samedi 6 mars 2010

Hugo Boris

Entendu chez RFI. Roman enquête sur la vie d’un cosmonaute russe.

Pourquoi russe ? Parce que les Américains sont tout imprégnés du mythe de la conquête de l’espace. Ils ne savent que tenir un langage convenu. Les Russes eux ne masquent pas la réalité. Elle est effroyable. Le cosmonaute souffre, se déforme, perd tout ce qui fait le beau de l’existence, et tente de se suicider.

La conquête de l’espace est contre nature ?

Administrer un dirigeant

Un de mes anciens grands patrons est devenu administrateur de sociétés. Il se demande comment faire entendre raison à l’un de leurs P-DG.

Il est certain que la rentabilité de son entreprise pourrait être 5 fois ce qu’elle est. Mais voilà, le P-DG refuse qu’on lui donne des leçons. Il commence même à regarder de travers son administrateur. N'est-ce pas un cas de résistance au changement ? me demande mon ancien dirigeant.

Ce qu'il me semble :

  1. Quand un dirigeant est nommé pour contrebalancer un dirigeant, les deux hommes se battent pour le gouvernail. Un dirigeant n’est-il pas fait pour diriger ?
  2. Pour que quelqu’un vous écoute, il faut qu’entre vous se soit établie une « relation d’aide ». Vous devez en devenir le confident. Il vous parlera de ses inquiétudes. Et il y a de fortes chances pour qu’elles retrouvent, en d’autres mots, votre diagnostic. Mais, alors, la personne aimera vos conseils, qui arriveront à point.

Compléments :

  • Sur la constitution d’une « relation d’aide » : SCHEIN, Edgar, Process Consultation Revisited: Building the Helping Relationship, Prentice Hall, 1999.

vendredi 5 mars 2010

Silvio Berlusconi

J’entends dire que la RAI ne diffusera pas de débats politiques. Ce qui réduit un peu plus l’espace d’expression de l’opposition à Silvio Berlusconi.

Bizarre. Silvio Berlusconi a une image internationale effroyable et pourtant il se maintient au pouvoir. Cela pose de curieuses questions :

  • Les Italiens sont-ils idiots ? L’opposition est en proie aux divisions. Berlusconi n’est peut-être pas un aussi mauvais choix qu’il y paraît.
  • Parallèle avec la France ? Une droite soumise à un « mâle dominant » fanfaron, qui donne au pays une image internationale ridicule, une gauche bien pensante victime d’une guerre des chefs incessante qui prépare mal au gouvernement ? (Et dont le seul programme est de dénoncer les malversations du dit « mâle dominant ».)
Qu’est-ce, dans nos cultures, qui peut expliquer ce bizarre équilibre ?

Fondamentaux

Ce billet récapitule quelques billets illustrant les sciences du changement.
  • Changement : définition. Qu’appelle-t-on changement ? Généralement pas ce que nous entendons par ce mot.
  • Erreurs qui tuent le changement. Curieusement, le changement étant inhérent à la vie, nous savons tous conduire le changement. Ses échecs viennent de quelques erreurs « grossières », inscrites dans notre culture. Apprendre à conduire le changement, c’est avant tout apprendre à ne pas faire ces erreurs. (En particulier, le changement est souvent pour nous une vengeance ou une punition : La punition est inefficace.)
  • Contrôlez le changement ! S’il n’y a qu’une chose à retenir sur le changement, c’est qu’il faut le contrôler. Le facteur clé de succès du changement c’est cela. Et la clé de voûte du contrôle, c’est l’animateur du changement. Comment le reconnaître ? Donneur d'aide et animateur du changement.
  • L’objet du contrôle de gestion est, justement, de contrôler le comportement de l’organisation. Mais, au fait, de quoi parle-t-on ? PME et contrôle de gestion.
  • Vaincre sa résistance au changement. Le « grand théorème du changement ». Le changement est une question d’anxiétés.
  • Les résistances organisationnelles au changement. L’organisation est un tissu de mécanismes de contrôles invisibles. S’ils résistent, c’est que le changement veut détruire l’édifice. Ce qui paraît contre-intuitif dans les techniques de conduite du changement devient évident quand on a compris cela.
  • Effet de levier. Le changement se fait « à effet de levier », c’est-à-dire qu’il ne demande aucun moyen. Et ce pour la bonne raison que les organisations sont faites pour changer (sinon elles crèveraient !). Seulement le mécanisme qui le permet est caché.
  • Ordinateur social. Le changement est une prise de judo. On ne peut pas faire changer une organisation si elle ne veut pas changer. Pour cela on doit l’utiliser en « ordinateur social », c'est-à-dire l’utiliser pour concevoir la nouvelle organisation que demande le changement.
  • Que faire dans l'incertain ? L’incertain désoriente l’individu, le dirigeant en particulier. Soit il est paralysé, soit il s’accroche à une décision, sans vouloir rien entendre. Catastrophe assurée. Solution ? Transformer l’incertain en certain.
  • Culture et changement. Ce que les ethnologues appellent « culture », c'est-à-dire les règles (essentiellement implicites) qui guident nos comportements (cf. la politesse), joue un rôle capital dans le changement. Exemple et techniques.
  • Technique du paradoxe. Le paradoxe est la boussole du changement. L’idée est de repérer ce qui est « bizarre ». Cela signifie une logique qui n’est pas la nôtre. Si l’on arrive à reconstituer cette logique, il ne reste plus qu’à concevoir le changement de façon à ce qu’il s’y conforme et le tour et joué.
  • Ce que vous avez toujours voulu savoir. Quelques questions habituelles sur le changement.
  • Consultant en conduite du changement. Y a-t-il un marché pour le conseil en conduite du changement ?
  • Changer de changement. Les techniques de conduite du changement enseignées et utilisées le plus couramment appartiennent à deux familles : dirigisme bureaucratique et marché. À quoi ressembleraient des techniques inspirées de la démocratie ?
  • Pourquoi l’univers peut-il changer, sans que ce changement ne soit une anarchie ? Autrement dit, pourquoi la vie ? Le changement est la question la mieux étudiée par les sciences. Quelques références bibliographiques : Changement : textes de référence (début) et Changement : textes de référence (thèse).

jeudi 4 mars 2010

Bricolage industriel

"Je lis parfois des interrogations sur ma politique économique : est-elle libérale ? Est-elle interventionniste ? Protectionniste ? A ceux qui s'interrogent, je livre aujourd'hui un principe fondateur de toute la politique que j'ai voulu mener, dès avant 2007, et plus encore depuis : la priorité absolue donnée au redressement de l'industrie française"
Le Président de la République annonce que l’industrie française produira 25% de plus dans 5 ans. Ce qui, semble-t-il, correspond à la remettre au niveau d’avant crise (il y a deux ans).

Dans ces conditions, il n’est peut-être pas étonnant que les mesures prises laissent dubitatifs les observateurs. L’industrie devrait se remettre d’elle-même.

D’ailleurs, comment un gouvernement peut-il relancer tout un secteur ? À moins, peut-être, d’une politique industrielle à l’Allemande. Et cela demande plus qu'une réflexion de cinq minutes.

Compléments :
  • Quelqu’un qui défendait l’industrie à l’époque où cela n’était pas bien vu : FINGLETON, Eamonn, Unsustainable: How Economic Dogma Is Destroying U.S. Prosperity, Nation Books, 2003.

Revues de livres

Liste des principaux commentaires de livres que j’ai faits depuis que ce blog existe. (Jusque-là cette liste occupait la marge de droite du blog.) On trouvera d’autres commentaires de livres, mais moins détaillés, sur Amazon.fr.

Économie
USA
Chine
Inde
Russie
Europe
France
Civilisation romaine
  • Cicéron / Grimal. Biographie de Cicéron, qui en synthétisant les pensées grecques et romaines à peut-être posé les bases de la nôtre.

Civilisation grecque
Sociologie
Philosophie

mercredi 3 mars 2010

Disparition de l’industrie ?

J’entends vaguement une journaliste expliquer les malheurs de l’industrie française. N’étant pas concentré, j’ai dû faire appel à mon inconscient pour écrire ce qui suit :

L’industrie représenterait 13% de l’emploi (25% en Allemagne). Elle aurait fondu. Mais ce pourrait être essentiellement une question de mesure.

En effet, dès que le marketing ou les études sont externalisés, ils deviennent des services. Ce type de « services » aurait cru de 7 à 13% (?) de l’emploi national. Et l’industrie utilise 50% des intérimaires, qui sont aussi considérés comme des services… (Les intérimaires étaient 624.000 en 2008, 405.000 en 2009 ; en 2008, il y avait 28m d’actifs dont 2m de chômeurs d’après l’INSEE).

La crise va-t-elle se poursuivre ?

Jean-Hervé Lorenzi, important économiste, résume notre situation – critique - d’une manière qui a le mérite d’être claire, et propose quelques solutions qui ont le mérite de ne pas être compliquées :

  • Cela devrait mal se passer au second semestre 2010 : les effets de la relance se seront essoufflés et rien n’aura repris. Non seulement les banques ne prêtent pas mais il y a surcapacité de production, d’où guerre des prix et délocalisations. Curieusement il y a beaucoup de liquidités, d’où peu de risque d’inflation, mais gros risque de spéculation…
  • Dans ces conditions une politique de rigueur budgétaire ne ferait qu’accélérer le cercle vicieux. Par conséquent, il faut continuer à aider l’économie tout en rassurant les marchés financiers quant à la capacité de l’État à éliminer les déficits publics.
  • Suggestions : généralisation de la LOLF et suppression des barrières entre corps de fonctionnaires ; résoudre le problème des chômeurs (massivement) en fin de droits (comment ?) ; prévenir le (massif) chômage des nouveaux arrivants sur le marché du travail – et son effet destructeur du talent national - en amenant les grandes entreprises (qui ne recrutent pas) à offrir des formations professionnelles ; relancer la construction de logements (fournit immédiatement des emplois) ; adosser Oséo à la Banque Postale pour prendre le relai d’un secteur bancaire défaillant.

Curieux bilan. Il donne l’impression que l’État doit empêcher de nuire une économie de marché qui a créée la crise (non seulement la crise est financière, mais la surproduction vient du crédit facile). Ainsi, le secteur financier est « inquiet » de l’endettement des États, dont il est la cause ; il faut le rassurer ; il ne joue plus son rôle : il spécule mais n’alimente plus les entreprises ; entreprises qui ont augmenté leurs capacités de manière irréfléchie et qui maintenant réduisent leurs coûts de la même façon (ce qui ne donne à personne d'avantage), ce faisant démolissant leur marché...

Victoire du court-termisme

Un cadre qui faisait apparemment une carrière exceptionnelle dans une apparemment très belle multinationale démissionne, à la surprise de son directeur général, qui l’estimait beaucoup. Voici ses raisons :

Depuis que je suis arrivé je n'ai eu aucun parcours d'intégration, de formation [à ma nouvelle spécialité] (j'ai été « livré à moi-même »), de visite d'usine, de visite de [distributeur] ou de formation quelconque, toutes ces choses qui donnent un sentiment d'appartenance à une entreprise. Pas une seule fois je n'ai eu une discussion avec les RH pour parler d'un plan de carrière éventuel. A aucun moment je n'ai été convoqué à un amphithéâtre pour que les dirigeants me parlent de ce qu'ils attendent de moi ou en quoi notre force de travail est importante pour l'entreprise.

Ce n'est que depuis [mon dernier poste] que je découvre cela avec mon nouveau DG et je vois à quel point il est important de développer un sentiment d'appartenance. Même si cela a un coût, et c'est la raison pour laquelle l'Entreprise réduit autant ce type de prestations, je pense que le retour sur investissement est élevé pour qui souhaite conserver ses compétences.

Je ne remets pas en question tout ce que [la société] m'a appris (car j'ai énormément appris) mais j'estime ne rien devoir car j'ai rendu service en échange.

Enfin, mes conditions financières actuelles, pour des raisons de réductions de coût et de moyenne d'âge et en aucun cas de prise en compte d'un facteur performance, ont également contribué à dégrader ce sentiment d'appartenance.

À quoi l'on peut ajouter que le dit cadre avait pris la place d’un autre cadre qui avait démissionné. Une entreprise dont les employés partent à peine formés peut-elle prétendre qu’elle réduit ses coûts au maximum ? Ou n’est-elle plus que coûts et zéro activité ?

Probablement une entreprise comme beaucoup d’autres. Le management moderne voit certainement l’entreprise comme une collection d’individus que l’on juge en fonction de leur coût. Et le personnel a bien saisi le message : il prend ce qu’il peut, et quitte l’entreprise au plus vite. Pas sûr qu’elle y gagne.

Il n’est plus question de tout ce qui fait le groupe humain, c’est-à-dire d’un capital social, d’un savoir-faire – informel – partagé. C’est pourtant ça la valeur de l’entreprise, son avantage concurrentiel. Les dirigeants ne soupçonnent certainement pas qu’ils dissipent leur héritage et que le jour où il se sera évaporé, il ne restera rien de l’entreprise.

Shutter Island

Je vois généralement des films anciens. Tentative pour être de mon temps. Dernier film de Martin Scorsese.

Première impression : mais pourquoi di Caprio a-t-il cette barbe mal rasée, miteuse, mais toujours de même longueur, inconcevable en 1950 ?

Sinon ça ressemble au dernier Lynch, une sorte de spirale qui transforme notre perception du monde sans qu’elle puisse retomber sur ses pieds – tout n’est qu’illusion ? Éléments déchaînés, puis calme après la tempête. Ça donne l’occasion à de grands acteurs de jouer des rôles de grands acteurs, c'est-à-dire double, voire triple, jeu.

Ce film est-il le grand drame, avec un rebondissement de rebondissement inattendu, qu’il prétend être ? Pour que je le pense, il aurait fallu que je ne sois pas rebuté par une vision, américaine et bien pensante (i.e. repentante), de Dachau, et que j’éprouve de la sympathie pour le héros, et surtout pour son épouse.

Les bons sentiments, le professionnalisme et le métier ne sont pas suffisants pour faire un bon film.

mardi 2 mars 2010

Blues anglais

La livre est faiblarde, la presse anglaise est dépressive :

La situation des finances publiques ne serait pas meilleure que celle de la Grèce. Son gouvernement aurait dépensé inconsidérément pendant les belles années et aurait eu recours à une comptabilité créative enronienne. Il n’aurait pas su contenir un secteur bancaire, maintenant hypertrophié (4 fois le PIB du pays), et que la nation s'est épuisée à remettre à flot.

La Grande Bretagne a quatre caractéristiques inconsistantes. C’est une petite économie, ouverte, avec un secteur financier important et internationalement exposé, une monnaie de seconde division qui lui est propre, et une capacité fiscale de secours limitée. Cela lui donne une vulnérabilité unique.

À cela s’ajoute des sondages qui annoncent de plus en plus un parlement de coalition, promesse d’indécision selon les marchés.

Thomas Legrand

Avant-hier, Thomas Legrand, chroniqueur de France Inter, parlait de son dernier livre. Selon lui N.Sarkozy serait un « Chirac en sueur » : un président qui s’agite mais fait peu.

C’est ce que disait déjà Les réformes ratées du président Sarkozy. Ce qui ne signifie pas d’ailleurs une totale innocuité de l’effort : Édouard Balladur observait dimanche sur France Culture que les déficits structurels de la France avaient une tendance naturelle, indépendante de la couleur du gouvernement, à empirer. (Voir aussi : L'étrange changement de M.Sarkozy.)

Le plus curieux peut-être est que l’image d’un Sarkozy efficace serait poussée par l’opposition, qui l’utiliserait pour faire peur à l’opinion publique.

Si c’est le cas, c’est franchement affligeant. À quand une opposition qui s’intéresse à nos problèmes et nous explique que nous devons voter pour elle parce qu’elle sait les résoudre mieux que le gouvernement ?

Compléments :

Corée du Nord

Une sorte d’ingénieux équilibre de la famine :

  • La Corée du Nord aurait emprunté l’idéologie du Japon d’avant guerre. Le gouvernant serait la mère du peuple.
  • Il ne lui promettrait pas la satisfaction de ses besoins (ce dont il est incapable) mais la protection contre l’ennemi américain, dont il s’assure de l’hostilité grâce à ses provocations.
  • L’aide internationale serait interprétée comme tribut à la supériorité coréenne.

lundi 1 mars 2010

Afghanistan : bout du tunnel ?

L’OTAN tiendrait le haut du pavé en Afghanistan :

  • Les Talibans seraient soutenus par une minorité (30% des Pashtouns qui représentent 2/5ème de la population) et honnis par une majorité.
  • La majorité du peuple désirerait un minimum de confort matériel et de risques de se faire tuer. Et l’OTAN serait vu comme meilleur que les Talibans pour chaque critère de satisfaction (en particulier, il tuerait beaucoup moins de civils).
  • L’offensive en cours vise à éliminer le cœur du dispositif taliban.

Les calculs du général McChrystal auraient-ils été corrects ?

Comment Toyota perdit son âme

L’erreur de Toyota est d’avoir voulu être plus gros que GM.

Course en avant. La méthode qui faisait la gloire de Toyota ne peut suivre. Croissance excessive du nombre de sous-traitants, qui ne partagent plus la culture très particulière de Toyota. Pas assez de personnels qualifiés pour les encadrer. Une centralisation excessive qui paralyse la communication.

Dissuasif Obama

Les dirigeants d’Al Caïda sont poursuivis et éliminés, sans arrière pensée (y compris pour les éventuelles bavures qui accompagnent les exécutions). En Irak et en Afghanistan, la conduite de la guerre s’apparente à de la gestion de projet.

Pour B.Obama les guerres seraient-elles des équations ?

Is Barack Obama tough enough?

dimanche 28 février 2010

Liberté de la Presse

Deux journalistes français sont prisonniers des Talibans. Alain Genestar se plaint de l’attitude de l’armée et du gouvernement français. Ceux-ci semblent dire que les journalistes sont tombés dans un piège qui leur avait été signalé et que, pour les en sortir, cela coûte cher, et des hommes risquent leur vie.

Alain Genestar observe un changement d’attitude : hier encore télévision ou radio commençaient leurs journaux en rappelant le sort de journalistes otages ; les présidents étaient compatissants. D’ailleurs, pourquoi ce reproche « d’imprudence » ? La liberté de la presse n’exige-t-elle pas du journaliste d’être imprudent, comme le fut Robert Capa, qui débarqua en Normandie en première ligne ?

Questions :

  • Si l’otage était un diplomate, un touriste, un homme d’affaires, aurait-il droit à autant d'égards ?
  • Nous nous plaignons tous de la presse, qui ne nous informe pas. Comment se fait-il que les journalistes mènent des enquêtes imprudentes, sans que rien n’en sorte ?
  • Des militaires meurent en Afghanistan, pour une guerre qui n’est pas du tout populaire, or, non seulement on n’en parle pas, mais ils ne demandent pas qu’on rappelle leur sacrifice à chaque journal télé. Pourquoi un tel écart de comportement entre deux professions ?

Est-ce que ce qui donne tant de prix au journaliste, c’est qu’il représente la « liberté de la presse » ? Voilà pourquoi dès que quoi que ce soit survient à un membre de sa corporation, on en fait une affaire d’État ? Et, s’il ne ramène rien de ses enquêtes, est-ce parce qu’il n’y cherche que la confirmation de ce qu’il sait ? Pense-t-il représenter l’information – devoir nous dire le bien, qu'il tient de Dieu ? L’enquête serait-elle devenue un rite ?

De qui Robert Capa était-il le plus proche ? Des militaires ou des journalistes modernes ? Ne risquait-il pas sa vie pour une mission ? Se croyait-il des droits particuliers ? Alors qu’il devrait la servir, le journaliste pense-t-il maintenant être la presse ?

Georges Frêche

Comme Louis XVIII, je m’informe sur la France dans la presse anglaise.

J’y apprends que l’offensive du PS contre Georges Frêche fait un flop : 6 à 31 (% d’intentions de vote).

La raison en serait un réflexe « anti-parisianiste », le rejet par l’électeur régional du diktat de l’élite du PS, donneuse de leçons et « bien pensante ».

Y aurait-il deux socialismes ? Un socialisme régional, apprécié des électeurs ; un socialisme national qui ne l'est pas ?

Crise Afghane ?

Le soutien à l’intervention de nos troupes en Afghanistan est très au dessous des niveaux qui causent ailleurs les crises gouvernementales. Pourquoi n’avons-nous pas la nôtre ?

Explication de l’article : l’opposition ne s’est pas saisie de la question.

Alors, sans relai politique, nos mécontentements ne peuvent exister ? L’histoire me semble dire le contraire.

Il est plus vraisemblable que la population française a un faible intérêt pour la question, sans quoi elle serait déjà dans la rue. Par contre, il est possible que les politiques aient, quand ils le désirent, la capacité de transformer ses velléités en insurrection.

Industrie, avenir de l’Occident ?

Un économiste met sens dessus dessous le dogme selon lequel les nations doivent cheminer de l’industrie aux services.

Par des arguments relativement simples il semble montrer que la productivité des pays émergents croit plus vite dans les services que dans l’industrie. Par conséquent, utilisant un des plus vieux principes de l’économie, il estime qu’ils ont un « avantage comparatif » dans les services. Ils devraient donc s’y concentrer (ou s’y diriger, pour les pays africains).

À l’inverse ceci signifierait que l’avantage comparatif des vieilles nations industrielles est l’industrie…

samedi 27 février 2010

Obama négocie

B.Obama était adoré de la foule. Il avait une majorité absolue partout. Son opposition était ridiculisée et désorganisée. Or sa première année de mandature a tourné à la Bérézina. Aujourd'hui, les Démocrates se sabordent plutôt que de se présenter aux prochaines élections. Obama devient impopulaire. Les ténors de son camp l’insultent. Comment en est-on arrivé là ? Voici ce que j’ai retenu de ce que j'ai lu :


La déroute
  • Ses partisans ont fait des caprices, se sont montrés peu unis, d’où frein au processus de réforme, mais aussi réformes encombrées par des demandes populistes ou idéologiques, qui les vident de leur efficacité et inquiètent les foules.
  • « Tea party ». Ce mouvement populaire dénonce la remise en cause des valeurs de la nation américaine. Il voit du « socialisme » dans les réformes d’Obama et elles menacent d’augmenter la taille de l’État.
Ce mécontentement produit la perte d’un siège de sénateur. Fin de la « super majorité » démocrate. Échec et mat ?


Stratégie des Républicains

Curieuse position des Républicains.
  • Leur stratégie depuis Reagan est « d’affamer la bête », d’éliminer les ressources de l’État pour le forcer à se réformer. Mais, le gros de ses coûts, c’est l’armée et la protection sociale, des dépenses auxquelles les Américains tiennent plus qu’à tout. Si les Républicains sont contraints à expliquer comment réduire la taille de l’État, ils seront fatalement impopulaires (et on découvrira qu’ils ont énormément contribué aux dépenses).
  • Leur jeu est donc d’empêcher le processus de réforme d’en arriver là. Ils attisent le procès d’intention populaire.
Le succès est grand. Les prochaines élections sénatoriales vont-être fatales aux démocrates. N’ont-ils pas collaboré à une réforme honnie ? Les sénateurs démocrates, terrorisés, annoncent leur retraite. Ça devient une épidémie.

Pas encore convaincu que l’Américain est un veau seulement digne de la dictature ? Le coup de grâce :
Pourquoi le Massachussetts, état hyper démocrate, vient-il d’élire un Républicain ? Par peur que la réforme du système de santé compromette le sien. Or le principe même de cette réforme est d’étendre le système de santé du Massachussetts aux USA !


Obama aux nerfs d’acier ?

Mais B.Obama ne perd pas son calme, et ne claque pas la porte. Il a réuni les deux camps et leur a demandé d’identifier leurs accords et désaccords :
  • Comme on peut s’y attendre, il y a accord sur les objectifs de la réforme. Il ne reste plus à B.Obama qu’à demander aux Républicains comment ils comptent les mettre en œuvre. Un piège dans lequel ils ne veulent pas tomber. Ils recourent à des sophismes (notre système est le meilleur : le premier ministre canadien se fait soigner chez nous), qu’il n’est pas difficile à l’esprit rationnel d’Obama de ridiculiser (je ne parle pas d’une personne, riche, mais de toute la population, pauvre). Encore faut-il que cela soit perçu par l’électeur. Et c’est là qu’Obama semble retourner la situation :
  • Une sorte de gentleman agreement voulait que le vote d'une loi au Sénat demande une « super majorité ». En droit, une majorité simple suffit. B.Obama estime que, contrairement à ce que l’on croyait, le peuple ne lui tiendra pas rigueur du procédé : il veut des résultats.
  • On disait que, le peuple n’aimant pas la réforme de la santé, les chances de réélection de celui qui y contribuait étaient nulles. B.Obama explique qu’une absence de réformes est une preuve d’impuissance bien plus dangereuse.
Et si le peuple récompensait les démocrates d’avoir fait passer une loi servant le bien public ? Et s'il finissait par tenir rigueur du refus tactique de collaboration des Républicains ? L’union sacrée pour servir la cause commune n’est-elle pas une valeur américaine ?

B.Obama va-t-il amener les Démocrates à moins d’idéologie ? Les Républicains à moins de tactique politicienne ? Va-t-il les amener à la raison ?


Commentaires

B.Obama semble changer de stratégie. Il a joué la séduction, il a démontré son manque de charisme. C’est un calculateur à sang froid. Aujourd’hui il paraît attirer ses opposants sur son terrain. Celui de la rationalité.
Ce qui précède est caricatural. J’ai « surinterprété » les événements. Mais, au moins, c’est une position de départ pour décoder la suite de la négociation.

Compléments :
  • Ce qui peut expliquer un éventuel biais de mon interprétation, est que ce que j’écris ici ressemble beaucoup à ce que je dis, de par ma profession :
  1. Ce qui bloque une négociation est que l’on s’affronte sur le moyen, pas la fin. Il faut donc savoir revenir à cette dernière. Une fois que l’on a un objectif commun, il faut chercher une solution qui satisfasse les contraintes des deux camps. La démarche s’exprime en deux principes : passer de l’émotionnel au rationnel et du face-à-face au côte-à-côte. (FISHER, Roger, URY, William L., Getting to Yes: Negotiating Agreement Without Giving In, Penguin, 1991.)
  2. La remise en cause d’hypothèses inconscientes, que B.Obama semble avoir provoquée, est l’étape initiale de tout changement (« insight » des psychologues).
  3. B.Obama serait-il un optimiste ?

Quai Branly

De l’extérieur le musée me fait penser à un porte-conteneurs. Et ça ne donne pas l’impression d’un bon état. À un endroit la pluie traversait le toit et tombait sur l’œuvre d’aborigènes australiens.

Jadis, chaque roi ou empereur donnait un nom au style de son époque. Il faudrait reprendre la tradition. La Grande bibliothèque, le Front de Seine, le Musée du Quai Branly… sont du style Vème République. À l’image du goût de nos présidents : laid et prétentieux. Probablement le style que Tocqueville avait en tête lorsqu’il prévoyait la disparition de ce que son époque avait de beau et de grand.

L’intérieur est sombre. Lugubre même. J’ai trouvé les objets petits et tristes. Un peu comme si l’on avait pris les jouets de nos ancêtres pauvres.

S’il y a musée, c’est que l’on s’attend de nous que nous nous émerveillions. Que nous trouvions ce qui y est aussi beau que ce que nous avons produit. Ne sommes nous pas la quintessence de la bienpensance ?

Mais que sont ces objets sans la société qui était autour d’eux, sans la signification et l’amour qu’elle leur apportait ? Pas beaucoup plus que le jouet qui a fait le bonheur de nos ancêtres ?

vendredi 26 février 2010

L’invention d’Israël

Pierre Assouline fait état d’une thèse selon laquelle, si j’ai bien compris, le peuple juif actuel ne résulterait pas d’une migration venue de Palestine mais de la conversion de multiples populations. Les juifs des origines seraient restés sur place, et se seraient convertis aux religions dominantes.

La thèse officielle aurait été inventée au 19ème siècle pour justifier le droit des juifs à faire d’Israël leur pays.

Ces travaux, qui semblent fort discutés, peuvent-ils remettre en cause la légitimité d’Israël ?

Le 19ème siècle a vu « l’invention » de la notion de nation, en Europe. C’est à cette période que nous avons décidé que nous descendions des Gaulois. Que ce mythe soit maintenant tourné en ridicule n’a pas pour autant déséquilibré le pays. Et qui croit encore à la pureté génétique des nations ?

Et si le but de ces travaux était, plutôt, de montrer que les peuples qui vivent en Palestine n’ont pas de raison de s’affronter ?

Compléments :

  • THIESSE Anne-Marie, La création des identités nationales, Seuil, 2001.

jeudi 25 février 2010

Tournant mondial ?

Curieux. Il y a peu, on était ridicule si l’on n’affirmait pas que l’avenir était aux services. Or, voilà que Coca-Cola, machine de marketing, achète les usines qui produisent ses boissons. Ce qu’avait déjà fait Pepsi.

Raison ?

Wal-Mart Stores’ emergence as the dominant retailer, new trends in consumer tastes and the onset of hundreds of new beverage brands have chipped away at the benefits Coke and PepsiCo enjoyed in keeping their biggest bottlers at arms’ length.
The separation gave bottlers little incentive to take risks with new products, and left the two sides haggling over how to share sales.

Après les achats par Boeing, hier encore champion de l’idéologie de la délocalisation, de ses sous-traitants, serait-on en face d’une phase d’intégration verticale ? Avec, en plus, la fin des délocalisations à tour de bras ?

Compléments :

  • Je soupçonne que l’on va brutalement découvrir que les pays émergents ne sont pas sûrs

Lutte des sexes

Une étude montre qu’il y a une nette amélioration de le performance économique d’une entreprise, si son encadrement est féminin à plus de 35%.

Ce seuil correspondrait à celui qui permet à une minorité de se faire entendre.

L’homme pourrait donc connaître le chômage de manière disproportionnée. Comme cela est déjà le cas d’ailleurs. Son destin, s’il veut éviter d’être SDF : homme au foyer ?

Compléments :

  • L'homme doit se rendre désirable ? Marché d'avenir : la cosmétique masculine ?

Ethnologie du journalisme

Je suis réveillé par le journal de France Musique. Le présentateur se réjouit de l’augmentation du chômage : N.Sarkozy n’a pas tenu ses promesses.

Un ami me disait il y a peu qu’il trouvait les nouvelles déprimantes. Pas étonnant : les journalistes veulent nous démontrer l’incompétence de ceux qui nous gouvernent. Ce serait bien s’ils pensaient à nous expliquer pourquoi leurs élus vont faire notre bonheur. Mais non. Au mieux ce qu’ils nous en disent annonce l’avènement d'une morale sévère et de la contrition : nous paierons pour nos crimes.

Je ne suis pas honnête : j’écoute la radio publique, affiliée au PS, pas représentative de tous les journalismes. Mais la radio privée est-elle différente ? Les journalistes pensent que le capitalisme c’est l’homme loup pour l’homme. Ceux restés à gauche se battent contre son avènement ; ceux qui ont retourné leur veste se comportent selon les règles qu’ils prêtent à leur maître.

Compléments :

Cicéron

Les philosophes des Lumières admiraient Cicéron, pourquoi ? me suis-je demandé. GRIMAL, Pierre, Cicéron, Fayard, 1986.

Résistant
Cicéron fut un grand résistant au changement, il s’est arcbouté pour que la République romaine ne devienne pas un Empire. Paradoxalement, sa pensée aurait été à l’origine de l’idéologie sur laquelle s’est reposé, et qui a justifié, l’Empire. Mais aussi ses conquêtes : Rome ayant pour mission d’étendre la justice au monde.
Cicéron voulait que la République romaine soit éternelle. Ses principes fondateurs étaient parfaits, il suffisait de bien les utiliser.
Pour lui, Rome était une combinaison idéale entre monarchie, oligarchie (aristocratie) et démocratie. Chaque système a ses avantages et ses inconvénients, les combiner judicieusement permettait de profiter des premiers sans avoir les seconds. Pour cela il devait y avoir dans la cité des sages qui l’orientent dans la bonne direction, qui lui donnent de bonnes lois. Plutôt des intermédiaires que des dirigeants. Leurs choix devaient être guidés par la philosophie, héritage des pensées grecques et romaines (chaque courant philosophique ayant son utilité).
Est-ce l’égoïsme qui a fait s’effondrer l’édifice ? Les Romains, ne ressentant plus la nécessité d’une solidarité justifiée par la menace extérieure, ont commencé à se disputer pour ses acquis. Le Sénat, paralysé par les intérêts des familles qui le constituaient, semblait incapable de diriger la nation. Les tentatives de coup de force se multiplient jusqu’à ce que César, et surtout Auguste, installent définitivement l'Empire.
Ce qui est peut-être le plus surprenant est que Cicéron ait pu leur tenir tête et qu’il ait même semblé un moment sur le point de défaire Antoine. Avait-il compris quelque chose de fondamental sur le fonctionnement de Rome, qui lui permettait de faire jeu égal avec les généraux ? Était-ce son art oratoire (« éloquence (…) perfection d’une pensée sage »), qui semble avoir été sans égal ?

Lumières
Que lui trouvaient les Lumières ?
  • Son œuvre fait la synthèse de la pensée, notamment grecque, qui le précède. Première raison possible d’estime ?
  • Surtout son combat est celui de la raison, de la loi, de la morale, de la société, contre la force, la cupidité, l’égoïsme, les instincts les plus primaires de l’individu. Sous cet aspect sa pensée, plutôt stoïcienne, rappelle le Confucianisme. Certains grands hommes, après avoir cultivé leur esprit (philosophie), ont accès à la raison universelle (dont tout individu a reçu une étincelle). C’est ainsi qu’ils peuvent prendre des décisions justes. Car si la nature guide l’humanité, elle laisse au libre arbitre humain le choix (bon ou mauvais) de l’embranchement à suivre. « Le pilote d’un navire cède au vent (…) mais peut en même temps (…) amener son bateau au port ». D’ailleurs les décisions de ces sages participent à l’équilibre de l’univers. Il est aussi question, comme en Chine, de l’intangibilité des rites, antidote contre l’arbitraire.
En tout cas, ses aventures laissent penser que, quand une société est viciée, la raison a bien du mal à la régénérer. Peut-être alors n’y a-t-il d’issue que dans la dislocation, afin de pouvoir rebâtir des fondations plus solides ?

mercredi 24 février 2010

Repentance

J’écoute distraitement RFI. Une journaliste reproche à la France de ne pas s’être repentie de ses actes en Afrique. Elle répète « repentance », « repentance »… et en contre-point on entend la voix de N.Sarkozy dire (en substance) : « pourquoi se repentir de son histoire » ?

C’est curieux que cette journaliste emploie un vocabulaire religieux et ne fasse pas appel à notre raison. Pourquoi ne répond-elle pas à N.Sarkozy ? S’il y a eu pêché, la « repentance » est elle suffisante pour l’effacer ? Ou y a-t-il risque de tartufferie ? D’ailleurs puisque nous sommes concernés par l’affaire pourquoi ne pas lui consacrer un grand débat public, qui nous permettrait de comprendre la nature de notre culpabilité, et les décisions qui doivent en résulter ?...

Ségolène Royal avait aussi fait acte de repentance, au nom de la France, je ne sais plus pourquoi. La « repentance » serait-elle une valeur socialiste ?

Mais comment expliquer cette intimité entre Christianisme et Socialisme ? Simple coïncidence ?

À creuser.

Ali Soumaré

Des candidats UMP aux régionales affirment qu’un candidat du PS a subi de multiples condamnations. Ils auraient eu accès à des informations secrètes (en partie erronées). En outre, ils violeraient les principes du droit français. Les fondements de notre démocratie. Le PS peut pavoiser. Mais, voici ce que l’on apprend :

Concernant une infraction pour conduite sans permis relevée par M.Delattre, "aucune ordonnance n'a été signifiée à M. Soumaré. Le dossier est en cours", a-t-elle ajouté. Enfin, M.Soumaré ayant fait appel des deux mois de prison ferme auquel il a été condamné en 2009 pour rébellion à agent de la force publique, "il est donc présumé innocent. C'est un principe de notre droit", a rappelé Mme de Givry.

Reste une accusation de "violence" contre deux femmes en 2008. M. Soumaré nie en être l'auteur. Le candidat PS reconnaît, en revanche, un vol en 1999 pour lequel il a écopé de six mois de prison ferme. Selon son avocat, Jean-Pierre Mignard, "comme le prévoit la loi, cinq ans après l'exécution d'une peine, M.Soumaré a été réhabilité. Il est donc interdit d'en faire état".

Le PS se met-il à la place de la personne non avertie qui reçoit cette information ? Que va-t-elle penser de la combinaison d’un nom étranger avec autant d’accusations, récentes en plus, même si elles sont couvertes par la présomption d’innocence ?

Que le PS ait choisit un candidat aussi facilement attaquable montre à quel point les calculs politiques sont loin de lui, et à quel point il tient à ses principes. C’est courageux.

Mais, nos partis de gouvernement (aveuglés par les coups qu’ils se portent ?) se rendent-ils compte du spectacle qu’ils nous offrent ?

Ancien testament

Il semblerait qu’il n’y ait pas de version originale de l’ancien testament, mais différentes variantes qui auraient cohabité.

Il faut douter de tout, rien n'est assurément certain !

Always

Film de Spielberg, 1989.

Les films obéissent à des modes, à l’époque c’était celle des morts protégeant les vivants : l’année d’après Ghost a connu un gros succès. Peut-être y avait-il alors un climat favorable ?

Ce film m’a semblé surtout très « pro », très américain, suite de grands moments d’émotion et d’effroi (on traverse les arbres, l’eau et les flammes). Ça m’a ne m’a pas enthousiasmé. Aurais-je vu trop de films ?

mardi 23 février 2010

Jean-Paul Delevoye

J’entends parler le médiateur de la République à plusieurs reprises. Tristes propos. Notamment :

J'estime à 15 millions le nombre de personnes pour lesquelles les fins de mois se jouent à 50 ou 150 euros près. Je suis inquiet de voir que des personnes surendettées peuvent se retrouver en plan de redressement personnel (PRP) pour la deuxième ou troisième fois parce que leurs dépenses dépassent structurellement le montant de leurs ressources.

Je suis frappé par la cohabitation de deux types de sociétés : l'une officielle, que nous connaissons tous, l'autre plus souterraine qui vit d'aides, de travail au noir et de réseaux. Ces deux sociétés ont des fonctionnements parallèles, elles ont leur propre langage, leur propre hiérarchie, leur propre chaîne de responsabilité.

Depuis des décennies, nos gouvernements successifs ont réformé la France en silence, parce que nous étions les ennemis de notre bien. Pensaient-ils arriver à ce résultat ? N’aurait-il pas été au moins aussi efficace de respecter les principes de la démocratie ?

Compléments :

  • La France en mutation.
  • Ce que j’ai entendu de ses idées sur le management des entreprises retrouvait le ton du rapport sur le « bien-être et l’efficacité au travail ».

Euro dupes ?

Une étude sur l’UE disait que, pour parvenir à faire entrer des opinions divergentes dans de mêmes traités, ils étaient bâtis sur l’ambigüité. Il semblerait que ce soit la même chose pour l’euro :

L’Allemagne voulait quelque chose qui ressemble à l’Allemagne, en particulier une BCE – Bundesbank, et la France quelque chose qui ressemble à la France, c'est-à-dire un « gouvernement économique européen » dans lequel la BCE aurait tenu compte de l’avis d’élus du peuple.

Ai-je raison de penser que l’Allemagne a gagné ? Penserais-je différemment si j’étais allemand ? D’ailleurs une victoire est-elle définitive ? Un système ne tend-il pas à s’ajuster en fonction des événements ?

Logique de la gauche

Un tortueux enchaînement de pensées m’a amené à me demander si la gauche n’est pas une machine à nous imposer de beaux principes théoriques. Mais y a-t-il une logique derrière ces principes ?

L’insistance sur le droit des immigrés signifie probablement que la gauche pourrait en avoir contre la notion de citoyen, donc de nation. « Droits de l’homme » signifiant l’impossibilité de tout édifice social ? Idéal d’Hegel et de Marx d’une fin de l’histoire où tous les hommes seraient frères ? Mais pourquoi alors cette insistance sur la culture, concept social par excellence ? La gauche penserait-elle qu’il y a une culture unique, qui serait celle de la société finale ?

À creuser

Compléments :

Le retour de la raison

Ce blog ne connaît que des méandres : ma réflexion sur ce qui guide la gauche me fait approuver les néoconservateurs :

Ils avaient sans doute raison de penser que la gauche, ayant instrumentalisé le bien et le mal, était parvenue à faire que notre morale soit de son bord. Mais, je continue à leur reprocher d’avoir voulu utiliser les mêmes procédés à leur profit.

Bref, d’un côté comme dans l’autre, on ne nous croit bons qu’au sophisme et au lavage de cerveau. Que signifierait une humanité qui utilise sa raison, comme le voulaient les Lumières ?

Il faut sortir de l’éthique des valeurs, et analyser les conséquences que peuvent avoir nos beaux principes. Comment prévoir ? 4 idées :

  1. Pas de décision sans débat.
  2. Voir si la science n’a pas quelque chose à dire sur le sujet, si elle ne condamne pas certaines options.
  3. Identifier les principes sur lesquels repose notre société et regarder s’il n’y a pas incompatibilité entre nos décisions et eux. Et, si oui, chercher à les faire s’entendre. À défaut d’entente, l’élimination du principe initial sera faite en connaissance de cause.
  4. Surtout, dans la mesure du possible, contrôler que les conséquences désirées surviennent comme prévu.

lundi 22 février 2010

Obama se fait des amis ?

Les réformes de B.Obama sont dans une mauvaise passe. Non seulement son camp se comporte de manière irresponsable, mais il a perdu le sénateur sans lequel ses lois n’ont aucune chance. La situation semble si désespérée qu'une vague de sénateurs démocrates déclare forfait pour les prochaines élections.

Que faire quand on a besoin de la collaboration de l’ennemi, mais que celui-ci veut vous faire perdre ?

Rejouer la tactique chinoise, ou afghane, c'est-à-dire devenir méchant. Plutôt que de chercher à se faire des amis des Républicains, Obama semble vouloir leur faire perdre les prochaines élections.

But Mr Obama doesn't need many Republican defectors: having all the Democrats plus one Republican on his side would do the trick. The president badly needs something that either looks like a victory or, and perhaps this could be more important in an election year, something that allows him to paint the Republicans as the bad guys.

Ce qui pourrait les encourager à voter ses lois.

Au fond, je me demande si être méchant ne convient pas mieux à B.Obama, qu’on dit froid et calculateur, que son attitude « peace and love » initiale. Mais était-ce habile d’être immédiatement désagréable ? En tout cas, être gentil, puis méchant si l'autre l'est, est le meilleur moyen de se faire des amis selon Robert Axelrod (Théorie de la complexité).

Compléments :

Colonialisme paisible

Émission entendue hier matin sur RFI, dont je n’ai pas réussi à trouver la trace sur son site web, d’où le flou du propos :

Il était question d’un docteur de l’Islam africain, me semble-t-il, qui avait joué une sorte de rôle de préfet à l’époque coloniale. Une période qu’il aurait vécue avec bonheur : il pensait que l’Islam devait se nourrir du progrès occidental. Qu’il semblait voir comme une bénédiction.

Il se trouve qu’au même moment, je lisais la vie de Cicéron, et l’opinion que le Romain avait de la conquête : le conquis était le protégé du conquérant, des liens de dépendance se tissaient ainsi.

Je m’interroge de plus en plus : des deux lequel est le plus condamnable : le colonialisme occidental ou la décolonisation ?

Comme un torrent

Chef d’œuvre de Vincente Minelli (1958).

Mélo interminable. Frank Sinatra a 20 ans de plus que son personnage, et paraît plus vieux que son frère aîné, supposé nettement plus âgé. Chaque acteur caricature le rôle auquel il est ordinairement associé.

Sinatra est un intello qui se croyait raté jusqu’à ce qu’il rencontre une intello qui reconnaît son génie. Il arrête l’alcool et lui déclare sa passion. Mais elle n’est que théorie, elle a le cœur sec. Il est aussi follement aimé par une traînée au cœur d’or, qui n’a rien dans la tête. Choix cornélien. Et film moral : ceux que la société admire sont d’effroyables hypocrites ; les justes, des débauchés à l’espérance de vie réduite à rien. Appel à la révolution ?

dimanche 21 février 2010

Le miracle n’en était pas un

Ça se confirme : ce que l’on nous a présenté durant des années comme un renouveau de l’économie n’était que poudre aux yeux :

Pendant la dernière décennie, la croissance de l’emploi aux USA a été inférieure à celle de la population, en très net décalage par rapport aux précédentes périodes de croissance.

Aujourd’hui, le chômage long a atteint un niveau inconnu depuis près de 40 ans (le double du précédent maximum).

Bug de l’eurozone ?

Le problème que l’Allemagne pose à la zone euro :

Durant la dernière décennie, ses entreprises se sont modernisées et ses salariés ont accepté des augmentations de salaire misérables, ce qui a stimulé sa compétitivité. Dans une Europe sans euro, ses partenaires commerciaux auraient pu effacer une partie de cet avantage en dévaluant leur monnaie.

Et l’Allemagne a pour stratégie d’exporter et de maintenir des excédents commerciaux. Ce qui signifie mécaniquement que le reste du monde doit être en déficit.

La zone euro serait-elle, par conception, bancale : l’Allemagne en excédent, les autres membres, qui absorbent une grande partie de ses exportations, en pertes ?

La situation est-elle durable ? L’Allemagne ne risque-t-elle pas de mettre en faillite ses clients ? Pour l’éviter, ne devrait-elle pas leur ouvrir ses marchés ?

Compléments :

War of generations

Le problème de la guerre des générations semble se poser en Angleterre dans les mêmes termes que chez nous. Les baby boomers ont la puissance et la gloire, ils nous laissent une terre dévastée, et leur imprévoyance est en partie coupable de la crise actuelle :

En comparant la richesse financière et immobilière des différents groupes d’âges entre 1995 et 2005, la Banque d’Angleterre a découvert que les 25 – 34 ans avaient vu leur richesse chuter, tandis que les 55 – 64 ans avaient vu la leur tripler.

Un résultat d’un taux d’épargne (des baby boomers) au plus bas, fut que les banques britanniques (...) se mirent en danger en s’appuyant trop fortement sur le marché de gros pour leur argent.

À mesure que la société connaît une ségrégation croissante par âge, certains lotissements sociaux ont maintenant des ratios adultes – adolescents débordants d’hormones plus typiques des violents Yémen ou Somalie que d’un pays occidental développé.

Une question demeure : « les baby boomers sont-ils une génération chanceuse ou égoïste ? ».

Et s'ils avaient été innovants. Ils ont cru qu’ils se devaient ce qu’ils possédaient, pas qu’ils l’avaient emprunté aux générations futures ?

Banque et risque

La gestion prudente du risque par une banque serait une question de culture observe The Economist (et aussi : A matter of principle). Ce qui rejoint les conclusions d’un des premiers billets de ce blog (Société Générale et contrôle culturel).

Ce qui est plus inattendu, c’est que Goldman Sachs, un des méchants préférés des journalistes, a une très solide culture de gestion des risques.

Ce qui nous ramène à une remarque de Galbraith concernant le crash de 29. Les banques (dont Goldman Sachs) qui s’étaient lancées dans la spéculation dont il résulte étaient confiantes qu’elles tireraient profit du retournement de la situation. Or, c’est ce que Goldman Sachs a fait lors de la dernière crise, il a été un des premiers à comprendre que les subprimes menaient au désastre, et, tout en les vendant à ses clients, il a parié contre.

Ces banques sont insubmersibles ? Elles sont programmées pour vivre du risque qu’elles font courir à la planète ? Définition du parasite ?

samedi 20 février 2010

La France découvre l'Homme

Propositions du rapport sur le « bien-être et l’efficacité au travail » (remis le 17 au Premier ministre) :
  1. L’implication de la direction générale et du conseil d’administration est indispensable.
  2. La santé des salariés est d’abord l’affaire des managers, elle ne s’externalise pas.
  3. Il faut donner aux salariés les moyens de se réaliser dans leur travail.
  4. Il faut impliquer les partenaires sociaux dans la construction des conditions de santé.
  5. La mesure de la santé psychologique des salariés est une condition de son amélioration.
  6. Préparer et former les managers au rôle de manager doit faire partie intégrante de leur formation initiale.
  7. Il ne faut pas réduire le collectif de travail à une addition d’individus.
  8. Tout projet de réorganisation ou de restructuration doit mesurer l’impact et la faisabilité humaine du changement.
  9. La santé au travail ne se limite pas aux frontières de l’entreprise, qui a un impact en particulier sur ses fournisseurs.
  10. La détection et l’accompagnement des situations de stress sont une nécessité.
La France découvre-t-elle que l'organisation n'est pas une machine mais un groupe d'hommes, et que ce groupe obéit à des règles qui ne vont pas de soi ? Qu'il faut les analyser et les prendre en compte pour concevoir la mise en œuvre d'un changement ? Que le changement n'est pas programmatique ?
Compléments :

vendredi 19 février 2010

Impasse européenne ?

Le fonctionnement de l’Europe ne semble pas être inspiré par la rigueur : les entorses grecques sont connues depuis longtemps, mais personne n’a sévi, car chacun à quelque chose à cacher. Conclusion :

C'est le péché originel de l'UE et de la zone euro : un système de confiance mutuelle, sans garde-fou, sans instances de surveillance, sans l'autorité d'arbitre dont bénéficie le Fonds monétaire international (FMI) pour remettre au carré la comptabilité des pays.
Mais les Européens accepteraient-ils de se doter d'une telle instance qui vienne se mêler de leurs affaires statistiques ? L'interventionnisme n'est pas tout à fait du goût de cette vieille maison, l'Union européenne, où l'on aime tant les petits arrangements entre amis.

Curieusement, il semblerait que l’Allemagne soit loin d’être au dessus de tout soupçon. Elle dissimulerait un système financier malsain ; le probable futur président de la BCE serait en partie coupable de ce triste état de faits, mais il aurait l’intention d’imposer à la zone euro la rigueur dont il n'a pas été capable dans ses affaires - pour le plus grand dommage de celle-ci :

More broadly, Germany and Mr. Weber have been central in building a version of the Bretton Woods fixed exchange rate system within Europe. The entire burden of adjustment is placed on deficit countries (talk to Greece); it is considered beyond the pale to even suggest that German fiscal policy may be too tight, that Germany needs to expand domestic demand, or – heaven forbid – that Germany’s intention to export its way back to growth (with a current account surplus, in their view) is not exactly a model of enlightened economic leadership.
On top of this, and unlike Bretton Woods, there is no mechanism for adjusting exchange rates within the currency union. Given what we have learned in the past two years, is this still such a bright idea?

Nos dirigeants semblent pris dans leurs contradictions. Peuvent-ils s’en sortir ? Et, nous, que devons-nous faire ? Cultiver notre jardin ?

Silence du PS

Élections régionales. Campagne silencieuse. En particulier pour le PS.

Depuis des mois je me demande pourquoi le PS a pour seule stratégie d’attendre la chute du gouvernement. Serait-ce sa stratégie ? La France en mutation dit que les partis politiques veulent nous dissimuler leurs projets parce qu’ils pensent que nous ne pouvons pas comprendre le bien qu’ils vont nous faire. Selon cette hypothèse le débat politique ne pourrait donc pas porter sur leur programme réel, dont nous ne voulons pas.

Elle expliquerait quelque chose que je n’ai toujours pas compris : pourquoi le PS a-t-il refusé de participer au débat sur l’identité française, en disant que c’était un piège ? Intuitivement, il me semble que tout débat est bon, et que même si ses intentions sont malfaisantes il donne la possibilité de faire entendre des opinions utiles. Or, si effectivement les idées du PS ne peuvent être entendues, tout devient clair : le débat était un piège.

Le problème que ceci pose n’est peut être pas tant que nous sommes représentés par des gens qui ne pensent pas partager nos valeurs ou que les idées de nos gouvernements ont fait la preuve de leur inefficacité, que le fait que tout ceci est la négation de la démocratie.

jeudi 18 février 2010

UE passoire

Has the EU escaped a Chinese rescue? : conseillée par Goldman Sachs, la Grèce semble avoir voulu emprunter 25md€ à la Chine. C’aurait été le prix de son véto dans les décisions européennes.

Qui a dit que l’euro ou l’UE étaient des inventions inutiles ? Les trahir peut rapporter beaucoup. Preuve qu’ils ont une valeur.

On voit aussi la complexité de la création d’un groupe (l'Europe), et que ses règles de fonctionnement ne se créent que dans la crise.

Compléments :

Souffrance au travail et management

Évolution de l’opinion. Après la souffrance au travail, on découvre la responsabilité du management :

Le document remis à Matignon ce mercredi pointe la responsabilité des dirigeants d'entreprise et préconise même de réformer l'enseignement dans les écoles de commerce et d'ingénieurs, où la formation dans ce domaine "est extrêmement pauvre"

En termes de soins, de maladies et de décès, le mal coûterait 2 à 3 md€ à la France par an. Tout ceci viendrait d’un excès de préoccupation pour la performance économique. Une explication que je trouve peu crédible, quand je regarde la suite de l'article :

plus d'un travailleur sur deux travaille dans l'urgence, plus d'un sur trois reçoit des ordres ou indications contradictoires, et plus d'un sur trois déclare vivre des situations de tension dans ses rapports avec ses collègues ou sa hiérarchie.

Description d’une entreprise bien gérée, qui « maximise » ses résultats ? Peut-on parler de « responsabilité » du management ? Ou, simplement, d'incompétence ?

Compléments :

Classement des économistes

L’université du Connecticut classe les économistes.

Ils sont évalués sous 32 critères. On peut même obtenir des classements par pays. Les USA placent 5 états dans les 10 premiers. Massachussetts premier, Angleterre seconde. En économie, le génie est anglo-saxon.

mercredi 17 février 2010

Vague socratique

Hier, émission de radio avec André Tubeuf. Constatant que les artistes ne savaient pas répondre à ses questions, il leur disait ce qu’il pensait qu’ils auraient dû lui dire ; et si ceux-ci l’approuvaient, il retranscrivait leurs propos, enfin intelligents. N’était-ce pas le procédé de Socrate ?

Ne sommes-nous pas tous de plus en plus socratiques ? À commencer par nos gouvernants. Ne nous font-ils pas aussi découvrir, par une suite de questions judicieuses, les lois naturelles ? Par exemple que les dirigeants doivent être honteusement payés ?

Pourquoi la famille ?

Une question que se posent 3 chercheurs.

Ils font l’hypothèse du « gène égoïste » selon laquelle nos gènes cherchent à se reproduire. Par ailleurs, le rôle du père est d’apporter des ressources à l’enfant. Dans ces conditions, les lois sociales qui favorisent la famille ont un avantage concurrentiel. Pour deux raisons. Lorsque plusieurs pères nourrissent une même famille, ils tendent à penser que c’est plus aux autres à le faire qu’à eux. Les enfants sont sous-alimentés. Ensuite, si un mâle doit protéger la reproductrice de ses gènes de concurrents, il n’a plus de temps pour travailler.

Les auteurs en déduisent l’utilité des religions qui favorisent la famille. Ils pensent aussi que le mauvais état des enfants des familles recomposées valide leur théorie : 2 pères tendent à apporter moins qu’un.

Théorie convaincante ? Pourquoi la religion catholique, qui promeut la famille, force certains de ses membres au célibat ? Pourquoi l’homosexualité est-elle défendue par notre société ? Pourquoi réduisons-nous le nombre de nos enfants, et envisageons-nous de comprimer la population mondiale ?

Le concurrent de la théorie du gène égoïste est la théorie de la complexité. Elle veut qu’une multitude d’êtres génèrent des « propriétés émergentes » qui ont une vie indépendante de celle des êtres qui sont à leur origine. Avec une telle théorie on peut imaginer un individu égoïste qui se moque de sa progéniture, et privilégie son intérêt à court terme par rapport à celui de la société, ou une société égoïste, qui amène certains de ses membres à se sacrifier pour ses intérêts.

Compléments :

  • Je soupçonne que la théorie du gène égoïste est idéologique : l’Anglo-saxon ne se voit pas comme le jouet de ses gènes, mais comme un surhomme dont les gènes sont sortis victorieux de la sélection naturelle. D'ailleurs cette étude montre les limites de la théorie : l'égoïsme du gène favorise l'établissement de lois sociales dont il va finir par pâtir (le célibat des prêtres).
  • DAWKINS, Richard, The Selfish Gene, Oxford University Press, 2006.
  • Théorie de la complexité.

mardi 16 février 2010

AIR

France Culture parle de l’Agence Internationale de Remplacement. Si vous découvrez que vous avez pris deux engagements pour une même date, AIR peut vous remplacer à l’un de ces rendez-vous (aux deux ?).

Extraordinaire idée marketing ! Elle répond à notre principale caractéristique nationale : incapacité congénitale à tenir ses promesses.

L’euro comme cheval de Troie ?

À partir du moment où il y a solidarité dans la zone euro, les pays n’ont plus le droit de faire ce qu’ils veulent. Les autres nations peuvent leur demander des comptes.

Par conséquent, la zone euro n’a pas besoin que d’une économie commune, mais aussi d’une politique partagée…

L’économiste B.Eichengreen se demande si l’adoption de l’euro n’a pas été le Cheval de Troie du fédéralisme. Manœuvre d’un as du changement ?

Compléments :

  • Comme moi, il a l’air de dire que le Cheval est allemand, mais aussi qu’il serait malvenu que l’Allemagne oublie ses responsabilités dans la crise de l’euro :

But Germany is not innocent of responsibility for this crisis. It demanded an extraordinarily independent and unaccountable central bank that is now running an excessively tight monetary policy, aggravating the plight of the PIIGS (Portugal, Ireland, Italy, Greece, and Spain). Germany’s enormous current-account surplus aggravates their problems further. Germany has also done too little in terms of fiscal stimulus to support the European economy.
Germany has benefited enormously from the creation of the euro. It should repay the favor. It should push for the creation of an emergency lending facility, and for political integration to make that feasible. It should provide more fiscal support. And who better to press for a more accountable European Central Bank?

Armée turque

L’armée turque joue un rôle très particulier :

Elle semble dépositaire des valeurs fondatrices du pays. Et elle tend à penser, comme le gouvernement français, qu’elle sait mieux que le peuple ce qui est bon pour lui. Mais elle s’éloignerait de la politique.

Compléments :

  • En passante, je note que la Turquie est dans la rubrique « Europe » de The Economist (de même que la Russie).

Modèle nordique

Le modèle nordique semble mieux résister aux crises, et fournir à ses membres un cadre de vie plus civilisé, que le nôtre. Quelles en sont les caractéristiques ?

Contrairement au modèle anglo-saxon, qui joue sur les mécanismes monétaires pour adapter l’économie au changement, les pays nordiques comptent sur la plasticité du tissu social. Elle est rendue possible par un partage des risques (protection sociale) aussi large que possible, reposant sur un « contrat social » qui évite à la population de céder à la panique lors d’une crise, ce qui laisse à ses gouvernants le temps de réfléchir. La clé de voûte du système est « l’investissement dans le capital humain », une formation qui maintient en permanence la qualification des citoyens en fonction des besoins de l'économie. Quant au gouvernement, il doit « sauvegarder le compétitivité (du pays), et la durabilité des finances publiques », notamment en évitant déficits et dettes.

Compléments :

lundi 15 février 2010

Wall Street et la Grèce

L’Europe, que l'on croyait rétrograde, est à la pointe de l’innovation : depuis une décennie, Goldman Sachs et les banques américaines font des miracles pour masquer ses déficits :

Elles ont utilisé des techniques identiques à celles qui firent la notoriété d’Enron pour faire passer des emprunts pour des revenus.

En novembre dernier Goldman Sachs aurait proposé au gouvernement grec de réitérer l'exploit…

Compléments :

Grèce

Les Grecs vont-ils résister à la rigueur gouvernementale ?

Apparemment non : il semblerait qu’il y ait accord sur le fait qu’il faut réformer le pays ; une réforme serait acceptable si elle est juste (notamment si elle frappe le citoyen en fonction des avantages qu’il a tirés de l’ancien système). Le danger viendrait de minorités extrémistes.

Avenir de l’Europe

D’après Paul Krugman, rétablir l’équilibre entre les économies de la zone euro nous promet quelques années effroyables :

What we’ll probably see over the next few years is a painful process of muddling through: bailouts accompanied by demands for savage austerity, all against a background of very high unemployment, perpetuated by the grinding deflation I already mentioned.
It’s an ugly picture. But it’s important to understand the nature of Europe’s fatal flaw. Yes, some governments were irresponsible; but the fundamental problem was hubris, the arrogant belief that Europe could make a single currency work despite strong reasons to believe that it wasn’t ready.

L’euro, nouvel exemple de l’éthique de la conviction, qui ignore les conséquences de ses actes ?

Jeunes et alcool

N’ayant pas d’enfant, j’ai échappé aux maux de la jeunesse. Mais je suis rattrapé par ce que l’on m’en dit. Les jeunes se shooteraient à l’alcool bon marché. Cela expliquerait-il le comportement un peu bizarre et absent de mes élèves que me signalent aussi d’autres enseignants ? D’où vient ce problème nouveau pour moi ?

Les jeunes ont adopté un mode de consommation d’alcool « anglo-saxon ». En fait ce ne serait que l’expression juvénile de l’inquiétude d’une société qui fait une des plus grosses consommations d’antidépresseurs au monde. Leurs parents, et leurs exigences, sont un agent majeur de cette anxiété. La famille l’est aussi du réconfort : la fête familiale c’est l’alcool. Consommer de l’alcool c’est appartenir au groupe.

Pour soulager l’enfant de sa dépression, le « marché » fait preuve de merveilles d’inventivité marketing (cf. les « alcopops »). Il transforme en un consommateur de plus en plus gros, un client de plus en plus jeune.

Compléments :

  • Le moteur du (de notre) capitalisme serait-il la crainte ? Je me pose à nouveau la question. Grippe médiatique.