir consultés, elle devait être particulièrement sûre de son fait.

Ce soir j’entendais le fondateur de L’Harmattan, qui parlait de son engagement, lui aussi quasi religieux, dans la décolonisation. Et l’idée suivante m’est venue : est-ce que ce qui pousse l’intellectuel socialiste n’est pas une vision du « bien », des valeurs à faire entrer dans la société quel qu’en soit le coût pour les peuples du monde ?

N’est-ce pas pour cela que la décolonisation a joué un rôle aussi fondamental dans l’imaginaire de gauche : les anciennes colonies étaient des terrains d'expérimentation de son idéologie ?

Mais alors n’y a-t-il pas contradiction entre un PS qui se voit comme devant nous apporter la lumière, et le rôle d’un parti de gouvernement qui doit représenter la volonté du peuple ? À moins que l’intellectuel socialiste ne pense que cette volonté ne s’exprime qu’un instant : quand nous lui donnons notre vote ?

Compléments :

La France arme l’URSS

Pourquoi la France vend-elle des bateaux à la Russie ? se demandent les Anglo-saxons avec consternation. Il y a toujours quelque chose de honteux à être français.

Et pourtant nos actes ont peut-être une explication simple : la France ne peut vendre à personne d’autre que la Russie, simplement parce que sur les marchés honorables, elle est écrasée par l'influence politique américaine. Or, il se trouve qu’à un moment où l’Amérique nous déverse sa crise, en dévaluant sa monnaie, notre économie a plus que jamais besoin de débouchés.

Les Anglo-saxons sont les champions absolus du bien, tout ce que nous pouvons faire ne peut qu’être mal. Ils devraient en prendre conscience et aussi comprendre que nous pourrions un jour leur être utiles, et nous laisser un peu de leur « bien » pour survivre…

Compléments :

  • Comment l’Anglo-saxon a su mettre le bien à son service : Perfide Albion.

Le Chinois est économe

Le Chinois est économe, et cela déséquilibrerait le système financier international. Pourquoi épargne-t-il ? Explication d’un économiste :

Parce qu’il préfère les garçons. La corrélation entre le déséquilibre garçons / filles (122 à 100 à la naissance) et le taux d’épargne semble avéré.

Sensibiliser le Chinois aux droits de la femme pourrait rétablir l’équilibre de la finance mondiale ?

Anne Sophie Cruque-Merle

Anne-Sophie Cruque-Merle est DG de 6AM. Sujet de notre conversation : dans le domaine de la pub, Internet va-t-il tuer la télé ?

Selon toutes les mesures d’impact, dit-elle, Internet semble équivalent à la télé. Et parfois c’est bien mieux (ça a rajeuni l’image de Tati, par exemple). Toutes les populations paraissent également touchées. Par exemple, les retraités seraient une cible particulièrement intéressante : ils verraient Internet comme un lien avec leurs petits enfants ; surtout ils ne sautent pas de page en page comme les jeunes, mais les parcourent avec soin, et seraient plus joueurs et disposeraient de bien plus de temps que ces derniers.

Internet est surtout deux fois moins cher que la télé (cela sera-t-il toujours le cas si la demande augmente ?). Les multinationales de la grande consommation pourraient ainsi réduire massivement leurs budgets publicitaires, un des principaux postes de leurs dépenses. Cela donnerait, aussi, accès à la discipline reine de la communication à de plus petites entreprises. Le marché de la publicité va-t-il grossir ?

Mauvaise nouvelle pour les télévisions ? Quid des agences de communication ? Beaucoup pourraient subir le sort de la presse : Internet signifie une réactivité (mesures d’impact en quasi temps réel, qui demandent des modifications des publicités) qu’elles n’ont pas ?

Compléments :
  • Les réseaux sociaux sembleraient être propices à la publicité.
  • La femme serait-elle l’avenir du management ? Je suis frappé par le talent des dirigeantes que je rencontre. Esprit de décision, courage, compréhension des mécanismes humains qui mettent en mouvement les organisations : portrait de leader du changement ? Une femme doit être un champion du changement pour émerger ?

lundi 8 février 2010

Soviétique Amérique

« L’Amérique a projeté une image de modernité, de supériorité technologique, cachant un honteux petit secret. Derrière le chrome, ça tombe en ruines. (…) Beaucoup d’Américains ne voyagent pas beaucoup et peuvent ainsi croire leur propre propagande ». Voici ce que dit le correspondant de la BBC à Washington, qui a été privé d’électricité pendant 48h.

Raison ? Fils électriques aériens, si bien que dès que le temps se gâte, ils sont coupés.

C’est étrange comme cette description ressemble à celle que l’on aurait pu faire de l’URSS, il y a quelques décennies. C’est aussi bizarre que l’on ait pu nous donner en exemple de tels pays pendant aussi longtemps, et que nous ayons pu croire ce que l'on nous disait.

Crise mondiale ?

L’euro est attaqué, et si les USA devaient venir à son secours ?

Car tout le mécanisme de sortie de crise des USA et de la Grande Bretagne repose sur une monnaie sous-évaluée et sur un euro surévalué (le Yuan étant sous-évalué par rapport au dollar). La baisse de l’euro fait donc les affaires de l’Allemagne et de la France, qui n’ont aucun intérêt à intervenir, mais compromet celles du couple anglo-saxon, qui est d’autant plus fragile qu’il n’a pas consolidé ses banques. Bien entendu, tout étant lié, cela pourrait se terminer par une catastrophe globale, mais, à court terme et pour une fois, la situation est favorable à l’Europe.

Amusant que ce qui pourrait être l’action égoïste de quelques organismes financiers américains puisse retomber sur le nez de leur nation, et finalement sur le leur. (Sur le nôtre aussi, mais il y a parfois un sentiment de justice à périr avec les criminels – c’est probablement ça la vengeance.)

Compléments :

Anvil

Film sur un groupe d’Heavy metal oublié.

Début de succès dans les années 80, puis plus rien. Mais le groupe continue d’exister, de déconvenue en échec, fidèle à ses valeurs, en jouant pour le plaisir, et en vivant de petits boulots.

Plongée dans une culture inconnue, celle des rockers vieillissants. Accoutrements et comportements provocants semblent appartenir à la révolte de la jeunesse. Chez des vieux le spectacle est pitoyable. Tentative désespérée d’arrêter le cours du temps ? Pourtant, il suffit qu’ils montent sur une scène pour que leurs ridicules disparaissent. Où l’on découvre aussi que ces affreux peuvent être des gentils profondément pacifiques et respectueux.

dimanche 7 février 2010

Différences culturelles

RFI parlait ce matin d’Ukraine et d’USA :

  • En Ukraine, le peuple semble se désoler de la corruption généralisée et regretter le temps de la rigueur soviétique (de Staline ?).
  • Aux USA, c’est le contraire : on craint l’État et la réglementation, même si elle vise à protéger l’individu des banques. La liberté individuelle est au cœur de la culture nationale.

La culture (au sens ethnologique du terme) est un paramètre déterminant de tout changement, les gouvernants feraient bien d’en tenir compte.

Banques contre Europe

« une grande banque d’investissement américaine (qui a bénéficié du plan de sauvetage des banques US) et deux très importants hedge funds seraient derrière les attaques contre la Grèce, le Portugal et l’Espagne. » dit Les marchés financiers américains attaquent l'euro.

Ces organismes financiers profiteraient de la panique qu’ils ont déclenchée. Croient-ils réellement à la dissolution de l’Europe ? Ou leur suffit-il que les marchés y croient suffisamment pour réaliser de belles affaires ?

Cet article m’a rappelé les techniques utilisées par les financiers de 29, décrites par Galbraith. Les financiers d'hier et d'aujourd'hui semblent posséder un savoir-faire qui leur permet de manipuler le marché selon leur intérêt du moment. Au fond, ils ne voient pas les hommes qui sont derrière lui, pour eux il s’agit d’exploiter un phénomène abstrait. Et ils se pensent extrêmement intelligents quand ils réussissent. C’est une « innovation ».

Réglementer la finance internationale peut-il réussir tant que les banquiers n'ont pas pris conscience des conséquences humaines de leurs actes ?

Compléments :

Politique Économique Européenne

Comment éviter que la zone euro ne se disloque sous des forces centrifuges ? Je reviens au billet que m’avaient suggéré les idées de Paul Krugman :

  • Il est plus facile d’augmenter ses revenus en situation de monopole que de concurrence parfaite : il me semble que l’Europe devrait coordonner sa politique économique de façon à encourager chaque pays à développer ses compétences locales, pour acquérir un avantage unique qui lui permette de mieux s’ajuster aux déséquilibres occasionnels entre membres de la zone (et protéger les salaires de ses citoyens). Si l’on suit l’argument de P.Krugman, il est aussi sûrement nécessaire d’uniformiser les politiques sociales de l’eurozone, et de favoriser la solidarité entre États.
  • Il est aussi probable qu’il faille que les États acquièrent des techniques d’ajustement de leurs économies (« conduite du changement ») qui ressemblent à celles que possèdent les entreprises, i.e. microéconomiques et non uniquement macroéconomiques.

En tout cas, l’adoption de l’euro semble signifier qu’il faut poursuivre le chemin du fédéralisme à l’américaine, et de l’intégration.

Complément :

Guerre des générations

Attente : je jette un coup d’œil à Challenge, le salaire des vedettes de la musique. Surprise : les mieux payées sont des antiquités (Johnny n°1), dont je pensais que beaucoup étaient oubliées depuis longtemps.

Explication d’un ami journaliste : les vieux chanteurs ont un public de vieux, donc riches, qui achète des CD et ne télécharge pas frauduleusement leurs chansons, comme le font les jeunes.

Pour lui ce n’est qu’un exemple de la lutte des générations qui se prépare, et qui va faire rendre gorge aux soixante-huitards, coupables d’avoir détruit la solidarité nationale à leur profit.

Compléments :