mardi 16 août 2011

Google et Motorola

L’acquisition de Motorola Mobility par Google pose de curieuses questions.
  • Il semble que Google ait surtout voulu acheter les brevets de Motorola, plutôt qu’un fabricant de téléphones mobiles. Les défenses d’Android n’étaient probablement pas suffisantes pour résister aux poursuites en justice d’Apple.
  • La bataille des TIC se jouerait sur le terrain de la mobilité « intelligente », avec Apple en leader.
  • Cet achat ne signe-t-il pas la mort des développeurs de systèmes d’exploitation ? Plus exactement, ne vont-ils pas adopter le modèle Apple ? (Fabricant et éditeur.)
  • Google sera-t-il capable d’absorber un fabricant de matériel ? Si non, ne devrait-il pas conserver les brevets et se débarrasser des téléphones ?
Compléments :

Le pauvre aime aider le riche

Résultat curieux : les pauvres tendent à s’opposer à l’intervention de l’État. Pourquoi ? Parce qu’ils craignent qu’elle profite à plus pauvres qu’eux. Étrangement, ça les amène à préférer donner à plus riche qu’à plus pauvre ! (Don’t look down)

Warren Buffett au secours de l’État

J’entendais ce matin la BBC citer M.Buffett qui aurait dit qu’un milliardaire comme lui pourrait payer plus d’impôts, qu’il ne rimait à rien que les riches soient privilégiés alors que la classe moyenne qui se bat en Afghanistan ne l’est pas.

M.Buffett est-il l’hirondelle qui fait le printemps ? Ce type d’arguments va-t-il commencer à concurrencer ceux du Tea Party ? (Plus généralement, début de reflux de la vague libérale ?)

France : confusion des partis politiques

Nos partis politiques nous représentent mal. Aurais-je trouvé une explication à ce paradoxe ? Le film de ma réflexion.
  • Des chercheurs constatent que le Français serait une sorte d’individualiste solidaire, un entreprenant aux idées « progressistes ». Ça n’a rien à voir avec ce que nos partis disent de nous.
  • Ses valeurs correspondent à celles d’un parti disparu : le parti radical.
  • Un portrait de la France fin dix-neuvième montre ce parti encastré entre une forme de PS, et une forme d’ultra libéralisme économique, apparemment plus extrême que son équivalent anglo-saxon moderne.
  • J’ai soupçonné que le Gaullisme avait repris les idées d’un radicalisme à bout de souffle. Que J.Chirac ait des idées radicales en serait-il une confirmation ?
D’où mon hypothèse du moment : nos idées auraient peu changé depuis le dix-neuvième ; mais nos partis ne disent pas ce qu’ils sont. En gros :
  • le PS est correctement situé,
  • les Gaullistes devraient être en position radicale, c'est-à-dire centrale. Dans cette hypothèse, leur rôle est de faire que le pays n’explose pas sous les rivalités idéologiques extrêmes (« Rassemblement pour la République » correspond bien à ce programme),
  • N.Sarkozy n’est pas un Américain égaré, comme je l’ai cru à tort, mais un représentant d’un courant libéral historique. Ce courant représente probablement les professions « libérales » et un grand patronat qui a peut-être disparu avec la guerre (pour cause d’obsolescence de ses usines ou de collaboration ?).
Compléments :
  • Sur l’obsolescence de l’industrie : WORONOFF, Denis, Histoire de l'industrie en France, du XVIème siècle à nos jours, Seuil, 1998.

lundi 15 août 2011

Morale Angleterre

David Cameron part en croisade contre les moeurs dissolues de l’Angleterre. Cela tombe bien, c'est un homme pour qui la morale compte.

Alors, même effet que les émeutes de 2005 pour N.Sarkozy ? Parler de morale fait gagner la droite ? (After the inferno)

Réaction inattendue, et violente. L’exemple de l’immoralité vient d’en haut : politiques qui mentent, qui fraudent, qui donnent une seconde chance aux malfaiteurs de News of the world (alors que les pilleurs n’en auront pas), ultrariches qui se moquent du fisc anglais… (Et si l'élite britannique avait inspiré les émeutiers anglais ? La Tribune)

Cela semble confirmer le point de vue d'un de mes précédents billets : l'Angleterre a besoin d'une révolution culturelle. (Est-elle la seule ?)

Enquête sur Standard and Poor's

Standard and Poor's juge que l’irresponsabilité politique ambiante fait courir des risques à l’Amérique. Identifier les facteurs structurels de danger semble être de sa responsabilité (Substandard and Poor).

Bizarrement, la SEC s’est brutalement intéressée à ses méthodes de calcul, alors que jusque-là elles l’avaient laissée indifférente. Et l’on découvre un délit d’initié qui pourrait coûter sa licence à l’agence. (Le Figaro - Flash Eco : Enquête sur Standard and Poor's)

Tentative d’intimidation ? Faciliter une crise, très bien, mais s’en prendre aux USA, inacceptable ?

Grèce irresponsable ?

Le plan grec de rigueur est-il de la poudre aux yeux ?

Sa mise en œuvre avancerait doucement, mais il y aurait de la bonne volonté… (Keep calm and carry on)

Résistance innée

« Ces découvertes sont consistantes avec des études précédentes qui montrent que les conservateurs sont plus sensibles (que les libéraux) aux menaces, plus résistants au changement, et plus susceptibles de voir le monde comme un endroit dangereux – tout cela sous-entendant une certaine forme d’attitude négative, qu’elle soit par rapport au passé, au présent et au futur. »

Le plus curieux est que ces différences correspondent à une attitude inconsciente par rapport à l’existence en général, et non à une opinion rationnellement élaborée concernant la politique, en particulier. (The Ideology of No)

Peut-être ce résultat s’applique-t-il aussi au changement : des gens sont par nature contre et d’autres pour ?

Compléments :
  • Cela ressemble aussi beaucoup aux travaux de Martin Seligman sur l’optimisme et le pessimisme. Une forme d’attitude câblée dans l’inconscient teinte l’interprétation de nos expériences. (SELIGMAN, Martin, Learned Optimism: How to Change Your Mind and Your Life, Free Press, 1998.)
  • Et si on avait là un moyen de faire des sondages fiables? Il suffit de mesure l'attitude d'une personne à la vie pour savoir comment elle va voter ?

dimanche 14 août 2011

Pour une nouvelle récession ?

Les journaux anglo-saxons ne parlent que de « double dip », d’une nouvelle récession pour les USA, mais aussi pour l’Europe.

La cause : la rigueur. Roosevelt avait déjà fait l’erreur en 37. Il a voulu réduire le déficit d’une Amérique qu’il croyait sauvée. Elle a alors replongé dans la crise.

Curieusement, un article dit que c’est peut-être cette crise qui a sauvé l’Amérique. (Financial Aftershocks With Precedent in History - NYTimes.com)

Raisonnement systémique ? Pour sauver le patient, il faut prendre le bon sens à contre-pied ? Et si la crise était une question de comportements dangereux (notamment des financiers) que seule une crise pouvait amener à se réformer ? (cf. billet précédent.)

Compléments :

Rumeur et spéculation

Les bourses auraient été sauvées par l’interdiction du « short selling », vente à découvert. L’efficacité de la mesure indique-t-elle qu’il y avait bien une vigoureuse spéculation ? (Avait-elle en partie la France pour origine ? Quid de la SG ? N’est-elle pas le spécialiste français des produits dérivés ?)

Deux observations, sous forme d’hypothèses :
  • La succession de crises que nous vivons ressemble à ce que décrit Galbraith au sujet de la crise 29. Les opérateurs financiers cherchent des cibles sur lesquelles, sans se parler, ils puissent coordonner un mouvement spéculatif (ceux qui l’enclenchent, et sortent à temps, ont beaucoup à gagner). Il était logique que l’Italie suive l’Espagne, et que la France suive l’Italie. Cette thèse est progressivement apparue dans les journaux économiques (ce blog fut-il un précurseur du mouvement ?), fournissant un signal d'attaque.
  • Le système financier a échappé aux deux modes de nettoyage habituels : la faillite et la nationalisation. Il est donc toujours soumis à sa logique d’avant crise, qui lui demande de chercher des bénéfices irréalistes. La spéculation est le seul moyen rationnel d’agir.
Compléments :

Les diaboliques

Livre de Barbey d’Aurevilly.

Nouvelles interminables. Les personnages font des dissertations épuisantes sur des sujets qu’eux seuls trouvent profonds. Histoire curieusement caricaturales, comme celle de cette duchesse espagnole, tellement pourrie qu’un de ses yeux tombe au sol, et que l’autre fond.

Étaient-ce les mœurs, coincées ?, de l’époque, qui produisaient le fantasme de femmes mystérieuses et diaboliques ? Le noble, qui n’était plus soldat, se perdait-il, comme on le voit ici, dans une oisiveté sans fin, et dans le jeu, en particulier ?

samedi 13 août 2011

Qui s’est révolté en Angleterre ?

On a trouvé des gens fort riches parmi les pillards anglais, et beaucoup de membres des classes moyennes.

Explication ? Effet d’entraînement et peut-être désir de ne pas moins profiter de bonnes affaires que ses voisins… (UK riots: Why respectable people turned to looting - New Scientist)

En outre, il semblerait que les villes anglaises soient un mélange de classes vivant côte à côte, notamment parce que certains relativement aisés sont venus s’installer chez les pauvres. Absence de solidarité + tentation = pillage ? (Londres, un modèle de mixité urbaine fragilisé par la crise économique - LeMonde.fr)

Résultat naturel de l’organisation libérale de la société anglaise : des individus isolés les uns des autres, et l’enrichissement comme seul horizon ? (Après tout c’est une hypothèse centrale du modèle de l’économie néoclassique.)

Compléments :
  • Une société libérale est nécessairement un Etat carcéral : il faut bien compenser l’absence de lien social ?
  • Bientôt un retour de balancier ? Du libéralisme à l’ordre moral ? J’entendais David Cameron incriminer le manque de moralité de la société britannique. 

Qu’est-ce que la communication ?

La communication n’est pas qu’un échange d’informations. Paul Watzlawick explique (cf. billet précédent) que l’on essaie d’y faire reconnaître l’identité que l’on se donne. Pour Erving Goffman (The presentation of self in everyday life), chacun tient un rôle, comme dans une pièce de théâtre.

L’expérience et les théories plus récentes semblent dire aussi que chaque interlocuteur essaie d’imposer sa vision implicite du bien et du mal (voir Tversky et Kahneman). Ce qui peut lui servir à y enfermer l’autre (« framing »). Pour cela, il exploite une position sociale qui peut lui donner un avantage moral. Ce faisant, il réalise une injonction paradoxale, technique de lavage de cerveau dont parle Paul Watzlawick.

Notre société a-t-elle remplacé l’affrontement physique par un affrontement moral ? Au lieu de chercher à liquider le corps de l’adversaire, on veut anéantir son cerveau ?

Comment voler un million

Film de William Wyler, 1966.

La France vue par les Américains quand ils veulent être gentils avec nous ? 

vendredi 12 août 2011

TVA et restauration

Efficacité économique de la baisse de la TVA sur la restauration : l’État et l’Insee jouent au jeu des manifestants et de la police :

Selon l’État la mesure aurait créé 40.000 emplois en plus des tendances usuelles, selon l’INSEE, de l’ordre de 15000 (et la nature et la durabilité de l’emploi ne semblent pas claires).

Les prix n’auraient pas baissé de 2,9%, mais augmenté d’1%. Et les emplois créés auraient coûté 60.000€ par personne. Mais il y a de grosses incertitudes sur les chiffres. La TVA restera-t-elle réduite dans la restauration ?

En tout cas, je suis surpris. Je trouve les restaurants extrêmement chers, leurs prix me semblent avoir beaucoup augmenté (peu de restaurants qui aient un menu au dessous de 15€ - 100F ! difficile de payer moins de 25€). Je n’aurais pas été étonné que dans certains cas, il y ait eu une inflation de 20%. Est-ce une illusion ? 

Piraterie Internet

Il semblerait que certains pays piratent Internet en grand, avec beaucoup de résultats :

Dmitri Alperovitch de McAfee décrit les intrusions comme « les plus importants transferts de richesse, en termes de propriété intellectuelle, de l’histoire » (Black hats, grey hairs)

Héritages

Il y a quelques temps je discutais avec un ancien inspecteur des impôts. Il m’expliquait que les successions rapportaient énormément à l’État : elles suscitent des querelles où l’on se dénonce les uns les autres.

On découvre alors que, de tous les côtés, tout le monde est dans l’illégalité, et dans des proportions étonnantes. L’affaire L’Oréal en serait un excellent exemple.

(Peut-être est-ce une de nos caractéristiques nationales ? Nous sommes incapables d’appliquer les lois ?)

Ce qui m’a rappelé ce que me disait une autre personne. Son rôle était d’expliquer à ceux des membres d’un club très fermé, après qu’ils aient été pris à voler les petites cuillères du restaurant ou les serviettes de la piscine, que ça ne se faisait pas.

Pourquoi les gens riches sont-ils autant attachés aux biens matériels ?

Mais est-ce le cas de tous les riches ? Les entrepreneurs ne semblent pas obéir à cette logique. Peut-être est-ce celle des héritiers : ils ne se définissent plus que par ce qu’ils peuvent recevoir en legs ? 

Vacances romaines

Film de William Wyler, 1953.

Époque où les princesses n’épousaient pas encore des roturiers. Un film annonciateur de changements imminents ? 

jeudi 11 août 2011

Rationalité humaine

On me racontait il y a quelques temps que des employés s’étaient convaincus que le nouveau logiciel qu’on allait installer était tellement mal conçu que la touche d’ordinateur (« F4 ») qui, chez son prédécesseur, permettait de sauvegarder leur travail, ferait exactement le contraire. À tel point que des directeurs d’unité envisageaient de la supprimer des claviers ! Rumeur sans aucun fondement.

Comment se peut-il qu’il puisse y avoir de la fumée sans feu ? Des rumeurs aussi précises, et totalement fausses ?

Cela expliquerait'il le comportement des marchés ?

Faut-il évoquer la théorie de Paul Watzlawick selon laquelle de telles fables ont un rôle dans la régulation interne des groupes humains. En fait, ça les empêche d’exploser ? (Il cite une pièce de théâtre dans laquelle un couple a inventé l’histoire d’un enfant mort.)

Compléments :
  • Watzlawick, Paul, Beavin Bavelas, Janet, Jackson Don D., Pragmatics of Human Communication: A Study of Interactional Patterns, Pathologies and Paradoxes, WW Norton & Co, 2011. (cf. billet)

La France contre les marchés

J’entendais dire que la dernière rumeur est que les agences vont donner une mauvaise note à la France. La BBC disait ce matin que les marchés n’avaient pas confiance dans la capacité réformatrice de la France.

Le gouvernement ne compte pas toucher aux impôts, « un dogme » pour Nicolas Sarkozy, seulement, peut-être liquider quelques niches fiscales.

Décidément notre président est proche des Républicains américains par ses idées.

Je me demande, par ailleurs, s’il n’y a pas un schéma récurrent dans la réaction des gouvernements aux crises : ils semblent en faire juste pas assez pour les calmer.

Illusion de ma part : on ne peut jamais en faire assez ? Ou tentent-ils de faire le juste nécessaire pour apaiser le marché, sans toucher à ce qui leur tient à cœur ?...

Compléments :

Communication et comportement

Watzlawick, Paul, Beavin Bavelas, Janet, Jackson Don D., Pragmatics of Human Communication: A Study of Interactional Patterns, Pathologies and Paradoxes, WW Norton & Co, 2011.

Ce livre s’intéresse à l’impact de la communication entre individus sur leur comportement. Son idée centrale est que tout est communication dans un échange, et cette communication qui rebondit entre membres d’un groupe qui interagissent crée un mécanisme de contrôle du groupe (je m’ajuste en fonction de ce que je sens de la perception de l’autre). Bref, grâce à la communication, le groupe devient un « système » : il développe des mécanismes qui le contrôlent.

Jusque-là la psychologie avait hérité, comme les autres sciences, de l’hypothèse matérialiste (tout n’est que matière et énergie) inhérente à la pensée occidentale. Que le groupe soit un système permet de comprendre que ce qui est anormal dans l’absolu ne l’est plus relativement à ses mécanismes de stabilisation. La schizophrénie, par exemple, est, dans certaines conditions, le seul moyen possible de se comporter. D’une certaine façon le comportement individuel est une caractéristique d’un système. Nous paraissons agir, mais nous sommes mis en mouvement par notre environnement. D’ailleurs, dans certains cas, nos comportements collectifs, nos rites, n’ont aucun sens, sinon de maintenir ensemble le groupe. Ce sont des fictions.

Ces systèmes peuvent produire des cercles vicieux destructeurs (cf. la schizophrénie). Typiquement, l’individu est pris au piège d’une relation dont il ne peut s’extraire, mais qui lui impose des injonctions contradictoires. Il y répond, en quelque sorte, en débrayant sa raison.

Pour sortir de ces cercles vicieux, il faut s'extraire du système vicié. Il ne faut plus suivre les règles de communication, mais se placer au dessus d’elles pour les analyser. Ce qui demande (toujours ?) un médiateur.

Quant au schizophrène, on doit le traiter par le symptôme : en le plaçant dans une situation dans laquelle ses contradictions lui deviennent inacceptables.

Un autre phénomène important. La communication est à la fois « numérique » (contenu / syntaxe) et « analogique » (véhicule la nature de la relation / sens). Pour arriver à comprendre la réalité d’un message il faut un bon échange entre les deux. L’hystérie serait une conséquence d’une faiblesse dans la traduction de l’un à l’autre. 

mercredi 10 août 2011

Baisse de la bourse

Curieux. Les difficultés des bourses mondiales suscitent beaucoup de bruit. Pas leur hausse.

Pourtant, le SetP 500 a doublé depuis mars 2009. Les actions demeureraient très surévaluées :

Une mesure du « price earning ratio » (valeur boursière de l’entreprise / gains) d’actions américaines est à 22,2 contre une moyenne de long terme de 16,4. (Financial markets: High hopes, low returns)

Émeutes en Angleterre

Les émeutes anglaises semblent se calmer. Effet bénéfique d’énormes forces de police ?

Cause ? Pas très clair. Si j’en crois la BBC, il ne semblerait pas que ce soit une émeute de la pauvreté. Peut-être une partie de la population anglaise y a-t-elle vu un moyen de se distraire et de s’enrichir ?

Pathologie des valeurs de la société (anglaise ?) ? En tout cas, comment le gouvernement anglais va-t-il pouvoir réduire les forces de police - ce que prévoyait son plan d'économies, dans ces conditions ? 

Des bénéfices de blogger

Quasiment tous les thèmes de ce blog sont des sujets auxquels je ne m’intéressais pas avant de le créer (je ne lisais pas la presse, n’écoutais pas les informations radiophoniques et n’ai pas la télévision).

D’une certaine façon il me force à faire l’exercice que devrait faire tout membre d’une démocratie, selon John Stuart Mill : s’interroger, publiquement, sur le sort de la nation (et du monde, probablement). Mais peut-on y arriver à ma manière : en accumulant des réactions à des articles et en espérant qu’une idée directrice s’en dégagera ?

Aristote (Les politiques) avait-il raison de dire qu’il n’y a pas de démocratie sans oisiveté ? Ma vie est-elle beaucoup trop occupée ? D’un autre côté que peut savoir l’oisif de la réalité de l’existence ? Alors, y a-t-il une solution médiane : est-il possible de développer une réflexion transversale, dans les interstices de l’occupation quotidienne ?

Compléments :
  • Curieusement, les bénéfices du milieu sont aussi une idée d’Aristote (Ethique à Nicomaque). 

mardi 9 août 2011

Peu performant Obama ?

Ce blog est né quasiment avec B.Obama et essaie depuis de cerner sa personnalité. Que révèlent ses dernières mésaventures ? An underperforming president

Il a trop tardé à agir, puis a été victime de son manque de conviction, et de son amour du compromis, qui a été exploité par les Républicains. Vision angélique de l’Amérique qui n’est pas appropriée au cynisme de ses adversaires ?

Il est certain que peu de gens aimeraient être à sa place : il a hérité « une situation initiale d’enfer : un effondrement financier, une économie prostrée, deux guerres. Maintenant il est en face d’une opposition d'enfer : un Parti Républicain populiste et irresponsable, dont les voix modérées ont été réduites au silence par des idéologues et qui a fait de son éviction du pouvoir le centre de son programme politique ».

S’il veut s’en tirer (et le pays avec lui ?), il va falloir « qu’il relève son niveau de jeu ».

Le champion américain n’est jamais aussi bon que dans les situations désespérées… En tout cas, s’il réussit, il méritera une grande estime…

Compléments :
  • Par ailleurs, il me paraît bien seul…

Démocratie et corruption

Les trains déraillent en Chine. Coupable : la corruption, qui fait que l’argent de la nation est détourné de sa destination.

Cela ne serait pas arrivé dans une démocratie, où règne la transparence, dit The Economist. (Of development and dictators)

Quoi que. Le comportement honteux des élus américains et le manque de détermination des gouvernements européens le fait douter. (S&P's credit rating cut: Downgrading our politics | The Economist)

Succès de Google+

Je lis que Google+ a 25m de visiteurs, selon Le Monde.

Il me semble que le réel critère de succès est l’activité des dits adhérents. Pour ce que j’en juge, elle n’est pas grande.

Pour le moment le scénario qui me semble le plus vraisemblable est que Google+ occupe une niche. Mes observations : ceux qui rejoignent Google+ sont des « early adopters » qui aiment la technologie pour la technologie. Si une communauté de telles personnes part en même temps, il est probable qu’elle survivra sur Google+. Mais je ne vois pas bien quels intérêts pourraient avoir la grosse majorité des utilisateurs de Facebook à les suivre, d’autant plus que les « early adopters » resteront sur Facebook. 

lundi 8 août 2011

Avenir de l’Europe

J’entendais hier parler un professeur d’économie. Il semblait confirmer le point de vue selon lequel soit l’Europe se dote d’un système de gouvernement économique, avec obligations européennes, soit il y a dissolution de la zone euro (et ?). (Hot, hot August)

La France est effectivement la prochaine cible des marchés : son taux d’endettement atteindrait 100% de son PIB, si elle devait venir au secours de l’Italie. (The midget and the mighty)

Faute de combattants, l’Allemagne ne va-t-elle pas rester seule ? D’elle, qui ne semble vouloir ni d’obligations ni de gouvernement européens, dépend l’avenir de l’Europe ? Du monde ? Redoutable responsabilité ?

Compléments :
  • Ce matin, un financier semblait dire à la BBC que les marchés ne voulaient que l’intervention de la BCE pour les rassurer quant à la pérennité de la dette européenne. Scénario à la japonaise où rien n’est réparé, mais il n’y a pas de crise pour autant ? 

Erreur de Kant ?

Le billet précédent me fait penser que l’impératif catégorique de Kant est erroné.

Il estime que c’est la raison de l’homme qui doit lui dire comment se comporter correctement.

Sa recommandation de prendre des « décisions universelles » conduit tout le monde à faire la même chose, d’où, lors du Tsunami de Noël 2004, une avalanche de dons finalement inutiles.

L’homme ne doit-il pas agir, comme dans l’exemple précédent, en fonction de ce qu’il « sent » que vont faire ses congénères ?

Ce qui est curieux est qu’il me semble que c’est aussi ce que dit Kant, au sujet de l’art : seule l’intuition permet à l’homme d’appréhender ce qui dépasse son entendement. 

Systémique et aviron

C’est la hauteur des mains des rameurs qui maintient la stabilité d’un bateau d’aviron, qui n’en a aucune. Or, pour qu’il aille vite, il doit être stable.

Il y a quelque chose de paradoxal ici : si le bateau est déséquilibré, chaque rameur va changer la hauteur de ses mains et le déséquilibrer encore plus.

En fait, il arrive un moment où le rameur a appris à anticiper le mouvement de ses coéquipiers, et à faire ce qu’il faut. L’équipage est devenu un « système ». Il a développé, quelque part dans l’inconscient combiné des rameurs, une forme de boucle de rétroaction, qui maintient l’équilibre du navire. 

Un balcon en forêt

Julien Gracq, 1958, José Corti.

Drôle de guerre, vraiment. Un officier garde un blockhaus dans la forêt des Ardennes. Monde en suspens,  en sommeil, moment de paix au cœur de la nature.

Curieux de penser qu’au même moment, en Allemagne, un peuple se vautrait dans des théories d’un ridicule déconcertant, d’un retour à un moyen-âge caricatural, et ne rêvait que de destruction.

Il en faut bien peu pour transformer l’homme en bête, prête à croire toutes les stupidités ?

dimanche 7 août 2011

L’Europe plonge ?

Les marchés doutent à nouveau de l’Italie et de l’Espagne. S'il faut les secourir, la dette française dépassera l'acceptable. (Rearranging the deckchairs)

Comment en est-on arrivé là ? Le gouvernement français n’a jamais été très vertueux, mais le dernier plan de relance et un ambitieux programme de réduction de recettes semblent avoir été les gouttes qui ont fait déborder le vase.

Pourquoi l’économie n’a-t-elle pas redémarré dans ces conditions, après tout l'entreprise est fortement stimulée ? Serait-elle un trou noir qui ne sait plus qu’absorber ?

Compléments :
  • S’il doit y avoir plan de rigueur, la nation acceptera-t-elle une réduction des programmes de l’État ou accusera-t-elle ses gouvernants d’avoir « privatisé les bénéfices et socialisé les pertes » ?

Haine de l’étranger


Pourquoi, en Norvège, tue-t-on des immigrés, mais aussi des Norvégiens de souche ? se demande Scientific American. (What Causes Prejudice against Immigrants, and How Can It Be Tamed?: Scientific American)

Au cœur de la question serait notre nature d’animal social, et l’investissement que fait l’individu dans la société.

L’étranger représenterait un danger parce qu’il véhicule des maladies auquel notre système immunitaire n’est pas habitué. Cependant, il suffit qu’il semble suivre nos normes sociales pour qu’il ne soit plus inamical.

Mais, il est encore moins menaçant que le membre de notre groupe que nous soupçonnons vouloir le trahir. 

Champions nationaux

Après l’ère libérale, nous en sommes revenus à une politique industrielle, une forme de protectionnisme.

Curieusement, il semblerait que beaucoup de nos champions soient nos ex services publics (EDF, FT, RATP, SNCF) ou une combinaison privé public (GDF Suez).

Nos précédentes expériences dans le domaine n’ont pas connu que des succès : FT, Crédit Lyonnais… Sans parler des multiples « plans » (cf. le « plan calcul » qui devait nous transformer en silicon valley…).

Le danger de l’opération est, outre le risque du « too big to fail » (FT), une croissance externe déraisonnable (FT, Crédit Lyonnais), combinée à un monopole national qui essorerait le petit peuple.

Le facteur clé de succès est probablement une croissance interne, à l’allemande, c'est-à-dire la capacité à investir à bon escient. Pour cela il faut des dirigeants qui comprennent le métier et le marché de l’entreprise, des entrepreneurs.

Compléments :

  • La politique industrielle consiste à développer les compétences naturelles du tissu économique national, pour qu’il acquiert un avantage qui lui permette de décourager les offres concurrentes. (Ce qui n'est pas forcément répréhensible : le système mondial atteint un équilibre sain, si chaque nation parvient à développer des compétences à elle.) LIST, Friedrich, Système national d'économie politique, Gallimard, 1998.

samedi 6 août 2011

Identité de la France

Intuitivement, je trouvais une bonne idée d’organiser un débat sur « l’identité de la France ». Comme les anciens Grecs, j’ai l’impression que la créativité naît de la confrontation des idées.

Peut-être n’ai-je pas bien écouté ? Rien de marquant ne semble en être sorti. D’ailleurs est-il en cours ou fini ?

Cela signifie-t-il qu’il n’y a plus « d’identité française » ? Plus de nationalisme qui transporte les foules et enflamme les débats ? Le Français a-t-il le sentiment que nous sommes avant tout des hommes, que ses problèmes sont mondiaux ? 

Internet : danger de l’anonymat ?

On dit que sur Internet « personne ne peut savoir que vous êtes un chien ».

On dit aussi que, grâce aux technologies de l’information, l’anonymat devient impossible.

En conséquence, je me demande s’il n’est pas dangereux d’utiliser un pseudonyme. Il n’y a aucune garantie que cela permette l’anonymat. Et l’anonyme démasqué paraît hypocrite.

Compléments :
  • Cette discussion ne s’apparente-t-elle pas à celle sur le vote, de John Stuart Mill ? Il le considérait comme un acte social, donc non anonyme. (Voir la dernière partie de mon billet.)

Faille radicale

Les valeurs de la France semblent radicales et pourtant aucune politique radicale n’est crédible. Pourquoi ?

Durant la troisième république, le radicalisme voulait la séparation de l’Église et de l’État, l’école publique, des régimes sociaux.

Quant à notre libéralisme il veut détruire l’État pour donner ses services aux marchés.

Le FN, lui, veut chasser les immigrés et liquider l’Europe.

Bons ou mauvais, voilà des programmes. Et il faut un programme pour rallier un électorat. Mais le radicalisme, depuis presqu’un siècle, n’a plus rien à proposer sinon de vagues idées.

Compléments :

vendredi 5 août 2011

Mauvais résultats de Veolia

J’ai entendu dire que les résultats de Veolia étaient mauvais. Curieux, ceux de Suez, qui lui ressemblent, sont bons.

Si je comprends bien le FT, une explication possible de ces difficultés serait une expansion internationale un peu précipitée.  

Alarme

Je suis réveillé par l’alarme de la caisse de retraite logée dans mon immeuble. Erreur de manipulation, sans doute.

Je me suis toujours demandé si l’invention des alarmes n’était pas symptomatique de l’esprit de notre temps :

  • L’alarme, c’est un individu qui appelle à l’aide la société. On peut imaginer que, dans un monde d’entraide et où tout le monde se connaît, il n’y en a pas besoin.
  • L’alarme fait aussi intervenir la question que l'économiste appelle « externalité négative ». Il s’agit de faire payer par la collectivité ce qui est devrait dépendre de sa propre responsabilité.
(à creuser)

Esprit du temps

Nathalie Ravidat fait une revue de la littérature sur la théorie des « stakeholders » (parties prenantes), autrement dit de la façon dont les entreprises conçoivent leur relation à leur environnement humain.

Elle divise les travaux en deux familles : la vision défensive et la collective.
  • La première fait l’hypothèse implicite que l’entreprise doit se défendre contre le pouvoir de nuisance de ceux qui l’entourent, qui veulent lui voler son bien. C’est une vision individualiste et égoïste, d’un monde clos et stable régi par le rapport de forces.
  • La seconde pense l’avenir imprévisible, source de dangers mais aussi d’opportunités. Seule la coopération permet de faire face à cette situation, et d’en tirer le meilleur. C’est une vision solidariste.
La première vision me semble avoir dominé notre pensée récente. Martine Aubry a voulu diviser la richesse, Nicolas Sarkozy la rendre aux riches. Question de répartition dans les deux cas. Individualisme soixante-huitard ?

Et s’il suffisait de nous persuader que l’avenir est incertain pour nous rendre sympathiques ? 

Cercle vicieux syndical ?

Les syndicats ne sont-ils pas montés à l’envers ?

Représentent-ils beaucoup plus que les intérêts de leur technocratie interne ? Que défendent-ils, sinon un « monde ouvrier » mythique ? Favorisent-ils des transformations qui pourraient être bénéfiques aux employés ? Quelle est l’utilité de leurs grèves ? Pourrir la vie du petit peuple et détruire l’image des institutions qu’ils disent défendre ?...

Quel devrait être leur mission ? Le problème du moment : l’exploitation du petit (employé, actionnaire, client, entrepreneur…) par l’oligarque (financier, consultant, dirigeant à bonus…) ?

Et si le syndicat cherchait à rétablir l’équilibre entre eux ? En jouant sur le nombre des petits, qui, fédérés, sont plus puissants que les gros ? En montrant que l’intérêt de l’entreprise, de la société, et même de l’environnement n’est pas celui que l’on croit ?...

Compléments :

jeudi 4 août 2011

Rationalité des marchés

Les pays que les marchés pensent les plus certains de faire faillite : La Grèce, le Portugal et l’Irlande sont au sommet, plus risqués que le Venezuela et le Pakistan ; l’Espagne est moins sûre que l’Égypte révolutionnaire. (How much closer a union?)
Raison ? Cacophonie de la communication gouvernementale européenne.

Autrement dit la rationalité des marchés (dont on nous a rebattu les oreilles) est nulle. On les manipule par la propagande.  

Bénéfices de l'altruisme (suite)

Les États américains riches subventionnent les États pauvres dans des proportions étonnantes. S’il était un pays indépendant, le Nouveau Mexique, par exemple, aurait un rapport dette sur PIB de 260%. C’est bien plus terrible, et de très très loin que la Grèce (dont l’endettement serait de l’ordre de celui de la Virginie). (Greek Americans)

Dans les mêmes conditions, si vous donnez des noms différents aux gens (Allemands, Grecs…), vous avez une crise ; si vous leur donnez le même nom (Américains), pas de crise. Rationalité humaine. 

Le vent de la plaine

Film de John Huston, 1960.

Film d’une époque où l’Américain vivait dans des huttes enterrées.

Intéressante problématique : appartient-on à sa famille génétique ou à la société que l’on a adoptée ?

mercredi 3 août 2011

Les bénéfices de l’altruisme

Une nouvelle étude sur l’avantage concurrentiel de l’altruisme, pour une société.

Curieux que ce type d’études se mette maintenant à sortir. Il y a encore peu toute la science semblait penser comme le libéral que l’individu optimisait une fonction d’utilité… 

Reflux de la vague d’outsourcing

Quelques-uns des pires désastres économiques de ces dernières années ont été causés ou aggravés par l’externalisation. Il y a huit ans, Boeing, le plus gros fabricant d’avions américain, a décidé de suivre l’exemple des fabricants automobiles et d’utiliser des sous-traitants pour faire le gros œuvre de son nouveau 787 dreamliner. Ce fut un cauchemar. Certaines pièces ne s’ajustaient pas. Parmi les dizaines de sous-traitants, certains n’arrivèrent pas à livrer leur composant dans les temps, malgré qu’ils aient sous-traité leur travail à des sous-sous traitants. Boeing a dû reprendre des fournisseurs pour leur éviter de disparaître. Si le Dreamliner sort des lignes de production à la fin de l’année, comme le promet Boeing, ce sera avec un surcoût de plusieurs milliards et trois ans de retard.
On constate le désastre qu’a été l’outsourcing. C’était bien une mode de management.

Mais difficile de revenir en arrière : les entreprises n’ont plus les compétences sous-traitées.

L’outsourcing n’est pas mort, mais dorénavant il devrait être plus intelligent. (The trouble with outsourcing)

Compléments :
  • J’avais fait ce constat dans un livre, il y a quelques années. Simple bon sens. Que les entreprises n’aient pas voulu le comprendre montre probablement qu’elles préféraient les illusions à court terme à une gestion durable de leurs affaires. 
  • Billet de ce blog sur ce sujet. Et désaccord avec Hervé Kabla...
  • L'article explique aussi que l'Angleterre a externalisé 10% de son emploi...

Animal Kingdom

Film de David Michôd, 2010.

Très sobre, et très impressionnant film sur le milieu australien, vu de l’intérieur.

Plongée dans une inquiétante famille de déséquilibrés (qui semble avoir existé). Quand une société marginalise une partie de sa population celle-ci reconstitue une forme de normalité, menaçante pour la normalité collective ?

mardi 2 août 2011

Reconnaissance de visage

Avec ce que l’on trouve sur Internet et la nouvelle génération de logiciels de reconnaissances de visage il est de plus en plus facile de savoir qui est qui dans une foule, et même de lui associer quelques-uns de ses intérêts.

Fin de l’anonymat dit Anonymous no more.

Les médias sociaux méritent décidément bien leur nom. 

Irrésistible Mittelstand

Les ventes des entreprises du Mittelstand allemand croissent au rythme de 12% par an, plus vite que la Chine. (Beating China)

Leur secret semble être une stratégie de niche, et un réseau économique (alliance entreprise, sous-traitance, employés, dirigeants, universités), qui n’outsource que ce qui n’est pas critique. 

L’invention de la psychanalyse

J’écoute d’une oreille distraite Michel Onfray parler d’Otto Gross, un psychanalyste. Il semblait, comme Nietzsche d’ailleurs, fort dérangé.

Et si la psychanalyse était née pour guérir les maux que la société de l’époque s’était infligée ?  

Et si le savant était simplement une personne particulièrement affligée des vices sociaux – dans cette profession être détraqué est un avantage concurrentiel - et qui a la capacité de rationaliser son expérience ?

Pour faire avancer la science, il suffit de modifier l’état de la société ?

Compléments :

lundi 1 août 2011

Le Monde et le Syndicat du livre

« Louis Dreyfus président du Groupe Le Monde, compare le nombre de personnels au Temps, un quotidien suisse, qui emploie 24 ouvriers d’impression, contre 110 ouvriers d’impression pour Le Figaro et 260 pour Le Monde. Les journaux français coûtent en moyenne 40% de plus à imprimer qu’ailleurs en Europe. » Il semblerait que M.Niel veuille affronter le Syndicat du livre. S’il gagne, la presse française pourrait renaître. (The revolution at Le Monde)

Un syndicat doit-il défendre les avantages acquis ou aider ses membres à évoluer de façon à ne pas avoir à affronter ce genre de conflit ?

Où va l’Égypte ?

Pas facile de comprendre très bien où va l’Égypte. Le peuple est toujours dans la rue, l’armée au pouvoir et l’ambiance ne paraît guère démocratique. Il semblerait même que les courants islamistes fondamentalistes s’allient aux militaires pour faire régner le calme.

Ce ne serait peut-être qu’une illusion, que « comme avec les théâtrales batailles de rues égyptiennes, l’humeur de suspicion et de récrimination va se révéler le prélude d’une réconciliation durable ». (Torrid post-revolutionary times) Curieux.

Fondant au chocolat

Ce blog est un redresseur de mes idées fausses. Une de plus : le fondant au chocolat.

Je soupçonnais que les fondants au chocolat du restaurant étaient une entourloupe. Combiné à la chaleur, un additif devait rendre liquide le cœur du gâteau.

En fait, je viens de constater qu’il est très facile à fabriquer, et que le centre reste mou à température ambiante.

Comment expliquer le phénomène ? Le chocolat est fondu avec du beurre, et il semble que c’est cette matière grasse chocolatée qui se concentre au centre du gâteau, et est naturellement molle. Le pourtour se durcit à la chaleur.

Le fondant au chocolat est-il sorti des équations d’un chimiste, d’une expérimentation par essais / erreurs, d’un heureux hasard… ?

dimanche 31 juillet 2011

Nouvelles du mois

Gouvernements à cours de munitions

«  Quand les marchés tanguaient, les banques centrales réduisaient brutalement les taux d’intérêt. Un sous-produit de cette politique a été une série de bulles alimentées par endettement ». « Une politique qui a consisté à éviter les petites récessions a résulté en la plus grande crise depuis les années 30. » «  Il reste peu d’options aux gouvernements des pays riches si l’économie s’affaiblit encore. » (Running out of options)

Déséquilibre social et crise de l’Occident

La crise viendrait-elle des divisions de la société ? Entre ceux qui s’accrochent à leur travail, et ceux qui n’en ont pas ; entre les syndicats et le reste du monde ; entre les vieux et les jeunes ? (Turning Japanese)

Faut-il aussi ajouter à cette liste ceux qui se sont massivement enrichis, comme certaines classes de la population, certains pays, et certains secteurs économiques (les banques, la santé…) ? Cela peut-il expliquer pourquoi les gouvernants mondiaux ont tant de mal à remettre l’économie en marche ?

Lire News of the World

News of The World était de toutes les croisades portées par le bon sens populaire. Celles qui exploitent tous les crimes pour clamer que la justice n’est pas assez punitive. Il s’affirmait le seul avocat du petit peuple des gens qui travaillent dur.

Ses dirigeants étaient les meilleurs amis de toutes les victimes. On découvre maintenant que c’était pour mieux violer leur intimité (British Judge Outlines Hacking Investigation - NYTimes.com), en faire profiter leurs journaux, leurs bonus et leurs carrières, fulgurantes.

Résumé de l’histoire récente de notre société ?

Le libéralisme triomphant, que l’on n’a pas osé nommer néoconservatisme en Europe (La pensée anti 68), a été un capitalisme primaire n’ayant pour morale que le gain, et qui a manipulé grossièrement le sentiment populaire pour atteindre ses fins ?

Changement dans le métro

Depuis des années, le métro parisien est un chantier.

Pour la première fois de mon histoire d’usager de la RATP, j’ai vu des stations fermées et des correspondances suspendues. Ce qui m’a démontré, une fois de plus, à quel point j’étais peu adapté au changement : mon emploi du temps en a été totalement déboussolé.

La poussière retombe. Qu’en ressort-il ? Une surprise : rien.

Depuis mon enfance, je suis habitué à un métro innovant : métro sur pneu, ligne 14… D’ailleurs, il n’est pas que le moyen de transport du parisien, c’est aussi celui du touriste. En cela il est l’image de la France, et de la Ville Lumière.

Cette fois-ci, je ne perçois pas ce que le passager ou le standing du pays y ont gagné. Difficile de voir en quoi les stations ont été rénovées, sauf, peut-être, FDR, qui a maintenant l’aspect d’une boîte de nuit. Le système de portillons de la ligne 1, bientôt automatisée, parait « low cost ». Et les rames, dont beaucoup sont branlantes, connaissent de plus en plus d’incidents.

Un changement « orienté client » ?

samedi 30 juillet 2011

Vol Rio-Paris

L’accident du vol Rio-Paris illustre peut-être un des grands théorèmes de la systémique : le problème est dans la solution.

Les pilotes de l’appareil l’ont cabré, alors qu’il aurait dû piquer du nez.

Il est souvent une bonne idée de faire le contraire de ce que l’on pense bien.

Cet enseignement s’applique-t-il à notre crise ?

Compléments :

L’homme change

Il est fréquent que les psychologues expliquent nos irrationalités par le fait que l’homme a été créé il y a fort longtemps, à une époque où Internet n’existait pas.

Cette opinion changerait. Le génome de l’homme a subi des évolutions rapides. Pourquoi pas son cerveau ? Et pourquoi n’aurait-il pas conçu la société à l’image de celui-ci ? (Fast-Evolving Brains Helped Humans out of the Stone Age: Scientific American)

Dégraisser le mammouth

Si je comprends bien, pour cause d’économie, l’État réduit le nombre d’enseignants et de policiers.

Il veut gagner en productivité, or, que je sache, on n’a pas encore trouvé le moyen de faire qu’un enseignant ou un policier soit plus efficace que par le passé. L’État ressemble-t-il à une entreprise qui arrêterait sa production pour faire des économies ?

Et si l’économie devait venir de l’infrastructure, et pas des simples soldats ? « reengineering » des services de support ?

vendredi 29 juillet 2011

Rad-soc Chirac

Je trouve par hasard un extrait du livre d’Anne Fulda sur Jacques Chirac.

Il y apparaît beaucoup plus complexe et riche qu’on ne le croit d’ordinaire. Au fond ce serait un « radical socialiste ». Ce qui va peut-être dans le sens de ma thèse selon laquelle le gaullisme serait une forme de radicalisme.  Mais, sa version actuelle ne semble pas très agissante. Radical-contemplatif ?

Mérites de l’hypocrisie

Dans La conquête, je faisais un parallèle entre N.Sarkozy et Colombo. Depuis je me demande si la comparaison avec Lenny n’est pas plus appropriée.

Les deux considèrent que, parce que tout le monde fait des entorses à la morale installée, il faut s’en débarrasser. Bénéfice : il n’y a plus d’hypocrisie.

À la réflexion, je crois qu’ils ont tort. L’hypocrisie est une solution « innovante » au problème du respect de nos idéaux, « hommage que le vice rend à la vertu » selon La Rochefoucauld. En la liquidant, on renonce à la vertu, et peut être à la société. Plus que des individus poussés par des appétits primitifs ? Le marché, autrement dit ?

Lois des systèmes

Von Bertalanffy pensait que tous les systèmes obéissent à des lois communes (ce qui ne signifie pas qu’ils n’aient pas de lois particulières). Si ce postulat est vrai, il est possible, par exemple, de déduire des lois valables pour les organisations humaines, à partir de lois biologiques et inversement.

Quelques phénomènes présents partout :
  • Différenciation. L’évolution voudrait que les organismes passent de l’équilibre dynamique à la spécialisation ou à la mécanisation (régulation par boucle d’asservissement), « le progrès n’est possible que si l’on passe d’une totalité indifférenciée à une différenciation des parties » mais « cette ségrégation progressive implique perte de régulabilité ». Par exemple, aux premiers jours de la vie de l’embryon, les cellules sont indifférenciées, puis, progressivement, il y a spécialisation : les organes, qui fonctionnent comme des machines, apparaissent. De même, l’enfant confond tous les sens, progressivement ceux-ci se différencient. Mais la mécanisation ne peut être totale sans quoi l’organisation ne peut plus évoluer.
  • Élément dominant. Un changement insignifiant d’un élément dominant engendre un changement considérable de l’ensemble. Il existe des phénomènes de « centralisation progressive » : dans les systèmes organisés, un élément devient généralement dominant (exemple : système nerveux).
Compléments :
  • BERTALANFFY (von), Ludwig, Théorie Générale des Systèmes, Dunod, 2002.
  • Par ailleurs, il semblerait que plus le système est complexe (la complexité est notamment liée au nombre d’éléments en interaction) moins il faut d’énergie pour le faire évoluer.

jeudi 28 juillet 2011

Zone euro : les difficultés continuent ?

« En bref ce que les marchés semblent voir est un désastre à la périphérie et la japanification du centre. » dit Paul Krugman de la nouvelle dégradation des affaires européennes.

Gouvernement impuissant ?

Triste histoire que celle que raconte Le Monde. Drame du chômage et du gouvernement. Depuis 5 ans, il se réjouit des succès de sa politique, pourtant le chômage croît, inéluctablement.

Face au mouvement des événements, l’homme est-il une mouche du coche ?

Toujours est-il que relever les promesses non tenues du gouvernement devient une distraction nationale. Le Figaro y contribue même. Il reprend le discours de notre président à Grenoble, il y a un an : peu en a résulté. 

Règle d’or

Le gouvernement veut inscrire dans la constitution une loi interdisant les déficits excessifs.

Du coup, j’ai regardé le dernier rapport de la Cour des comptes sur sa gestion. À la fin, se trouve une série de tableaux qui comparent les positions des pays de la zone euro. Sur plusieurs, la France n’est séparée des PIGS que par la Slovénie. Je n’avais pas réalisé que notre situation était aussi préoccupante. Et notre place de champion de la dépense publique ne nous a été volée par l’Irlande que cette année…

D’après le rapport, qui lui a déplu, le gouvernement serait plus efficace dans la suppression de recettes (TVA restaurateur, Taxe d’apprentissage…), que dans celle des dépenses. Curieusement, les collectivités territoriales, socialistes, seraient plus vertueuses que l’État.

Quel intérêt notre président a-t-il eu d’agiter ce sujet ? Le gouvernement n’est-il pas au courant de ces chiffres ? Complexe de supériorité en termes de gestion ? Pense-t-il que le Français se contente de paroles ?...

Compléments :

Taxe pour la fortune

Harald Hau, un économiste, remarque que le plan de secours de l’Europe à la Grèce est l’équivalent d’une subvention de 200md€ des contribuables pauvres, aux banques et aux riches qui les possèdent.

Selon lui il fallait laisser les banques périr de leurs erreurs. L’Etat y aurait alors investi. Cela aurait moins coûté, et aurait permis au contribuable d’entrer en partie dans ses fonds lors de la remise sur le marché après assainissement.

Pourquoi nos gouvernants n’ont-ils pas mieux défendu nos intérêts, ils étaient pourtant en position de force ?

Peur de faire le lit de Mme Le Pen ; pas les compétences de reprendre une banque ; le lobbying bancaire est irrésistible et fait la politique des États ; la BCE a été kidnappée par les banques.

Bientôt, une révolte des contribuables ? (Eurozone bailout: Taxpayer transfer to the wealthy?)

Systémique et crise de l’euro

Une modélisation grossière des événements du moment semble donner le schéma suivant.

Aux USA, les banques ont prêté aux individus insolvables, en Europe, elles ont prêté aux États insolvables.

Pour éviter un désastre (mais était-ce la seule solution ?), les États à peu près solvables se sont portés au secours de la finance en faillite. Les USA et les États de la zone euro sont donc maintenant endettés. Étrangement, ce n’est pas le modèle allemand qui nous a contaminés, mais le modèle grec.

Le système qui était cause de la crise est resté inchangé. Dans ces conditions, qu’est-ce qui peut faire redémarrer notre économie ?

Compléments :

mercredi 27 juillet 2011

Japon et Italie

Plus de dette que l’Italie, une population en déclin, un commerce déficitaire, et un Yen qui grimpe. Pourquoi le Japon ne préoccupe-t-il pas les marchés ?

Parce que sa dette est entre les mains des siens. En particulier des entreprises qui ont beaucoup investi à l’étranger et qui rapatrient leurs dividendes. (The domino that never falls)

Incapable de se remettre en cause, le Japon consomme ses économies ?

Le capitalisme sauvé par la femme ?

Imposer un quota de femmes aux conseils d’administration des entreprises serait désastreux dit The Economist.

Pas besoin de passer en force. Depuis que Facebook a une femme à sa tête, son image est transformée. Après les dynasties politiques, les dirigeants d’entreprise doivent comprendre que la femme rend aimable leur dictature. 

Chaos indien (suite)

L’Inde s’est libéralisée en 1991.

Aujourd’hui, il lui manque des routes, une main d’œuvre qualifiée et de l’énergie… (One more push)

Limites de l’économie de marché ? 

La conquête

Film de Xavier Durringer, 2011.

Je voulais voir Animal Kingdom. Mais, erreur de ma part ?, ce n’était pas le film projeté lorsque je suis entré dans la salle. Pourtant, je n’ai pas regretté mon incursion dans cet autre royaume animal.

La conquête n’a pas eu une bonne critique. On lui a reproché de ne rien nous apprendre de nouveau.

En fait, c’est la logique qui se dégage de ce connu regroupé en un temps court qui est intéressante.

À commencer par Nicolas Sarkozy : étrangement, je n’avais jamais pensé qu’il pouvait être en permanence comme il est dans ses discours. Je croyais qu’il s’était inventé un personnage, homme du peuple. Pas du tout.

L’histoire de La conquête, c’est Colombo contre Talleyrand. D’un côté quelqu’un qui ne fait aucun effort pour se conformer aux exquises conventions de la diplomatie française, et de ses palais, et qui ose être ce qu’il est et dire ce qu’il pense, de l’autre l’establishment des hauts fonctionnaires, sommet d’hypocrisie perfide.

Mais si Sarkozy n’avait été que Colombo, il aurait échoué. Un nombre insuffisant d’électeurs se reconnaît dans les valeurs qu’il aime. Il a donc cherché pour ses discours des rédacteurs qui pensent comme ceux qu’il voulait attirer. La manœuvre a réussi, mais il n’y a plus eu de cohérence entre acte et parole. 

mardi 26 juillet 2011

Réforme à l’italienne.

La semaine dernière, les marchés s’en prenaient à la dette italienne. Miracle. Une réforme est votée, instantanément. Qui a dit que l’Italie était désespérément inefficace ? Et c’est de la poudre aux yeux. Mais les marchés sont calmés. (Can he finally get Italy motoring?)

Décidément, nos gouvernants ont du talent. (Billet précédent)

David Cameron

Le scandale de News of the world a révélé que M.Cameron n’était jamais aussi fort qu’en situation difficile. C’est probablement pour cela qu’il manque de prudence. (Wider still and wider)

Pour les Grecs la qualité de l’homme d’État était la prudence. Aujourd’hui nous tendons à élire des indestructibles, imperméables au scandale. 

Stress hérité

Le stress passe de la mère à l’enfant. Épigénétique : nos conditions de vies peuvent conditionner les gènes de nos enfants. (Baby blues)

Du coup des temps troublés tendent à se perpétuer. Ils stressent les mères qui ont des fils stressés, qui stressent leurs épouses… 

lundi 25 juillet 2011

iPhone et Android

Android est plus coûteux qu’il n’y paraît : Apple a breveté beaucoup de choses (par exemple pouvoir faire des manipulations de l’écran avec la main), et l’utilisateur d’Android doit lui payer des royalties. (Android alert)

Grèce et contribuable français

Pourquoi la France déploie-t-elle tant d’énergie au secours de la Grèce ? Parce que son gouvernement préfère ses banques à ses contribuables.
  • Les premières sont menacées, un peu par la Grèce, beaucoup par l’Italie. 
  • Les seconds se pensent assistés, et n’ont pas compris que leur argent subventionnait des placements aventureux. (Bail-outs? Bof…)
Bref, c’est 15md de plus pour la dette française, selon François Fillon. « Nous étions au bord d’un gouffre, nous avons fait un grand pas en avant » ?

Compléments :
  • Dernière phrase : Félix Houphouët-Boigny.
  • L’article semble penser qu’il y a là une avenue pour le FN.
  • Exposition des banques françaises au risque italien : The road to Rome. « À la fin de l’année dernière les banques françaises détenaient près de 100Md€ de dette souveraine italienne (el leur exposition à l’Italie était environ quatre fois plus grande). »

Last Life in the Universe

Film de Pen-ek Ratanaruang, 2003.

Film sympathique à l’humour décalé.

Faut-il voir plus que la rencontre de deux solitudes ? Un Japon a-t-il besoin d’une bouffée d'exubérance thaïlandaise pour sortir de sa crise existentielle ? (Et la Thaïlande a-t-elle besoin du Japon pour remettre sa maison en ordre ?)

dimanche 24 juillet 2011

La Belgique sauvée par la crise ?

Bien que la Belgique n’ait jamais été aussi bien gérée que depuis qu’elle n’a plus de gouvernement, les limites du séparatisme flamand pourraient apparaître.

S'il y a divorce, qui va récupérer les dettes du pays ? Et la riche et francophone Bruxelles ? Et si les marchés s’en prenaient à la dette belge ? (Ceci n'est plus un pays)

Grèce irresponsable ?

Que faire si la Grèce ne se réforme que mollement, et connaît un déficit chronique ? Le système européen d’aide aux pays déficitaires récemment adopté masque le problème qui est au coeur de la crise de la zone euro.

Sachant qu’elle fait courir au monde un risque systémique, la Grèce est en situation de prise d’otages. Or, l’irresponsabilité est devenue un sport international.

Problème de l’agence, disent les économistes.

Que peut faire l’Europe, si la situation se présente ? Deux idées :
  • La méthode Badgehot. Les gouvernants grecs sont remplacés par des représentants de l’Europe. Le pays est remis en ordre, puis rendu à son fonctionnement habituel.
  • Une technique que j’ai utilisée pour des filiales de groupe. Les dirigeants de la filiale concernée doivent présenter un plan de redressement. Un animateur extérieur les aide à le construire. Ce faisant, il s’assure qu’ils savent le mettre en œuvre. Ensuite, il n’y a plus qu’à suivre la réalisation du plan d’action. 

Brésil, France, champion national

Près de 80% des transports collectifs hors Ile de France sont assurés par seulement deux sociétés.

Curieusement, cela rappelle la situation brésilienne : un petit nombre de champions nationaux essorent le marché local, au motif que c’est leur base de conquête du monde. Et, même histoire dans les deux pays : ces entreprises sont passées du public au privé.

Le champion national est-il dans l’intérêt général ? Pas nécessairement. Selon la logique de portefeuille de la matrice BCG, la France est une vache à lait (faible croissance, part de marché dominante). Autrement dit, elle sert à alimenter l’expansion internationale. 

Systèmes et changement

La systémique explique que les systèmes se caractérisent par des mécanismes de maintien d’équilibre. En fait, c’est eux qui font que le système est système. Von Bertalanffy parle de deux mécanismes de régulation :
  1. La boucle d’asservissement, qui permet un type de régulation automatisé (cf. le thermostat).
  2. L’équilibre dynamique : c’est l’action des différents composants du système qui amène à une convergence vers un état stable en dépit de fluctuations de son environnement (équifinalité). Le mouvement des ailes des abeilles maintient la température de la ruche.
Ces mécanismes expliquent aussi la résistance au changement : le système résiste parce que nous voulons le démolir.

Pour faire évoluer un système il faut le prendre dans son ensemble, et non, comme nous le faisons intuitivement, en ne regardant que ce qui ne va pas. Si un organe est malade, il faut soigner le corps. Idem pour une société.

Compléments :
  • BERTALANFFY (von), Ludwig, Théorie Générale des Systèmes, Dunod, 2002.

samedi 23 juillet 2011

La zone euro casse son thermomètre ?

Que signifient les décisions récemment prises par la zone euro ?
  • Elles veulent l'isoler des marchés. Première étape : la dette grecque est entre les mains des pouvoirs publics.
  • Mais la manœuvre n’est qu’incomplète : le Fonds de solidarité n’a pas les moyens d’isoler de plus grosses économies (Espagne, Italie, France). Pour cela, il lui faut un volume d’eurobonds susceptible de déclencher une attaque cardiaque massive chez le contribuable allemand (et peut être même français).
  • Ce n’est qu'un début. Il reste le problème sans lequel rien ne serait arrivé : l’anémie économique de la zone euro.
Sa résolution exige certainement une modification structurelle de la société européenne. Difficile de la voir réussir sans une crise grave, politique, comme le dit mon premier billet de la journée.

Bref, si la zone euro n'éclate pas, l'avenir européen est à une transformation sociale - bien plus qu'à un fédéralisme mollasson - difficilement imaginable aujourd'hui. Pour l'instant, nos gouvernements cherchent surtout à repousser le jour du jugement dernier.

Expérimentation Google+

Cela fait une semaine que j’ai un compte Google+. Silence total.

Ce type de réseau social doit être alimenté par un flux d’informations. C’est du twitter ou du blog, mais en vase clos.

Or, à de rares exceptions, les gens avec qui j’aurais envie de converser dans un tel cercle, sont irrémédiablement réfractaires aux réseaux sociaux. Pour le reste, j’ai déjà un blog.

Google+ serait-il destiné aux collectivités de leaders d’opinion des TIC ?

Crises politiques et changement

Des économistes le disent : pour qu’une société change, il faut plus qu’une crise économique, il faut une crise politique.

Leur modèle semble être le suivant : ce qui bloque une réforme structurelle est que les groupes sociaux qui doivent la subir cherchent à en payer le moins possible le coût. Technique : guerre d'attrition.

La crise politique indique que le société est en mouvement, et que le pire est possible ?

Compléments :
  • Avons-nous eu récemment une crise politique ? Marginalement. Mais il n’y a eu que quelques grands mouvements de foule. Rien qui puisse faire croire à une déroute imminente. 

vendredi 22 juillet 2011

Vive les agences de notation !

Accord européen présenté comme héroïque, et pourtant un peu bancal. Le plus dur est pour plus tard. Comme dans tout changement, le risque est grand que rien ne se passe, si les marchés se calment.

Car ce sont eux qui construisent l’Europe. Ils forcent les membres de la zone euro à mettre en application les engagements qu'ils avaient pris ; ils ont même rendu la finance anglo-saxonne fédéraliste, et dirigiste : après avoir cherché pendant plus de cinq siècles à diviser le continent, elle ne parle que d’eurobonds et de gouvernance européenne…

Quant aux agences de notations, la seule chose que l'on puisse leur repprocher c’est d’avoir collaboré à la précédente crise.

Compléments :

Les médias contre les réformes

Pourquoi M.Obama n’arrive-t-il pas à faire entendre raison à ses concitoyens ? En parti du fait
du développement de la télévision câblée partisane et de la cacophonie de la blogosphère (qui a) donné le pouvoir aux semeurs de confusion. (Dicing with debt and the future)
Ennuyeux. Internet semble annoncer une ère de médias éclatés (Fin des mass media). Ère d’irresponsabilité et de guerres fratricides ? 

Bons d’alimentation

En avril (la participation au programme de bons alimentaires) a atteint 45 millions de personnes, soit un Américain sur sept (mais) seulement deux tiers de ceux qui sont éligibles se sont inscrits. (The struggle to eat)
Curieux que la magnifique Amérique en soit arrivée là. Mais ça ne devrait pas durer. Les Républicains vont attaquer ce programme, pour réduire les impôts. 

Deep end

Film de Jerzy Skolimowski, 1970.

Un London pas très swinging. La police y est partout, on s’y lave dans des bains crasseux, et le refoulement sexuel semble la règle. Et dès la première image, le bain de sang est annoncé.

Film à message ?  

jeudi 21 juillet 2011

Idéologie travailliste

Ce que pense le parti travailliste :
Si les gens reçoivent assez d’information, ils trouveront, sans aide, le moyen de demander des améliorations, et de changer les choses pour le mieux. (Little platoons on a slow march)
Oui, une politique peut-être construite avec des idées aussi simplistes.

Mais la résistance des événements, et la realpolitik, fait que le programme ne va jamais à son terme, et que la montagne accouche de souris mal fichues. 

Retour au 18ème siècle

Le pourcent le plus fortuné de l’Angleterre de la fin du 18ème aurait possédé 17,5% des revenus nationaux. (America’s Revolution: Economic disaster, development, and equality | vox) C’est moins que ce qu'a le pourcent le plus riche aujourd’hui aux USA : « le pourcent le plus riche gagne maintenant 24% des revenus, contre 9,9 en 1976 » dit Our Banana Republic.

Ces dernières décennies, l'Occident aurait-il fait un grand pas vers l'Ancien Régime ?

L’esprit s’amuse

Film de David Lean, 1945.

Je ne m’attendais pas à trouver de la couleur dans un film de 1945.

Un film plein d’esprits, particulièrement anglais.

Noel Coward, auteur de la pièce qui a donné le film, était-il le Sacha Guitry anglais ?